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Pomme de terre : « En 2025, j’ai dû réaliser deux traitements insecticides contre des pucerons présents dès la levée de la culture dans la Somme »

Producteur à Esmery-Hallon dans la Somme, Paul Gaffet a été confronté à une infestation précoce et forte en pucerons sur ses pommes de terre en 2025. Deux insecticides ont été nécessaires pour les juguler.

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Paul Gaffet, agriculteur à Esmery-Hallon (Somme), "Mon acheteur tolère l’utilisation du produit Teppeki sur pomme de terre, ce qui n’est pas le cas dans tous les cahiers des charges."
© D. R.

« En 2025, j’ai constaté la présence de pucerons sur mes pommes de terre une semaine après la levée de la culture, ce qui était plutôt inhabituel. J’attribue cette arrivée précoce au temps sec que nous avons eu entre le 15 février et avril. Les pommes de terre ont été plantées le 20 avril sur une parcelle de 18 hectares avec quatre variétés de chair ferme : Gwenne, Blanche, Celtiane et Lady Anna. J’ai attendu un peu et le seuil d’une foliole sur deux colonisées par au moins un puceron a été atteint assez rapidement.

J’ai réalisé un traitement fin mai avec le produit Teppeki, sachant que cet insecticide n’est pas autorisé au-delà d’un certain stade de développement (5 feuilles étalées) de la pomme de terre. Le traitement a été efficace mais les pommes de terre ont été recolonisées par les pucerons, au-delà du seuil de nuisibilité à la mi-juin. J’ai alors réalisé un traitement avec l’insecticide Movento, pour lequel il y avait une dérogation en 2025. Par la suite, les auxiliaires sont arrivés, tardivement, et ont mis la pression sur les pucerons en même temps que les pieds de pomme de terre se développaient.

Grâce à ces deux traitements insecticides, je n’ai pas vu d’impact sur le rendement ni sur la qualité des tubercules. Irriguée en totalité en 2025, la production a été de 60 tonnes par hectare en moyenne. Chez des voisins, j’ai pu remarquer que le feuillage accusait le coup avec ces infestations de pucerons. Je n’avais jamais connu une telle arrivée précoce et une pression aussi importante de pucerons sur pomme de terre. En 2020 cependant, l’année où les pucerons ont causé d’importants dégâts sur betterave, j’ai vu une petite proportion de tubercules abîmés par le virus transmis par ces insectes (sur la variété Amandine) alors que j’avais appliqué un insecticide. Avant 2025, je n’avais jamais fait plus d’un traitement contre les pucerons.

A l’avenir, nous allons avoir de moins en moins de produits de traitement, avec Movento qui n’aura pas de dérogation. Or, ces insecticides sont utiles pour des traitements précoces en présence de pucerons, avant la régulation par les auxiliaires qui ne se produit pas avant juin. D’autre part, mon acheteur (Pomly à Ham) tolère l’utilisation du produit Teppeki sur pomme de terre, ce qui n’est pas le cas dans tous les cahiers des charges. J’ai passé commande de Teppeki cette année, au cas où il y aurait à nouveau des infestations précoces de pucerons. Le produit coûte 30 €/ha à l’usage (70 €/ha pour Movento). »

110 hectares : blé tendre (moitié de la surface), oignons, pomme de terre, légumes d’industrie (épinard, haricot)

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