Aller au contenu principal

Maladie : le piétin-verse mis sous l’éteignoir avec des variétés résistantes de blé

Le recours à des variétés résistantes de blé est le meilleur moyen de se prémunir du piétin-verse. Assez courante, cette maladie ne doit pas être confondue avec d’autres pathogènes.

<em class="placeholder"> blé tendre stade entre 1 et 2 noeuds</em>
Une tache sur le 1er entre-noeud bordée d'un liseré brun diffus est la marque du piétin-verse.
© Arvalis

Comment reconnaître le piétin-verse des autres maladies du pied sur blé

Maladie du sol, le piétin-verse se développe sur les gaines foliaires et les tiges des pieds de blé. Il provoque une tache localisée sur le premier entre-nœud (rarement le second). La tache prend la forme d’un œil et elle est bordée par un liseré brun diffus. En soulevant les gaines, on remarque des points noirs au niveau de la tache. Ce sont des stromas (amas mycéliens) qui sont la marque diagnostique du piétin-verse.

Au tallage du blé, cette tache peut se nécroser et provoquer une pourriture brune à la faveur d’une humidité élevée. Le symptôme traverse plusieurs gaines, d’où son impact sur l’alimentation des épis et la verse. D’ailleurs, la maladie peut provoquer l’échaudage de l’ensemble de l’épi avec des épis répartis de façon aléatoire dans la parcelle. En cas de forte attaque, la verse apparaîtra de manière désordonnée dans le champ. La maladie est provoquée majoritairement par le champignon Oculimacula yallundae en France.

 

 
<em class="placeholder">Des traces noires au niveau de la tache confirme le diagnostic de piétin-verse.</em>
Des traces noires au niveau de la tache confirme le diagnostic de piétin-verse. © Arvalis

Des moyens de lutte préventifs et curatifs contre le piétin-verse

Variétés : Des variétés comportent des gènes de résistance au piétin-verse. L’utilisation d’une variété peu sensible (note de tolérance de 5 au moins) permet d’éviter un traitement contre le piétin-verse, même en situation à risque. Parmi les variétés inscrites en 2025, plusieurs ont obtenu la note de 6 ou 7 de résistance au piétin-verse : Belzebuth, Chamdor, Geopolis, KWS Globe, LG Niklas, Outdoor, Pailledor. Attention : beaucoup de variétés de blé qui montrent un bon profil de résistance aux maladies du feuillage s’avèrent sensibles au piétin-verse.

Agronomiques : Pour ne pas favoriser le développement du parasite, éviter le retour trop fréquent du blé dans la rotation et surtout, les blés sur blés (a fortiori dans les sols limoneux battants, favorables à la maladie). Privilégier les semis tardifs (après le 25 octobre) pour réduire le risque. Le broyage des résidus de culture et leur enfouissement (par un labour, par exemple) diminuent les contaminations durant l’automne et l’hiver. Arvalis a créé une grille de risque en prenant en compte les facteurs agronomiques et variétaux.

Chimiques : Des fongicides sont utilisables contre le piétin-verse, avec des applications à réaliser au stade « épi 1 cm » ou « 1 nœud ». Les produits efficaces sont ceux à base de cyprodinil (Unix max…) ou de métrafénone (Flexity…). Des seuils d’intervention ont été établis par Arvalis. S’il y a moins de 10 % de tiges atteintes, l’intervention n’est pas nécessaire et au-delà de 35 % de tiges touchées, l’application d’un fongicide est indispensable. Entre 10 et 35 % de tiges avec des symptômes, la rentabilité du traitement dépendra des conditions climatiques à la montaison et du risque agronomique.

Source Arvalis, BASF, chambres d’agriculture

 

 
<em class="placeholder">La tache se nécrose et provoque une pourriture de la tige.</em>
La tache se nécrose et provoque une pourriture de la tige. © Arvalis

Cinq points clés sur le piétin-verse

Ne pas confondre avec d’autres maladies du pied tels que le rhizoctone, le piétin échaudage ou la fusariose. Les petits points gris ou noirs que sont les stromas du parasite sont la marque de fabrique du piétin-verse. Ils sont visibles en épluchant les gaines et ils ne disparaissent pas quand l’on passe le doigt dessus.

Les pertes peuvent atteindre 10 à 15 q/ha en cas d’attaques sévères provoquant la verse des céréales, sur des variétés sensibles cultivées dans des conditions favorables à la maladie (rotation, historique de la parcelle). Mais en dehors de ces conditions, les pertes s’élèvent à 3 ou 4 q/ha.

Le développement de la maladie est favorisé par une pluviométrie élevée et des températures douces pendant l’automne et l’hiver.

Le champignon se conserve sur les chaumes, les repousses de céréales et les graminées adventices. La production des spores de contamination se produit tout l’automne et l’hiver si les conditions sont favorables. Les spores sont véhiculées par la pluie sur de courtes distances.

Le modèle climatique dénommé Top calcule le risque de piétin-verse à la parcelle en se basant sur la température moyenne et la pluviométrie journalières.

 

 
<em class="placeholder">Des épis échaudés entièrement, répartis de façon aléatoire dans la parcelle sont dus aux attaques de piétin-verse.</em>
Des épis échaudés entièrement, répartis de façon aléatoire dans la parcelle sont dus aux attaques de piétin-verse. © Arvalis

Les plus lus

<em class="placeholder">Roelof et Jon de Boer, agriculteurs à Lavit (Tarn-etGaronne)</em>
Fermage : « J’ai rendu 63 ha à l’un de mes bailleurs, faute de rentabilité sur ces terres dans le Tarn-et-Garonne »

Jan De Boer, agriculteur, dans le Tarn-et-Garonne, a fait ses comptes, après 3 ans de perte sur des parcelles louées par bail…

<em class="placeholder">Jean Lombard, agriculteur à Bezaumont (Meurthe-et-Moselle), &quot;En 2027, il n’y aura plus le flufénacet comme solution de désherbage. Si le retour du triallate ne se ...</em>
Orge d’hiver : « Sans flufénacet ni triallate en 2027, il sera très compliqué de cultiver cette céréale en situation infestée en graminées »

Agriculteur à Bezaumont (Meurthe-et-Moselle), Jean Lombard ne lésine pas sur le désherbage de l'orge d'hiver pour garder…

<em class="placeholder">champ de maïs en Charente, près d&#039;Angoulême, touché par la sécheresse en août 2026</em>
Sécheresse 2026 et maïs : les producteurs confrontés au décrochage de la culture avec un recul global de la production estimé à 45 %

La sécheresse et les canicules à répétition ont mis à mal la production de maïs dans de nombreux secteurs. La filière va…

<em class="placeholder">Le député, Peio Dufau, à Arbonne (64) entouré, des responsables, Safer, syndicaux et de portage de foncier, locaux.</em>
Safer : comment la loi d’urgence agricole renforce le droit de préemption et limite les contournements

La loi d’urgence agricole contient six points visant à renforcer les moyens d’action des Safer, notamment leur droit de…

<em class="placeholder">Frédéric Parthenay est producteur de grandes cultures à Puyreaux, en Charente. </em>
Sécheresse 2026 en Charente : « Après trois mauvaises années, mon exploitation n'a plus de trésorerie »

Frédéric Parthenay est producteur de grandes cultures à Puyreaux, en Charente. La sécheresse catastrophique et sans précédent…

<em class="placeholder">Champs d&#039;essais blé tendre conduits par LG Seeds France.</em>
Blé tendre : quelles variétés semer dans des terres à faible potentiel ?

Certaines caractéristiques variétales, comme la précocité à épiaison, sont indispensables pour sécuriser le rendement du…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures