Aller au contenu principal

Transmission d'exploitation agricole : « Nous souhaitions conserver les terres en propriété en tant que patrimoine »

Suzanne (1), exploitante individuelle de 62 ans en Beauce, a officiellement cédé sa ferme hors cadre familial le 1er septembre 2023. Elle met en avant l’importance d’échanger avec les propriétaires et les repreneurs sur la question du foncier.

Extrait de plan cadastral avec des parcelles agricoles
Avant de se lancer dans la transmission de son foncier, il ne faut pas à se faire accompagner.
© H. Challier

Comment avez-vous abordé la transmission de votre foncier ?

Nous savions que nos enfants n’étaient pas intéressés pour reprendre notre ferme de 116 hectares (ha), composée de 36 ha en fermage et 80 ha en propriété. Nous avions fixé une date de cessation par rapport à mes droits à la retraite mais aussi compte tenu de la fin imminente d’un bail sur une partie des terres en location. Nous avons donc contacté les différents propriétaires pour connaître leur projet concernant l’avenir de leur foncier : le récupérer, le vendre, ou encore le louer à d’éventuels repreneurs.

Quelle a été la contrainte principale autour du foncier ?

L’important morcellement de notre parcellaire était problématique. Par exemple, sept hectares en fermage étaient situées dans une zone d’accès à d’autres îlots. Il était donc essentiel de pouvoir trouver une solution avec les propriétaires. Nous avons heureusement pu leur racheter ces sept hectares. Par ailleurs vingt-cinq hectares ont fait l’objet d’une reprise par un autre propriétaire. Pour le reste du foncier loué, les propriétaires ont accepté un transfert des baux en faveur des repreneurs.

Comment avez-vous choisi vos repreneurs ?

Nous souhaitions conserver les terres en propriété en tant que patrimoine. Nous nous sommes tournés vers deux agriculteurs susceptibles d’être intéressés pour louer nos parcelles, notamment pour des raisons de proximité. Ils ont profité de cette reprise pour lancer un véritable remaniement de leur propre parcellaire en intégrant l’agrandissement de leur foncier, par le biais d’échanges de parcelles effectués entre voisins.

Comment avez-vous fixé le prix de la cession ?

Nous avons été accompagnés par une juriste d’un centre de gestion qui nous a alertés sur l’importance de bien justifier chaque montant en fonction de la nature du bien transmis : foncier, drainage, hangar, matériel, DPB de la PAC, etc.

Quelles sont les démarches à ne pas négliger ?

Il faut compter au minimum dix-huit mois, voire deux ans, pour concrétiser la transmission. Le fait d’avoir participé à une formation destinée aux aidants m’a été très utile pour bien poser les choses et m’aider à anticiper certaines démarches, comme faire valoir ses droits à la retraite. Enfin, il faut bien effectuer la demande de mutation de parcelles auprès de la MSA et les repreneurs doivent adresser leur demande d’autorisation d’exploiter.

(1) Le prénom a été modifié.

Fixer le montant de la reprise du matériel

Red harvesting machine with no visible mark parked in front of a shed in a rural establishment
Le prix du matériel d'occasion sert de base pour évaluer celui d'un parc matériel lors d'une transmission. © Gabriel/stock.adobe.com

Lors de la transmission de l’exploitation de Suzanne, les prix du matériel repris ont été fixés en tenant compte du marché de l’occasion. Les trois tracteurs, la moissonneuse-batteuse, le pulvérisateur, les bennes, le semoir, le déchaumeur ou encore la charrue ont donc été répartis entre les deux agriculteurs voisins lors de la reprise. Le hangar de stockage du matériel a quant à lui fait l’objet d’un prêt à usage en faveur de l’un des repreneurs.

Les plus lus

<em class="placeholder">Cave coopérative des Vignerons de Puisseguin Saint Emilion en Gironde, le 28 septembre 2017 durant les vendanges</em>
Quelles sanctions pour un exploitant agricole qui ne tient pas son engagement vis-à-vis de sa coopérative ?

Sauf cas de force majeur, le retrait anticipé d’un associé coopérateur avant la fin de son engagement l'expose à des pénalités…

<em class="placeholder">Moisson des bles dans les plaines cerealieres de la Marne sous la menace de la pluie.</em>
Fonds d’urgence grandes cultures : qui peut en bénéficier et pour quel montant ?
L’État met en place un fonds d’aide d’urgence exceptionnel à destination de la filière grandes cultures. Doté de 35 millions…
<em class="placeholder">Apport d&#039;azote sur blé en sortie d&#039;hiver.</em>
Azote sur blé : quand réaliser le premier apport en 2026 ?

Le premier apport d’azote sur blé se raisonne en s’appuyant sur l’observation des parcelles et les analyses de reliquats…

<em class="placeholder">Eric Thirouin, président de l&#039;AGPB, face à la ministre Annie Genevard.   </em>
Plan d’urgence pour les céréaliers : 40 millions d’euros débloqués, une réponse jugée insuffisante

La ministre Annie Genevard a signé ce 29 janvier 2026 la mise en œuvre d’un fonds d’urgence de 40 millions d’…

<em class="placeholder">Agriculteur à la retraite avec son fils conduisant un valet de ferme.  </em>
Cumul emploi retraite agricole : des conditions plus restrictives pour les jeunes retraités

Les conditions de cumul emploi retraite évoluent à compter du 1er janvier 2027, limitant le cumul de la pension de retraite et…

<em class="placeholder">Grandes cultures. céréales. Moisson de l&#039;orge d&#039;hiver. rendement autour de 100 quintaux. moissonneuse batteuse dans la céréale à maturité. chantier de récolte. ...</em>
Bail rural : le recours excessif à un prestataire de travaux agricoles prive le fermier de son droit de préemption

La Cour d’appel de Reims vient de refuser le droit de préemption à un locataire qui avait recours à une entreprise pour des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures