SIA 2026
Sélection variétale : un investissement en recherche et développement toujours plus important en France
L’enquête quinquennale de Semae (interprofession de la semence) montre un budget recherche atteignant 450 millions d’euros en 2026 de la part des entreprises semencières en France. Il a été multiplié par 2 en vingt ans et il représente 13 % du chiffre d’affaires de ces sociétés. Un effort d’innovation hors norme, selon Semae.
L’enquête quinquennale de Semae (interprofession de la semence) montre un budget recherche atteignant 450 millions d’euros en 2026 de la part des entreprises semencières en France. Il a été multiplié par 2 en vingt ans et il représente 13 % du chiffre d’affaires de ces sociétés. Un effort d’innovation hors norme, selon Semae.
L’interprofession des semences et plants Semae a présenté les résultats de sa dernière enquête quinquennale auprès des entreprises de sélection en France. En moyenne, 13 % du chiffre d’affaires de ces sociétés sont consacrés à la recherche et développement (R & D). Ce chiffre élevé est « à comparer à la moyenne de l’ensemble de l’économie française où seulement 2 % du produit intérieur brut était dédié à la R & D en 2023 », communique Semae.
Le budget consacré à la recherche des entreprises semencières est passé de 362 millions d’euros (M€) à 450 M€ entre 2021, date de la précédente enquête, et 2026. La filière annonce une hausse de 10 % de ces investissements encore dans les années à venir. « Parmi les 12 000 emplois dans ces sociétés, 3343 postes sont dédiés à la recherche, soit 28 % des effectifs », ajoute Franck Prunus, directeur des services à la filière chez Semae.
De grandes variations d’investissement en recherche entre espèces cultivées
Le budget de recherche apparaît très variable selon les espèces sélectionnées, le maïs et les cultures potagères rassemblant les investissements les plus importants avec respectivement 139 M€ et 127 M€. La part de ce budget par rapport au chiffre d’affaires varie également beaucoup selon la culture. Il est par exemple de 11 % pour le maïs et de 28 % pour les céréales à paille et protéagineux.
Pourquoi une telle différence ? En maïs, les ventes de semences reposent sur des hybrides qui ne peuvent être remultipliés par les agriculteurs eux-mêmes, avec une bonne rentabilité pour les semenciers. Tel n’est pas le cas pour le blé où le chiffre d’affaires se compose des ventes de semences certifiées qui représentent 40 % environ des semis (le reste semé en graines de ferme) et d’une cotisation sur les récoltes des agriculteurs (CRIV, contribution recherche et innovation variétale). Pour François Desprez, président du groupe Florimond Desprez, la part de 28 % du chiffre d’affaires est « beaucoup trop importante. Elle est due surtout à une rentabilité insuffisante sur les ventes de semences en céréales et protéagineux. Ce n’est pas une solution pérenne. » Pour un meilleur financement de la recherche pour de telles espèces, il espère un meilleur ratio entre semences certifiées et graines de ferme et souhaite la contribution de nouveaux acteurs tels que des transformateurs.
Divers programmes de recherches et de sélection portent leurs fruits
Malgré tout, avec la multiplicité des entreprises de sélection en France et divers projets de recherche associant Inrae, interprofession et sélectionneurs privés, l’amélioration variétale est au rendez-vous, y compris sur des espèces à faible surface comme le pois protéagineux. « Nous avons inscrit la variété Pulsion montrant un bon niveau de tolérance à l’aphanomyces. C’est la première variété qui ne multiplie pas ce champignon dans le sol quand on la cultive », présente Vincent Béguier, directeur général de la société Agri-Obtentions. Le projet Pea4ever est dévolu à cette espèce avec un budget de 50 M€ sur cinq ans.
Les exemples de progrès génétique sont légion en France : un rendement progressant de 0,47 q/ha par an pour le blé tendre dans les essais, le caractère de tolérance à la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) se généralisant dans les variétés d’orges d’hiver, l’amélioration de la tolérance à toutes les maladies sur blé tendre ainsi que de l’efficience de l’utilisation de l’azote, des betteraves rendues tolérantes à la rhizomanie et, pour certaines, à d’autres bioagresseurs… Les innovations semencières qui perdurent en France sont un des moteurs de la souveraineté alimentaire, selon les acteurs de Semae.