Aller au contenu principal

Maïs : quelles variétés et précocités choisir en situation non irriguée ?

La part de surface non irriguée en maïs grain n’est pas négligeable dans les bastions de production du Sud-Ouest. Des variétés sont adaptées à ces situations pour produire du grain avec un minimum de charges.

<em class="placeholder">Floraison du maïs, stade sensible dans le développement de la plante,  avec une forte sensibilité au stress hydrique.   Besoin important en eau. Inflorescence mâle.</em>
En conditions non irriguées, le choix variétal sera adapté pour avancer la floraison en juin, afin d'esquiver les coups de sec et de chaud de l'été.
© V. Marmuse

Les situations sans irrigation sont largement majoritaires en maïs grain. Animatrice filière maïs à Arvalis, Aude Carrera évalue la proportion de maïs pluvial à plus des deux tiers des surfaces. Dans les bassins de production de maïs grain, ces surfaces se situent notamment dans le nord de la Nouvelle Aquitaine (ex. Poitou Charentes), en Occitanie, en Rhône-Alpes. Quel type de variété de maïs choisir dans ce type de contexte, comparé aux situations avec irrigation ? « Il faut aller sur des maïs plus précoces, conseille Aude Carrera. Par exemple, sur les coteaux d’Occitanie, on peut opter pour des indices de précocité G2 à début de G3 (demi-précoces à demi tardifs) à semer tôt, dès la fin mars alors qu’en conditions non limitantes en eau, le choix se porte plutôt sur des variétés tardives (G5). »

En Poitou-Charentes, la spécialiste conseille des variétés de précocités G1 à G2 (précoces à demi-précoces) et, pour le Sud de la Nouvelle-Aquitaine, des G3 à G4 (demi-tardifs). « Plus on va vers le nord, moins il y aura d’écart dans les groupes de précocités à choisir entre situations en sec et irriguées », précise-t-elle.

Une précocité pour avancer la date de floraison à juin

Un semis tôt avec des variétés relativement précoces permet au maïs d’arriver au stade floraison dès juin plutôt qu’en juillet, avec l’intérêt d’esquiver le stress hydrique de l’été. L’objectif est également de viser une récolte précoce (septembre) avec une humidité la plus faible possible pour limiter les frais de séchage et conserver un revenu convenable sur sa production de maïs au potentiel limité en sec. « Plus la maturité physiologique (32 % d’humidité) arrive tôt, plus le séchage climatique est efficient, précise Aude Carrera. A Mont-de-Marsan (Landes), pour perdre 1 point d’humidité, il faut 1,8 jour en moyenne en septembre, 2,6 jours en octobre, 3,9 jours en novembre… D'autre part, ne récolte précoce aura comme intérêt de libérer tôt un sol pour implanter une céréale à paille ou un couvert dans des conditions favorables. »

Pour Arvalis, dans le Sud-Ouest, la variété DKC4728 constitue une référence sur les parcelles en sec à potentiel limité en Sud Aquitaine, mais des maïs comme RGT Evoluxxion et Nayade valent le coup d’être testés dans ces contextes. Sur les Coteaux du Lauragais où le maïs pluvial est plus fréquent, il existe plusieurs références (DKC3924, MAS 30M, P9889, Sy Pamplona) et des variétés confirmées (DKC4728, ES Midway, Limagold, P8556…). Ces variétés se doivent d’être performantes en conditions contraintes et stables quelles que soient les situations. Le site web Varmaïs présente les performances des variétés en pluriannuel avec leur niveau de régularité de rendement.

Des hybrides qui font leurs preuves en conditions limitantes en eau

Chez KWS France, Rémy Merceron met en avant des « variétés qui accusent mieux le coup en conditions de stress hydrique, subissant moins les contraintes hydriques et la chaleur ». Dans ce registre, il conseille les variétés KWS Vocaliso, KWS Hypolito et KWS Forturio, « trois hybrides qui ont fait leurs preuves en conditions limitantes ». Ces variétés demi-tardives de maïs peuvent être semées en stratégie d’esquive en mars à condition que les sols soient bien ressuyés pour assurer une bonne qualité de semis. « Leur tardivité peut permettre de valoriser des pluies en août au contraire de variétés précoces, considère Rémy Merceron. En cas d’absence de pluie, le potentiel de rendement est malgré tout acquis avec ce type de variété tolérante au stress hydrique. »

Carol Humeau, de LG Semences, préconise davantage de précocité dans le choix de variété de maïs pluvial, « d’indices 270 à 360 (G1 à G3) pour le Sud-Ouest et des variétés qui fleurissent tôt. Il y a des différences de quelques jours entre variétés sur le stade de floraison, sensible pour la formation des épis. Plus le maïs fleurira tôt en contexte sans irrigation, mieux ce sera. » Il conseille d’éviter « les variétés qui font leur rendement sur le PMG, exigeant de l’eau en fin de cycle. Il faut leur préférer des hybrides qui font du grain au m2 plutôt que du PMG, ou équilibrées sur ces deux critères. » Pour les conditions sèches, il met en avant les variétés LG 31 272, LG 31 274, LG 31 323, LG 31 325, LG 31 328 et LG 31 380.

