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Jachère 2025 : la surface la plus haute de la décennie à 511 000 ha

La surface mise en jachère en 2025 est la plus importante de ces dix dernières années en France malgré la suppression de leur caractère obligatoire dans le cadre de la conditionnalité de la PAC. Pour le syndicat des producteurs de blé (AGPB), cette hausse est révélatrice des difficultés économiques de la filière grandes cultures.

<em class="placeholder">Jachère spontanée.</em>
D’abord contrainte réglementaire, la jachère est devenue un outil d’ajustement des assolements.
© L. Mouquet

Avec Agrapresse

Malgré la suppression de la jachère obligatoire, la surface des parcelles déclarées en jachère atteint 511 000 ha en 2025, selon Agreste, soit le niveau plus haut de la décennie. Cette surface proche de celle de 2024 (+ 0,46 %) est très supérieure à celle de 2023 (+ 37 %), année où les jachères étaient tombées à 373 000 ha, en raison de la flambée des prix des céréales, et de l’autorisation de mise en culture (2022 et 2023) du fait de la guerre en Ukraine. Exceptée cette forte baisse conjoncturelle, depuis 2015 les surfaces ont oscillé entre 450 000 et 500 000 ha, représentant toujours un peu moins de 4 % des surfaces en grandes cultures (peu d’évolution en valeur absolue de la part des jachères).

Les surfaces de ces dix dernières années sont moitié moindre de celles des années 1990, où un peu plus d’un million d’hectares de terres étaient laissées en jachère suite à l’obligation (10 %) introduite en 1992 dans le cadre de la PAC. En 2008, l’obligation de jachère est supprimée, mais les agriculteurs peuvent garder des jachères volontaires. Par la suite, les surfaces vont progressivement décliner (461 000 ha en 2015) et les jachères vont s’inscrire dans un cadre environnemental (paiement vert en 2013, BCAE et écorégime en 2023), avant d’en sortir complètement en 2024.

Des jachères devenues des variables d’ajustement

En 2025, les 511 000 ha de jachères sont donc des parcelles difficiles à exploiter (éloignement, pente, forme…), des parcelles engagées dans des contrats (jachères faunistiques, MAEC…), des jachères utiles pour toucher l’écorégime, ou bien des terres dont la mise en culture n’est pas rentable du fait de la conjoncture économique. L’érosion des prix des céréales et la hausse des charges, font que certains agriculteurs choisissent de ne pas ensemencer. « Faute de compétitivité et de rentabilité, les surfaces cultivées baissent et sont mises en jachère, c’est dire si la situation économique est critique », analyse l’AGPB interrogée par nos confrères d’Agra.

Au-delà des problématiques économiques, les conditions climatiques sont aussi parfois responsables de mises en jachère non prévues. Des automnes pluvieux ou des printemps trop humides peuvent compliquer les semis. Les parcelles qui n’ont pas pu être travaillées à temps basculent alors en jachère. L’augmentation constatée des jachères en 2024 tient ainsi en partie aux difficultés rencontrées pour implanter les cultures d’hiver et de printemps.

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