Interrogés par The Shift Project, les élus municipaux se disent préoccupés par la transition climatique et énergétique mais dénoncent le manque de moyens
A l’approche des municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars, le groupe de réflexion The Shift Project, créé par Jean-Marc Jancovici, a mené une consultation des maires et élus municipaux ruraux et urbains sur la transition climatique et énergétique. Les résultats viennent d’être dévoilés.
A l’approche des municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars, le groupe de réflexion The Shift Project, créé par Jean-Marc Jancovici, a mené une consultation des maires et élus municipaux ruraux et urbains sur la transition climatique et énergétique. Les résultats viennent d’être dévoilés.
En tout ce sont 3 000 élus municipaux ruraux et urbains, dont 1 000 maires qui ont répondu aux questions posées par le groupe de réflexion The Shift Project de Jean-Marc Jancovici au sujet de la transition climatique et énergétique. Il apparaît que les élus municipaux sont massivement préoccupés par le changement climatique (87 % évaluant cette préoccupation personnelle à au moins 7 sur 10), et fortement préoccupés par la dépendance nationale aux énergies fossiles (70 % évaluant cette préoccupation personnelle à au moins 7 sur 10).
La préservation de l’environnement : un enjeu prioritaire pour les élus
Par ailleurs, 53 % des élus citent la préservation de l’environnement comme l’un des trois enjeux prioritaires de leur mandat, et cette proportion monte à près de 70 % pour le prochain mandat, qu’ils se représentent ou non. Cet enjeu arrive devant la revitalisation des centres-bourgs (41 %), la fiscalité (34 %) ou la sécurité (29 %), et ce quelle que soit la préférence partisane ou le type de territoire des répondants. Lorsqu’ils se projettent vers les enjeux du mandat à venir, les deux thématiques qui vont le plus gagner en importance sont la préservation de l'environnement (+ 17 %) et les transports (+ 15 %).
A relire : Transition écologique : « Les efforts ne sont pas suffisants » estime la Cour des comptes
La transition énergétique prise en compte par les élus…
Près de 90 % des répondants considèrent avoir pris en compte la transition énergétique lors de leur mandat et cela quelle que soit leur étiquette politique. Les élus ruraux (86 %) et péri-urbains (87 %) font autant partie de cette dynamique que les élus urbains (91 %), contredisant l’idée selon laquelle la transition serait avant tout un sujet de citadins.
… pour améliorer la qualité de vie et la santé des habitants
Interrogés sur leurs motivations, les élus répondent avant tout agir pour améliorer la qualité de vie et la santé des habitants (77 %) et la diminution des dépenses énergétiques (75 %). La contribution à l’effort de neutralité carbone arrive en 4ème position (55 %) tandis que l’attractivité du territoire (21 %) et la création d'emplois non délocalisables (17 %) sont nettement moins cités parmi les motivations des répondants.
A relire : Elections municipales 2026 : qu’attendent les agriculteurs des futurs maires, selon la FNSEA ?
La rénovation des bâtiments arrive en première place des actions menées
Parmi les actions mises en place, on retrouve en premier lieu la rénovation des bâtiments de la collectivité et des logements (93 %) , le développement d’infrastructures nécessaires à la mobilité active et aux transports collectifs (83 %), contre 74 % pour le suivi des émissions de gaz à effet de serre de la collectivité et du territoire.
Les élus avouent leur manque de connaissances ou de compétences en matière de transition climatique et énergétique
Toutefois les élus se disent freinés dans leur action et citent notamment le manque de moyens (59 %), suivi par des contraintes plus personnelles de l’élu comme l’accumulation des urgences quotidiennes (57 %) et le manque de connaissances ou de compétences (41 %). La crainte de l’impopularité ou du risque électoral figure parmi les freins les moins cités par les élus (respectivement 7 % et 4 %), et devient marginale dans les communes rurales.
A relire : Plus d’un tiers des maires ruraux sont épuisés
Seuls 4 % des élus ne souhaitent pas s’investir dans la transition énergétique et climatique
L’étude souligne que les maires expriment une frustration forte devant l’instabilité : subventions modifiées, règles révisées, conditions d’éligibilité mouvantes. Et pourtant les élus ne demandent qu’à en faire davantage puisque seuls 4 % des répondants indiquent ne pas souhaiter engager ou accélérer la transition climatique et énergétique dans leur territoire.
A relire : Les maires-agriculteurs sont-ils des maires comme les autres ?
Les élus en demandent de formation
Pour lever les freins qu’ils identifient, leurs besoins prioritaires portent sur de la documentation et des retours d’expériences concrets (46 %), des formations courtes (44 %), de l’expertise technique accessible et des outils de communication pour convaincre la population (39 %). Les auteurs de l’étude soulignent : « on constate que plus les répondants estiment avoir un bon niveau de connaissances sur les enjeux climatiques et énergétiques, plus ils sont nombreux à mettre en place des actions d'adaptation ou d’atténuation ».
A relire : Maire et agriculteur: l’engagement dans les gènes
Les associations environnementales doivent servir de relais auprès de la population
Si 39 % des répondants déclarent ignorer la façon dont la population juge leur action en faveur de la transition, ce qui est particulièrement vrai dans les communes rurales, 35 % des élus estiment que leur action est jugée adaptée par la population, alors que 77% des Français estiment que leur maire ne met pas assez d’actions en place pour lutter contre le dérèglement climatique (étude Odoxa de septembre 2025). Les associations environnementales, les entreprises et les artistes font partie des acteurs identifiés par les élus pour jouer le rôle de relais auprès de la population.
Il est important de souligner que 89 % des répondants pensent que la transition énergétique et climatique des territoires doit faire partie des priorités du ou de la prochain(e) président(e) de la République.