Plan d’urgence pour les céréaliers : 40 millions d’euros débloqués, une réponse jugée insuffisante
La ministre Annie Genevard a signé ce 29 janvier 2026 la mise en œuvre d’un fonds d’urgence de 40 millions d’euros pour les producteurs de grandes cultures. Pour l’AGPB, cette aide marque une première prise de conscience, mais reste très insuffisante face à la gravité de la situation économique des céréaliers.
La ministre Annie Genevard a signé ce 29 janvier 2026 la mise en œuvre d’un fonds d’urgence de 40 millions d’euros pour les producteurs de grandes cultures. Pour l’AGPB, cette aide marque une première prise de conscience, mais reste très insuffisante face à la gravité de la situation économique des céréaliers.
En déplacement dans la Nièvre, la ministre de l’Agriculture a signé la circulaire permettant le déploiement d’une enveloppe de 40 millions d’euros, dont 35 millions d’euros de soutiens de trésorerie pour les céréaliers et producteurs de protéagineux les plus fragilisés. Ce fonds d’urgence doit être décliné au plus près des réalités locales, notamment dans les zones à moindre potentiel, via l’activation de cellules de crise au niveau départemental. Une approche qui répond à une demande de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé), afin de mieux cibler les exploitations les plus en difficulté.
À cette enveloppe s’ajoutent 5 millions d’euros destinés à l’allègement des charges, notamment la prise en charge de cotisations sociales (MSA) pour les céréaliers qui en feront la demande. La mise en œuvre effective du dispositif reste suspendue à la promulgation de la loi de finances pour 2026, attendue dans les prochains jours.
Un signal politique attendu mais insuffisant
L’annonce a été accueillie positivement par la profession. « Le déploiement d’un Fonds d’urgence dédié aux céréaliers formalisé aujourd’hui par la ministre, témoigne enfin de premières réponses concrètes à notre combat pour la survie des exploitations céréalières », énonce Éric Thirouin, président de l’AGPB. Mais, cette aide est aussi jugée insuffisante. Dans son communiqué de presse, le syndicat céréalier alerte à nouveau sur la situation économique des exploitations avec trois années consécutives de revenus négatifs : « 40 millions d’euros d’aides alors que nos exploitations accusent plus de 2 milliards d’euros de pertes de chiffre d’affaires rien qu’en 2025 : le calcul est malheureusement vite fait. »
Pour la filière, l’enjeu dépasse désormais la seule aide nationale. « Au regard de la gravité de la situation, le combat doit aller encore plus loin », insiste Eric Thirouin, qui appelle à l’activation rapide de la réserve de crise européenne et à l’avancée du dossier relatif à la suspension du MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) pour les engrais. « Nous ne tiendrons pas très longtemps si l’Europe reste sourde à nos propositions pour soulager nos trésoreries et sécuriser nos charges ! » Pour les céréaliers, cette aide reste donc « insuffisante » en l’absence d’une « action européenne cohérente.»