Traitement phytosanitaire : « Dans le Loiret, je pulvérise de nuit en bas volume à 50 l/ha pour maximiser l’efficacité des produits »
Xavier Priault est céréalier à Saint-Maurice-sur-Aveyron, dans le Loiret. Il réalise ses pulvérisations phytosanitaires principalement de nuit pour profiter de conditions d’hygrométrie et de vent plus favorables et améliorer l’efficacité de ses traitements, appliqués en bas volume.
Xavier Priault est céréalier à Saint-Maurice-sur-Aveyron, dans le Loiret. Il réalise ses pulvérisations phytosanitaires principalement de nuit pour profiter de conditions d’hygrométrie et de vent plus favorables et améliorer l’efficacité de ses traitements, appliqués en bas volume.
« Je réalise plus de 80 % de mes traitements de nuit pour profiter d’une hygrométrie élevée et de l’absence de vent. Pulvériser de nuit me permet de travailler en bas volume, une technique qui implique des conditions climatiques optimales. Je descends à un volume de bouillie de 50 litres par hectare pour traiter 60 à 80 hectares. Cela permet de couvrir davantage de surface avec une même cuve (gain de temps, de carburant), tout en conservant une bonne qualité d’application.
Réalisé avec des buses adaptées (petits calibres), c’est un levier que j’utilise pour mettre la bonne quantité de produit exactement là où il faut, au bon moment, avec un maximum d’impact sur la cible. Je peux ainsi diminuer de quelques pourcents les doses de produits à l’hectare.
La décision d’intervenir de nuit dépend de l’urgence du traitement et des informations fournies par les stations météo. J’en ai une sur l’exploitation et j’ai accès aux données d’une quinzaine de stations partagées avec des collègues. L’idée est d’attendre l’heure où les conditions seront optimales pour maximiser l’efficacité des produits phytosanitaires. L’heure précise de sortie du pulvérisateur dépend aussi des surfaces à traiter. Plus j’ai d’hectares à faire, plus je commence tôt, dès minuit ou 1 heure du matin. Mon objectif est toujours d’avoir terminé avant 9 heures ou 9 h30, quand les conditions commencent à se dégrader.
Mon pulvérisateur est équipé de deux phares qui éclairent la rampe à droite et à gauche. C’est le minimum indispensable pour travailler correctement de nuit. Je commence la préparation de la bouillie en soirée. Je remplis la cuve avec 1 000 litres d’eau et du sulfate d’ammoniac, afin de laisser le temps à l’eau de s’acidifier. Puis dans la nuit, juste avant le traitement, j’incorpore le ou les produits. Tous peuvent être appliqués de nuit, mais les fongicides et les produits systémiques sont particulièrement adaptés car très sensibles aux conditions d’hygrométrie.
Pulvériser de nuit est devenu une habitude, ce n’est pas une contrainte, et je me repère facilement dans mes parcelles. Il est simplement dommage que cela puisse susciter la méfiance de certains riverains, alors que c’est justement un moyen de limiter les risques de dérive. »