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Semences : aux limites de la rentabilité en blé tendre pour les entreprises semencières

De nombreuses entreprises semencières en France sélectionnent des variétés de blé tendre, en grande majorité des lignées. Le retour sur investissement est limité pour ces entreprises.

<em class="placeholder">Cultures / céréales / blé tendre d&#039;hiver / essais variétés / C.C. Benoist</em>
En blé tendre, les semenciers français consacrent 28 % de leur chiffre d'affaires à la recherche et développement sur cette céréale.
© C. Gloria

Le blé tendre est la première culture en France avec près de 5 millions d’hectares. Les variétés cultivées proviennent d’une grande diversité d’obtenteurs, dont plusieurs entreprises franco-françaises. La dernière enquête quinquennale de Semae auprès des semenciers montre un budget de recherche s’élevant à 28 % du chiffre d’affaires en semences de blé tendre. Pourquoi un montant aussi élevé alors que cette part est de 13 % sur la totalité des semences ?

« Ceci est dû surtout au chiffre d’affaires peu élevé en blé tendre. Les semences certifiées vendues aux agriculteurs ne concernent que 40 % environ des semis dans les champs, souligne François Desprez, président de Florimond Desprez. Il y a peu de valeur ajoutée en blé tendre, car les variétés s’adressent à un marché domestique local à l’échelle d’un pays. En France, nous avons un profil variétal très différent de ce qui est utilisé en Grande-Bretagne, en Allemagne… » Autrement dit, une variété de blé tendre ne peut être promise à une carrière internationale, comme peut l’être un maïs par exemple.

20 à 25 % de complément au budget de recherche avec la CRIV

Avec un prélèvement chaque année sur les récoltes de blé tendre, la CRIV (contribution recherche et innovation variétale) finance une partie des recherches en blé tendre. « Son montant dépend du niveau de la collecte. Cette contribution nous apporte de 20 à 25 % en plus du budget recherche, précise François Desprez. Cela ne compense pas le manque à gagner sur les semences de ferme»

Selon Vincent Béguier, directeur général d’Agri Obtentions, le pourcentage de recherche et développement sur le chiffre d’affaires ne doit pas dépasser 30 %, « ou alors il y aurait un problème de rentabilité. Ce ne serait pas tenable en termes d’équilibre économique. Il faudrait que les 28 % diminuent un peu sans réduire les dépenses de recherches. » Il existe beaucoup d’entreprises semencières spécialisées dans les céréales à paille qui tirent leur épingle du jeu : Unisigma, Secobra Recherches, Agri Obtentions… D’autres groupes tirent parti d’autres espèces comme la betterave chez Florimond Desprez ou le maïs chez RAGT et Limagrain pour financer leur recherche en céréales à paille.

Des sociétés se lancent dans l'obtention de blés hybrides

« Il y a une valeur à extraire sur les lignées de blé moins importante que sur une espèce hybride, confirme Damien Robert, directeur général de RAGT Semences. D’autre part, nous nous rémunérons sur la vente de royalties avec des semences de base confiées à des distributeurs pour la production des semences certifiées, au contraire du maïs où le chiffre d’affaires provient directement de la vente de semences commerciales. » Cette différence pèse sur le niveau de chiffre d’affaires. Pour chercher plus de profitabilité dans les semences de blé tendre, certaines sociétés sont tentées par la voie des blés hybrides obtenus par voie génétique : une recherche au long cours dont le succès n’est pas garanti.

La société Florimond-Desprez a choisi de ne pas aller dans cette voie. « Les lignées offrent toujours une marge de progrès génétique importante et l’hétérosis sur les hybrides de blé tendre est beaucoup moins importante qu’en maïs ou betterave, observe François Desprez. Et un obstacle à la semence hybride, c’est son prix. Nous ne croyons pas dans le modèle du blé hybride. » Syngenta est la société la plus avancée dans la recherche en blé hybride par voie génétique (stérilité mâle…). « En ce mois d'avril, nous communiquons sur le lancement de nos premiers blés hybride X-Terra, avec d’importantes ambitions : 20 à 25 % du marché des semences de blé tendre dans les dix ans », annonce Xavier Thévenot, directeur adjoint de Syngenta France. D’autres sociétés se sont lancées dans cette recherche : Bayer, RAGT, Limagrain…

Classement des dix variétés 
de blé tendre les plus cultivées en France (récolte 2025)
VariétésSemencierPart de surface
ChevignonSaaten Union10,3 %
IntensityFlorimond Desprez5,4 %
PrestanceFlorimond Desprez4,9 %
LG AbsalonLimagrain3,8 %
PondorUnisigma3,3 %
LG AudaceLimagrain3,0 %
JuniorUnisigma2,9 %
CelebrityFlorimond Desprez2,6 %
KWS ExtaseKWS Momont2,4 %
KWS SphèreKWS Momont2,1 %
Mélanges intra 20,1 %
Source : Arvalis

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