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Volatilité des prix des grains : des sommets qui abîment

Le redressement des prix des céréales et du colza est une bonne nouvelle pour les producteurs de grandes cultures. Néanmoins, la violence des fluctuations récentes pose question. Cette forte hausse fragilise les éleveurs, tandis que le manque de visibilité complique aussi la tâche des producteurs de céréales dans la gestion de la vente.

Blé, maïs, colza... la hausse du prix des grains est une bonne nouvelle pour les producteurs de grandes cultures, mais la violence des à-coups génère de grosses difficultés. © G. Omnès
Blé, maïs, colza... la hausse du prix des grains est une bonne nouvelle pour les producteurs de grandes cultures, mais la violence des à-coups génère de grosses difficultés.
© G. Omnès

Du blé à 230 euros la tonne, le prix du colza qui crève le plafond Ce n’est pas dans ces colonnes que l’on va se plaindre de voir le cours des grains retrouver des niveaux rémunérateurs, après plusieurs années de marasme destructeur. Ce rebond est même inespéré, car il limitera pour certains la casse d’une moisson 2020 catastrophique dans de nombreuses régions.

Mais comment ne pas s’interroger face à la violence de ces fluctuations ? Comment ne pas s’inquiéter pour la santé de l’élevage français qui doit encaisser cette hausse de l’aliment ? Il ne s’agit pas seulement d’empathie. Mettre à mal le secteur animal, c’est hypothéquer la pérennité d’un débouché essentiel pour les céréales françaises. Et même pour bon nombre de céréaliers, ceux qui avaient engagé une large part de leur récolte avant la hausse, cette flambée aura un goût amer.

On nous rétorquera que des outils existent pour gérer le « risque prix ». Ils ne sont toutefois pas la panacée, et tous les producteurs ne peuvent y consacrer le temps nécessaire pour les maîtriser et les mettre en application. Doit-on dès lors se résoudre à voir la main invisible du marché exercer une sélection « naturelle » sur les exploitations françaises ? Est-il impossible de changer les règles de ce jeu à somme nulle où l’on ne gagne qu’au détriment des autres ?

La résistance s’organise. Autrefois l’apanage des mouvements « alter », le principe de commerce équitable s’étend dans nos campagnes. La filière bio a, la première, compris l’intérêt de fixer un tunnel de prix pluriannuel, garantie de rentabilité et de lisibilité pour tous les acteurs. Le secteur conventionnel s’en empare également, comme en atteste le développement des initiatives Agri-Ethique, C’est qui le patron ! ? ou encore la démarche de contractualisation d’Intermarché incluant la HVE. Reste à voir si les consommateurs joueront eux aussi collectif, en préférant ces produits à la concurrence importée, souvent moins chère.

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