La Confédération paysanne présente son plan d’actions alternatif pour favoriser les femmes dans l’agriculture
La Confédération paysanne a publié son plan d’actions pour donner leur place aux femmes en agriculture le 5 mars 2026. Quelles différences avec le plan ministériel présenté fin février au salon de l’agriculture ?
La Confédération paysanne a publié son plan d’actions pour donner leur place aux femmes en agriculture le 5 mars 2026. Quelles différences avec le plan ministériel présenté fin février au salon de l’agriculture ?
« Donner toute leur place aux femmes en agriculture » Le 5 mars, en prévision de la journée pour les droits des femmes du 8 mars, la Confédération paysanne a dévoilé son plan d’actions en faveur des femmes dans le secteur agricole.
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Que contient le plan d’action de la Confédération paysanne ?
Construit avec la Fédération des associations pour le développement de l’emploi agricole et rural (Fadear), le plan d’actions se veut « ambitieux » d’après un communiqué du syndicat. Il s’articule autour de six grandes thématiques avec des propositions pour chacune d’entre elles :
- Reconnaissance et statut des femmes : suppression du statut de conjointe collaboratrice à terme et création d’un statut « protecteur, autonome, ouvrant des droits sociaux complets » ;
- S’engager sur l’égalité des retraites : retraite « décente et égale », prise en compte des années invisibilisées ;
- Installation : meilleure régulation du foncier, critères d’attribution des terres via la FNSafer, objectifs chiffrés d’installation des femmes;
- Répartition du pouvoir et gouvernance : instauration d’une parité dans les instances, mentorat et « intégration des questions de stigmatisation et des violences sexistes dans les instances » ;
- Conditions de travail et santé : remplacement pour congé maternité, « homologation du matériel agricole à hauteur de paysanne », mise en place « d’une politique volontariste contre les violences sexistes et sexuelles », action contre « l’invisibilisation du travail féminin »,
- Vie professionnelle et personnelle : services publics nombreux (crèches), mesures contraignantes pour améliorer le code rural sur l’accès au remplacement.
Un plan d’actions ministériel jugé insuffisant par le syndicat
Dans son communiqué, le syndicat regrette que « la ministre de l'Agriculture n'ait pas fait le choix d'intégrer les propositions de la Confédération paysanne, ni du réseau Fadear ou d'autres organisations de développement agricole telle que Réseau Civam », dans son plan d’actions gouvernemental pour « favoriser la place des femmes en agriculture » présenté lors du dernier Salon de l’agriculture. Alors que celles-ci avaient été présentées lors de groupes de travail avec le ministère.
L’organisation syndicale décrit un plan qui « ne permet pas d'agir efficacement et durablement sur ce sujet ». Selon elle, « il faut modifier en profondeur les structures économiques, foncières et sociales, en engageant des transformations juridiques ». Et de conclure : « aucun engagement opérationnel pour la traduction de ce plan n'a d'ailleurs été annoncé par la Ministre ».