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Pyrale du maïs : comment suivre les vols pour ajuster les interventions contre le ravageur

La lutte contre la pyrale du maïs se base sur l’évolution de ses vols. Des outils d’aide à la décision et les bulletins de santé du végétal apportent les informations utiles par secteur.

<em class="placeholder">piège connectés à pyrale avec caméra intégrée et panneau photovoltaïque</em>
Une nouvelle génération de pièges connectés avec caméras sont utilisés pour le suivi des vols de pyrale du maïs.
© FMC

Des populations à un seul vol dans l’année, ou à deux vols, ou un mélange des deux : la pyrale du maïs est difficile à suivre dans l’évolution de ses vols, qui servent à positionner au mieux les traitements. Un réseau de piégeage de ces papillons sur le territoire permet un tel suivi. Les résultats sont reportés sur les bulletins de santé du végétal (BSV). « L’accumulation des données permet d’établir des modèles de prévision des vols, explique Jean-Baptiste Thibord, responsable du pôle ravageurs à Arvalis. Des modèles prédisent relativement bien le vol de la race monovoltine (un seul vol dans l’année). Il en est de même d’autres modèles pour les premier et second vols de la race plurivoltine. Les prévisions sont plus difficiles à établir dans les secteurs où il y a un mélange des deux populations avec des périodes de vols qui se traduisent par trois pics. » Sur un secteur donné, le BSV peut renseigner sur l’arrivée à 50 % du vol de la pyrale.

Où sont ces populations ? À titre d’exemple, l’Alsace était une région avec la race monovoltine de pyrale. Depuis 2015, une population plurivoltine a fait son apparition dans le sud de cette région. Le mélange des deux races concerne également l’Auvergne, le Centre, le Poitou-Charentes et la Bretagne. La race plurivoltine est installée et domine en Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Île-de-France, Lorraine et Champagne-Ardenne.

L’application Arc farm intelligence suit les foreurs du maïs

Société qui commercialise le produit Coragen utilisé contre pyrale et sésamie, FMC propose depuis 2022 l’application Arc farm intelligence. « Cet outil d’aide à la décision permet de visualiser en temps réel la dynamique de vol des foreurs du maïs à partir d’un réseau de près de 300 pièges », présente Patrick Bergougnoux, chez produits insecticides à FMC. Les agriculteurs et techniciens qui relèvent les pièges rentrent leurs comptages de pyrales et sésamies capturées régulièrement dans l’application. En retour, une carte visualise les résultats de chaque piège géolocalisé sous la forme d’un niveau de risque d’attaques. Quand un piège passe au rouge, cela signifie qu’il faut être vigilant.

Une messagerie informe les agriculteurs et techniciens sur les préconisations d’interventions. Des courbes de vol d’un secteur sont visualisables sur l’application. Des cages d’élevages de chenilles de pyrales prélevées dans les cannes de maïs à l’interculture permettent d’ajouter des données sur les émergences des papillons et les premières pontes.

Les papillons émergent généralement début mai dans le sud-ouest, début juin dans l’ouest. « En se basant sur les données des modèles utilisés par Arvalis, nous jugeons qu’il faut se préparer à intervenir à partir de 30 % du vol de la pyrale, ce qui correspond à une date autour du 20 mai dans le sud-ouest pour le premier vol, souligne Patrick Bergougnoux. La sésamie arrive toujours une semaine à dix jours plus tôt que la pyrale dans les secteurs concernés. »

La société FMC travaille à l’amélioration de son OAD, notamment pour pouvoir prédire l’évolution du vol huit à quinze jours à l’avance, avec les données de piégeage déjà saisies et les conditions météorologiques.

Appliquer les trichogrammes en début de vol

Pour Arvalis, la stratégie de lutte chimique se cale sur la détection de 50 % des vols, quand une majorité de papillons va pondre. Les insecticides ont une action essentiellement larvicide. Ils doivent être positionnés au plus proche du pic de vol de pyrales afin de toucher le plus grand nombre de larves possible, après leur éclosion et avant que celles-ci ne se réfugient dans la plante.

Quant à l’application de trichogrammes, elle doit être positionnée au début du vol des pyrales. Une seconde génération de papillons peut nécessiter également une intervention dans les secteurs à race plurivoltine. Le niveau de risque de la parcelle se juge en outre au précédent cultural et à la présence d’une population importante de chenilles dans les cannes de maïs, surtout si ces dernières n’ont pas été suffisamment broyées et enfouies.

 

 
<em class="placeholder">canne de maïs avec chenille</em>
Les chenilles de pyrales et sésamies se réfugient en bas des cannes de maïs pour passer l'hiver. Le broyage de ses cannes est un moyen de réduire la population du ravageur. © FMC

CHIFFRES CLES

Un hectare sur huit de maïs protégé contre pyrale et sésamie

336 000 ha ont été protégées contre la pyrale en 2024 sur 2,7 millions d’ha de maïs

280 000 ha ont fait l’objet d’un traitement foliaire insecticide : 195 000 avec le chlorantraniliprole (Coragen, Voliam…), 86 000 ha avec une pyréthrinoïde contre parfois d’autres ravageurs (chrysomèle, géomyze)

66 000 ha d’application de trichogrammes, ciblant seulement les pyrales

34,50 €/ha de dépense insecticide en moyenne contre pyrale et sésamie

Source FMC

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