Maïs : « Le faux semis est le meilleur levier qui m’a permis de réduire la densité de ray-grass dans mes champs »
Agriculteur à Roches (Loir-et-Cher), Damien Beaujouan combine désherbage chimique et techniques agronomiques pour contrôler le ray-grass qui a gagné ses cultures de printemps comme le maïs.
« J’ai réintroduit le maïs dans ma rotation culturale en 2010, pour me permettre de mieux contrôler le ray-grass. Cette graminée s’est développée dans mes cultures d’hiver jusqu’à atteindre des densités de 150 à 200 pieds au mètre carré. Dans le maïs, je peux en retrouver jusqu’à 50 pieds au mètre carré, mais seulement par endroits sous forme de ronds. En dehors du désherbage chimique, je recours beaucoup au travail du sol pour gérer cette adventice. À l’interculture entre la moisson de la céréale et le semis du maïs, j’effectue entre deux et trois déchaumages qui font office de faux semis, avec un sol travaillé sur 5 centimètres de profondeur. Cette technique montre une bonne efficacité, car les graines de ray-grass germent surtout à cette profondeur. Je sème ensuite un couvert d’interculture bien dense composé de moutarde, de phacélie, de radis chinois…
Sur maïs, j’utilise l’herbicide Isard en prélevée contre les graminées, puis le produit Mondine ou Adengo Xtra en post-levée. Si je constate encore des levées de ray-grass, je passe une bineuse. Quand les conditions sont bonnes, on arrive à les déchausser et à les faire dépérir, à condition d’avoir plusieurs jours sans pluie après le passage. Dans la lutte contre le ray-grass, j’introduis d’autres cultures de printemps comme la betterave pour casser le cycle de la graminée et amener d’autres herbicides utiles. Je laboure également mes terres tous les trois ans en veillant à ne pas faire un travail trop profond, moins de 20 centimètres. Je remarque qu’un enfouissement des graines de ray-grass trop en profondeur favorise leur conservation sur plusieurs années. »