Des maïs résistants au sec pour diversifier les assolements

Chez Corteva (Pioneer), la gamme Sem’Expert Dry comporte des variétés pour les environnements très limitants en eau en France. « Ce type d’hybride performant sans irrigation répond à des situations comme l’introduction du maïs pour diversifier une rotation blé-tournesol en contexte limité en eau et aux régions où le climat devient un frein à la culture du maïs comme le Lauragais, présente Damien Marre, de Corteva Agriscience. Nous avons sélectionné les variétés d’indices de précocités de 250 à 300 qui s’en sortent le mieux en sec. Pour ces maïs, nous avons défini une stratégie dite des 4 quinze : un semis au 15 mars avec un hybride à très bonne vigueur de développement pour une floraison au 15 juin, une récolte au 15 septembre à 15 % d’humidité pour s’économiser les frais de séchage. » Trois variétés Pioneer entrent dans cette gamme : P8556, P9300 et P92440, ces deux dernières étant également labellisées « Aqua Max », capables de performer aussi bien en conditions de sécheresse que les années avec de bonnes pluies. Avec un hybride Sem’Expert Dry, l’objectif est d’obtenir 60 q/ha de rendement avec un apport d’engrais de 100 à 120 unités d’azote.

RAGT Semences propose également ce type de variétés dites « dry ». « Avec un semis fin mars, ces variétés de précocité G1 à G3 font gagner de deux à trois semaines dans la date de floraison pour des récoltes précoces, décrit Alexis Verniau, de RAGT Semences. Très développé dans le Sud-Ouest, ce type de variétés a permis de ramener le maïs sur des zones sans irrigation pour diversifier l’assolement. » Trois variétés d’inscription récentes sont proposées pour ce créneau : RGT Dexter, RGT Volraxx et RGT Pinxxfloyd. Ces variétés figurent dans la gamme plus large de variétés « Stressless » « adaptées aux conditions limitantes avec un comportement équivalent en irrigué comme en sec.

Baisser un peu la densité de semis

Le choix de variétés plus précoces en maïs pluvial par rapport à des maïs irrigués signifie un potentiel de rendement plus limité. « On recherche une biomasse du maïs proportionnelle au rendement que l’on attend, ce qui nécessite de semer à des densités assez faibles, inférieures de 5 à 10 % par rapport à des conditions non limitantes en eau », conseille Aude Carrera. Dans ces conditions, le caractère de vigueur au départ est d’autant plus important dans le choix de variétés.

Les plus lus

<em class="placeholder">Famille Battitt Crouspeyre, parents et enfants au milieu des vignes</em>
« Un mois avant la naissance prévue de ma fille, j’organise mon exploitation en vue de mon congé paternité »

Battitt Crouspeyre, viticulteur dans les Pyrénées-Atlantiques et futur papa, a déjà envoyé son formulaire à la MSA. Il achève…

<em class="placeholder">Rodolphe et Pauline Bourdois arboriculteurs dans l&#039;Essonne, associés en EARL.</em>
« Je me suis installée avec mon conjoint en EARL, car l’EARL est plus souple que le Gaec »

Pauline Bourdois, arboricultrice en agriculture biologique, s’est installée en tant que hors cadre familial avec son conjoint…

<em class="placeholder">Cave coopérative des Vignerons de Puisseguin Saint Emilion en Gironde, le 28 septembre 2017 durant les vendanges</em>
Quelles sanctions pour un exploitant agricole qui ne tient pas son engagement vis-à-vis de sa coopérative ?

Sauf cas de force majeur, le retrait anticipé d’un associé coopérateur avant la fin de son engagement l'expose à des pénalités…

<em class="placeholder">Théophile Piot, dans la cour de la ferme de la SCEA De Novion,</em>
Reprise d’une exploitation agricole familiale : « Je me suis installé en SCEA à cause de la holding associée »

Théophile Piot, céréalier, a repris l’une des trois exploitations familiales, la SCEA De Novion, à Mitry-Mory (Seine-et-Marne…

<em class="placeholder">Application d&#039;un produit phytosanitaire sur blé. </em>
Produits phytosanitaires : la fin de la séparation de la vente et du conseil est actée

L’arrêté publié le 22 décembre entérine la fin de la séparation entre la vente et le conseil des produits…

<em class="placeholder">Eric Thirouin, président de l&#039;AGPB, face à la ministre Annie Genevard.   </em>
Plan d’urgence pour les céréaliers : 40 millions d’euros débloqués, une réponse jugée insuffisante

La ministre Annie Genevard a signé ce 29 janvier 2026 la mise en œuvre d’un fonds d’urgence de 40 millions d’…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures