Aller au contenu principal

Incendie en Gironde : « Les agriculteurs sont enfin autorisés à reprendre le travail dans leurs parcelles irriguées »

Huit jours après le début de l’incendie qui a touché la Gironde, les agriculteurs des zones évacuées ont été autorisés le 31 juillet à retourner dans leurs parcelles irriguées. À Cestas, Guillaume Dubourg producteur de maïs et de légumes, témoigne des difficultés rencontrées et des premières pertes observées dans les exploitations.

Guillaume Dubourg, au côté de la préfète Sophie Brocas, des pompiers et des gendarmes, le 31 juillet sur sa ferme à Cestas.
Guillaume Dubourg, en discussion avec la préfète de Gironde Sophie Brocas et les pompiers, le 31 juillet sur sa ferme à Cestas.
© G. Dubourg

« Le feu est arrivé aux portes de ma ferme à Cestas, mais les flammes ont buté sur mes parcelles de sable où je cultive du maïs et des légumes irrigués. Elles ont servi de pare-feu alors que l’incendie se dirigeait vers Bordeaux », raconte Guillaume Dubourg, producteur de maïs et de légumes sur l’EARL de Pierroton.

Comme de nombreux agriculteurs, l’exploitant a mis ses tracteurs et ses tonnes à eau à la disposition des pompiers, qu’il a également hébergés dans ses hangars. « Après avoir mis nos moyens à la disposition des secours, nous avons appris le samedi 25 juillet que nous ne pouvions plus accéder à nos parcelles, alors que certaines de nos cultures arrivaient à maturité. » 

Un arrêté préfectoral interdit alors toutes activités agricoles dans les parcelles des zones évacuées en raison des restrictions de circulation en vigueur mais aussi de l’interdiction des moteurs thermiques et électriques ou source de départs de feu. Les exploitants comprennent les impératifs de sécurité, mais regrettent le caractère très restrictif des premières mesures prises.

Huit jours d'attente avant un retour dans les parcelles

La venue d’Emmanuel Macron en Gironde le 27 juillet et les différentes modifications de l’arrêté préfectoral qui ont suivi n’ont pas permis de débloquer la situation. « On nous a soumis des formulaires d’une complexité inouïe à remplir pour tenter d’obtenir des autorisations d’exploiter, soumises au final à la décision du chef des pompiers, explique Guillaume Dubourg. Certains agriculteurs étaient autorisés à rentrer dans leurs parcelles, d’autres non, les critères d’autorisation restant difficiles à comprendre sur le terrain. » 

Les activités agricoles vont d’abord pouvoir se faire sous contrainte horaire, uniquement sur les exploitations irriguées, en maraîchage et vigne, sous réserve de validation quotidienne selon l’évolution du feu.

L’exploitant de Cestas, fortement impliqué, va œuvrer pendant plusieurs jours, avec l’appui du président de région Alain Rousset et du député local, pour pouvoir travailler avec la DDTM et débloquer la situation. « Nous voulions pouvoir reprendre le travail dans un cadre légal. »

Finalement c’est une discussion directe avec la préfète Sophie Brocas lors de son déplacement le 31 juillet sur la ferme de Guillaume Dubourg qui va faire avancer les choses, à la faveur aussi d’une amélioration de la situation sur le front de l’incendie. La préfète autorise désormais « le travail des cultures irriguées et de la vigne sans contrainte d’horaire, sous réserve de disposer d’un volume d’eau suffisant, d’un moyen de communication permettant d’alerter rapidement les secours en cas de reprise de feu, et d’un extincteur à proximité immédiate », peut-on lire sur le site de la préfecture de Gironde.

Des pertes attendues en productions légumières

Le retour sur les exploitations va permettre de mesurer l’ampleur des pertes. « Un de mes voisins a dû jeter 80 tonnes de carottes qu’il n’a pu récolter, un autre ce sont ses poireaux…, explique Guillaume Dubourg. Moi je m’en sors côté culture, je vais pouvoir récolter mes maïs doux, semer mes haricots, mais par contre mon méthaniseur est à l’arrêt depuis samedi dernier. La perte de 8 jours de méthanisation représente un manque à gagner de 70 000 €. »

L’impact « bien réel » sur les exploitations, reste encore difficile à mesurer avec précision, indique de son côté le groupe Maïsadour concernant ses adhérents présents sur ce territoire. « Dans plusieurs secteurs, les accès demeurent compliqués et les évaluations sont toujours en cours. Nous savons néanmoins que certaines parcelles ont été touchées, notamment sur des productions légumières. » 

La direction de Maïsadour, ajoute qu'« au-delà des surfaces directement affectées par les flammes, les conséquences sont aussi indirectes : difficultés d’irrigation liées aux coupures d’électricité, perturbations des chantiers de récolte ou encore incertitudes sur les volumes qui pourront être produits et récoltés dans les semaines à venir. »

 

Une forte mobilisation du monde agricole

« Il y a une solidarité incroyable autour de cet évènement, certains agriculteurs sont venus de très loin, j’en ai vu du Doubs, relate Thibault Varenne, exploitant à Saint-Laurent-du-Médoc. Nous avons mobilisé notre matériel personnel pendant une semaine pour venir en aide aux pompiers. Le travail s’est fait sous la centralisation de la chambre d’agriculture de la Gironde qui avait réalisé un référencement des moyens agricoles disponibles quelques mois auparavant. Il y avait déjà une certaine inquiétude… » 

Guillaume Debourg explique qu’un tracteur équipé d’une tonne à eau de 20 000 litres est capable de remplir un camion de pompier en une minute. « Nos tracteurs alimentent en continu les camions pour qu’ils ne bougent et ne cessent pas d’arroser. »

Le groupe Maïsadour souligne lui aussi « la mobilisation remarquable » du monde agricole. « Dans les zones touchées, de nombreux agriculteurs participent aux opérations de soutien aux secours en mettant à disposition du matériel, des réserves d’eau ou encore en intervenant pour protéger certaines zones sensibles. »

Les plus lus

<em class="placeholder">Élodie Thirouin, agricultrice à Ychoux (40)&quot;Un pH trop acide peut avoir un impact important sur nos cultures (légumes surtout) et donc, on ne peut pas se permettre de ...</em>
Chaulage : « Je dépense 62 €/ha d'apport de dolomie tous les deux ans par parcelle sur des sols sableux des Landes où le pH peut baisser rapidement »

Éloïse Thirouin est à la tête d'une exploitation de 400 hectares à Ychoux (Landes). Ses terres sableuses à tendance acide l'…

Moissonneuse batteuse en action dans une parcelle de blé tendre. Allier. 2024
Moisson 2026 : une qualité rassurante en blé tendre mais des rendements en retrait et localement catastrophiques

Au 16 juillet, la récolte française de blé tendre est achevée ou en passe de l’être dans la plupart des régions. Les…

<em class="placeholder">Annie Genevard, ministre de l&#039;agriculture et Sébastien Martin, ministre délégué à l&#039;industrie,  </em>
Prix des engrais azotés : une aide de 50 euros par tonne « pour tous les agriculteurs »

Le gouvernement français a abondé l’aide européenne aux achats d’engrais azotés pour le monter à 145 millions d’euros au…

<em class="placeholder">Maxime Senet, céréalier à Sainte-Solange, dans le Cher, devant sa moissonneuse-batteuse</em>
Hausse des coûts d'intrants : « Je vais opérer des ajustements d’assolement pour réaliser des économies d’azote »

Maxime Senet est céréalier à Sainte-Solange, dans le Cher. Il cherche à adapter sa stratégie face à l’augmentation du…

<em class="placeholder">Prestataire de service avec une moissonneuse batteuse de marque CLAAS vidant sa trémie dans la remorque d&#039;un tracteur durant la moisson des blés. Récolte des céréales. ...</em>
Prix du blé : accompagner la tendance à la hausse en commençant à vendre sa récolte

Après des mois sans grandes variations, les prix du blé décollent depuis le démarrage de la nouvelle campagne début juillet.…

<em class="placeholder">Guillaume Debreuve, agriculteur à Dierrey-Saint-Pierre (Aube),&quot;Dans le méthaniseur, le seigle se dégrade plus difficilement qu&#039;une orge, provoquant un épaississement du ...</em>
Méthanisation : « J’utilise depuis deux ans l’orge d’hiver dans l’Aube, plus souple à récolter et moins délicate à gérer que le seigle »

Agriculteur à Dierrey-Saint-Pierre (Aube), Guillaume Debreuve alimente un méthaniseur avec une autre exploitation agricole en…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures