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Salon de l’agriculture 2026
« Plus de 80 % des porteurs de projets agricoles voient le parcours d’installation comme une épreuve » selon le baromètre d’ Eloi

La plateforme digitale facilitatrice d’installation Eloi a présenté son premier baromètre d’installation lors d’une table ronde au Salon de l’agriculture. Si une majorité voit le parcours d’installation comme une épreuve, la confiance en la réalisation de leurs projets exprimée par les répondants témoigne d’une forte détermination et d’un amour pour le métier.  

Table ronde au Salon de l'agriculture 2026 sur les enjeux de l'installation en agriculture avec présentation du baromètre de l'installation de la plateforme Eloi.
Parmi les freins à l’installation, trouver une ferme adaptée est cité par 59 % des répondants. Suivi par les difficultés de financements (57 %) et l’accès au foncier (50 %).
© Lola Broyer Benoit

« Les porteurs de projets agricoles s’engagent avec un niveau de confiance élevé, c’est un message d’espoir pour le renouvellement des générations », se réjouit François Moret, le co-fondateur de la plateforme digitale Eloi. Lors d’une table ronde le 24 février au Salon de l’agriculture 2026, la start-up facilitatrice d’installations qui met en relation porteurs de projets agricoles et cédants, a présenté son premier baromètre de l’installation.

L’objectif : « établir une photo de qui sont les porteurs de projets, quelles sont leurs difficultés, leur niveau de confiance et leur moral » explique le cofondateur de la plateforme. Pour ce faire, Eloi a soumis un questionnaire à plus de 400 personnes, porteurs de projets ou jeunes installés. Les répondants ont des profils variés avec un âge moyen de 35 ans, 62 % d’entre eux ne sont pas issus du milieu agricole et 89 % sont diplômés. 

Lire aussi : Qui sont les nouveaux installés en agriculture ? Cinq profils types définis par l’ESA

Trouver des terres, le principal frein à l’installation

Parmi les freins à l’installation, trouver une ferme adaptée est cité par 59 % des répondants. Suivi par les difficultés de financements (57 %) et l’accès au foncier (50 %). « La question de laisser une ferme positionnée au bon prix est fondamentale dans la capacité à transmettre pour l'un et à réussir son installation pour l'autre », précise François Mouret.  

Du côté des jeunes installés, les démarches administratives (67 %) et l’accès au foncier (56 %) ressortent comme frein majeur. Selon le baromètre, ces deux obstacles sont « sous-estimés par les futurs installés ».

Lire aussi : Installation en agriculture : les 5 étapes clés pour mener à bien son projet

Plus de 80 % des répondants voient le parcours d’installation comme une épreuve

Si le parcours d’installation apparaît comme difficile (47 %) ou très difficile (39 %), les porteurs de projets témoignent d’une confiance forte dans la réalisation de leur projet : 28 % se disent très confiants et 49 % assez confiants. 

D’après François Moret, ce résultat « surprenant » va de pair avec une détermination liée à la « passion du métier ». Cet amour du métier est d’ailleurs la première motivation à devenir agriculteur : pour un répondant sur trois, l’agriculture est une « vocation ». Arrive ensuite, l’appétence pour le vivant et la nature avec 16 % des répondants.

De la même façon, « malgré une communication sur le monde agricole souvent négative » selon le fondateur d’Eloi, deux tiers des porteurs de projets expriment leur confiance dans l’avenir du monde agricole

Pour 37 % des répondantes, être une femme est un inconvénient dans le parcours d’installation 

Le baromètre réalise un focus sur « l’installation au féminin ». Parmi les répondants, 31 % sont des femmes. Ce chiffre est proche du pourcentage d’installation de femmes en tant que cheffes d’exploitation qui s’élevait à 34 % en 2022 d’après la MSA.

Pour 37 % d’entre elles, être une femme est un inconvénient pour s’installer. En cause, un manque de crédibilité et un sexisme évoqués par les deux tiers des femmes interrogées. « Chaque année, à la rentrée scolaire, je regarde le nombre de filles dans le lycée agricole partenaire de l’exploitation, et je me dis ‘vous, vous allez devoir vous battre trois fois plus que les autres’ », témoigne Apolline Martel, éleveuse de vaches laitières en Ille-et-Vilaine présente autour de la table. 

Relire : « L’agriculture doit autant à ses femmes qu’à ses hommes » : un plan pour les agricultrices présenté au salon de l’agriculture

Comment lever ces freins à l’installation ? 

Pour l’ensemble des intervenants, une des clés pour améliorer le processus d’installation est l’accompagnement à la fois dans l’entreprenariat, le recrutement et l’administratif

Selon le fondateur d’Eloi, « il faut aussi un discours positif et susciter les vocations ». Pour Louise Letellier éleveuse en Gaec avec trois autres associés en Seine-Maritime, cela passe par montrer « qu’être agriculteur, ce n'est pas être au fond de sa campagne et ne pas sortir le soir, ne pas sortir le week-end, c'est avoir une vie normale ». De son côté, l’éleveuse Apolline Martel appelle à communiquer et à recruter des stagiaires et des salariés qui seront à même un jour de reprendre l’exploitation : « on ouvre la ferme aux médias, on accueille des stagiaires. C’est des jeunes qu’on a envie d’engager dans ces métiers et qu’on a plaisir à former ». 

Lire aussi : Loi d’orientation agricole : tout savoir sur le texte adopté à quelques heures du salon de l’agriculture

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