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Dégâts de gibiers : « On indemnise, on paye toujours plus » : Willy Schraen, président des chasseurs de France, réclame une réforme du système d’indemnisation

La Fédération nationale des chasseurs, par la voix de son président Willy Schraen, réclame sur son site une réforme du système d’indemnisation des dégâts de gibier, un système qui selon elle est « inéquitable, inefficace et ruineux » et qui est « arrivé au bout de ses limites ».

sanglier et marcassins dans un champ fauché
Le sanglier est responsable de près de 90 % des dégâts indemnisés selon la FNC.
© Cathy Faure/Réussir Le Périgord

« Le système d’indemnisation des dégâts de gibier, dans sa configuration actuelle, atteint ses limites. Ni soutenable financièrement, ni équitable pour les chasseurs, ni assez efficace écologiquement, il peine à remplir ses objectifs malgré l’implication sans faille des chasseurs. Il faut le réformer en profondeur pour le pérenniser » affrme a Fédération nationale de la chasse (FNC) présidée par Willy Schraen dans un édito publié le 9 septembre sur le site de la fédération des chasseurs.

Les territoires agricoles deviennent alors des zones de combat

 « Nous sommes arrivés au bout d’un modèle conçu, il y a plus de 50 ans. Cette époque est révolue. Aujourd’hui, les densités de gibier continuent de progresser, les équilibres écologiques sont parfois rompus, les territoires agricoles deviennent alors des zones de combat… Et que fait-on ? Rien. On indemnise. On paye toujours plus ».

Lire aussi : Glyphosate, méthanisation, chasse : quels dossiers agricoles connaît bien Sébastien Lecornu ?

Indemnisation des dégâts agricoles : 90 M€ par an

La FNC affirme qu’entre 2010 et 2022, les montants versés annuellement au titre de l’indemnisation des dégâts agricoles par les chasseurs ont été multipliés par deux et que la charge globale atteint en moyenne ces quatre dernières années près de 90 M€ par an, dont 55,5 M€ en indemnisation directe, 6,5 M€ pour les actions de prévention, et 25,7 M€ en frais de gestion. Le syndicat estime que le premier déséquilibre structurel du système réside dans le portage exclusif du coût d’indemnisation des dégâts de gibier aux cultures agricoles par les fédérations départementales des chasseurs.

Relire : « Les chasseurs ne doivent plus payer l’intégralité des dégâts aux cultures agricoles » : Willy Schraen hausse le ton en refusant d’indemniser les petits dossiers

Le sanglier responsable de près de 90 % des dégâts indemnisés selon la FNC

Selon la FNC, « le sanglier, espèce prolifique, adaptable, et en nette expansion depuis 30 ans, est responsable de près de 90 % des dégâts indemnisés » alors qu’on a enregistré 25 000 chasseurs de moins l’année dernière. Autre problématique pointée du doigt : la FNC estime qu’environ 30 % du territoire de la France métropolitaine (sur environ 55 millions d’hectares) ne sont pas chassés ou est très peu chassés. Le syndicat souligne que l’objectif intermédiaire des accords de 2023 a été atteint en 2024 (15 % de réduction des surfaces de dégâts agricoles) et le sera en 2025 (20 % de réduction des surfaces de dégâts agricoles).

A relire : L’État alloue 80 M€ aux chasseurs pour réduire les dégâts de gibier en agriculture

Créer une contribution financière des agriculteurs ?

La FNC rappelle : « Déjà évoqué en juillet 2023, le rapport de la Cour des comptes sur « les soutiens publics aux fédérations des chasseurs » propose d’acter la fin de l’exclusivité du financement par les chasseurs ». Et de pointer deux pistes envisagées : l’introduction d’une participation obligatoire de l’État, comme garant de l’intérêt général et coordonnateur des politiques de biodiversité ainsi que la création d’une contribution financière des agriculteurs, modulée en fonction de la mise en œuvre des mesures de prévention. Le syndicat met aussi en avant plusieurs propositions de loi allant dans son sens : celles de Laurent Burgoa et de Stéphanie Galzy.

« La réforme de l’indemnisation des dégâts de gibier ne doit pas opposer chasseurs et agriculteurs »

Selon la FNC, la réforme de l’indemnisation des dégâts de gibier « ne doit pas opposer, chasseurs et agriculteurs, mais au contraire les responsabiliser ensemble face à un défi commun : gérer durablement la faune sauvage dans des campagnes vivantes ». Et de conclure : « Refuser cette réforme, c’est laisser perdurer un système inéquitable, inefficace et ruineux, au détriment de tous : des fédérations des chasseurs exsangues, des agriculteurs en colère, des territoires en tension, et une nature en déséquilibre ».

Lire aussi : Dégâts de gibier : que faire pour être indemnisé ?

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