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[Marché] Orge : des prix menacés par la lourdeur mondiale

En orge fourragère comme en brassicole, la lourdeur s’est installée sur le marché mondial. Cela pourrait tirer les prix français à la baisse après la bonne résistance du début de campagne.

Le prix de l'orge française a été soutenu en début de campagne par les achats chinois, mais le marché mondial reste lourd. © G. Omnès
Le prix de l'orge française a été soutenu en début de campagne par les achats chinois, mais le marché mondial reste lourd.
© G. Omnès

Un simple sursis ? En début de campagne, les prix européens de l’orge fourragère ont bien résisté. À 165 euros la tonne rendu Rouen à la mi-août, pas question de parler d’euphorie, mais cette tenue des cours tranchait avec la baisse des prix de la mer Noire. À cette date, les orges argentines et canadiennes étaient, elles, bien plus compétitives que les origines européennes.

Cette relative fermeté de début de campagne a été soutenue par de bons achats chinois, notamment auprès de la France. Mais le géant asiatique reviendra-t-il aux achats ? Pour quels volumes et, surtout, au profit de quelles origines, alors que la France est désormais plus chère que ses concurrents ? Tant que la Chine maintient la taxe imposée aux orges australiennes, ces dernières restent hors-jeu, mais « cela peut changer très vite », estime une source. En attendant, privée de marché chinois, l’orge australienne cherchera d’autres débouchés, où elles concurrenceront les orges européennes.

La production mondiale d'orge reste élevée en 2020 malgré une baisse dans plusieurs régions, notamment en Europe. © Réussir / USDA et Agreste.

Alourdissement probable en seconde moitié de campagne en orge fourragère

« Lorsque l’Australie arrivera sur le marché en décembre, elle risque d’accaparer l’Arabie saoudite, prévient Alexandre Marie, directeur des marchés du groupe Vivescia. Il va peut-être aussi falloir compter avec le retour de l’orge argentine sur le débouché chinois, en fourrager comme en brasserie. » Le spécialiste prédit donc un alourdissement du marché fourrager en seconde moitié de campagne, une fois la demande export tarie. Les stocks mondiaux vont donc continuer à gonfler. De quoi mettre les prix sous pression, tandis que la concurrence du maïs dans les rations animales va être forte.

Comme pour l'orge fourragère, le bilan s'affiche lourd en orge brassicole. « La demande intérieure est atone du fait de la Covid, et la demande à l'export n'est pas là car l'orge française s'est mise en prime, constate Julien Darley, directeur général de Granit négoce. On est perché très haut à cause du taux de change euro/dollar, et le Canada pointe son nez avec une très bonne récolte et des prix qui devraient baisser. » Le bilan souffrait d'un excédent avant même la crise Covid. Et la récolte scandinave superlative en volume et en qualité ne va pas arranger les choses.

« difficile de voir des éléments de support dans le prix de l'orge brassicole »

La résistance des prix français résulte de la rétention des vendeurs et de la demande chinoise, mais cette dernière est probablement couverte jusqu'à décembre. Pour Julien Darley, « il est difficile de voir des éléments de support dans le contexte actuel, avec une compétition qui s'annonce solide de la part du Canada et de l'Argentine. Il faudra néanmoins surveiller l'impact du taux de sélection qui devrait être historiquement bas cette année en France, et si la logistique canadienne réussit à suivre. »

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