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Moisson 2024 : entre 50 000 et 100 000 € de manque à gagner par exploitation en 2024 d’après l’AGPB

L’association générale des producteurs de blé (AGPB) a dressé un bilan des moissons 2024. Les chiffres ne sont pas bons pour les céréaliers pénalisés par les rendements en forte baisse, les prix bas et des charges qui restent élevées. Les représentants des producteurs attendent des mesures conjoncturelles et structurelles.

grain de blé, stockage de blé
Le rendement moyen en blé tendre s'élève à 62 q/ha en 2024, en recul de 17 % par rapport à 2023.
© Being Organic in EU

Les chiffres de la moisson 2024 laissent les représentants des céréaliers dans l’inquiétude pour l’avenir de la filière. Éric Thirouin, président de l’association générale des producteurs de blé (AGPB), s’est montré alarmiste à l’occasion de la conférence de presse organisée par l’association spécialisée de la FNSEA le 5 septembre.

La production de blé tendre 2024 en recul de 26 % par rapport à 2023

Avec une récolte de blé tendre estimé par l’AGPB à 25,98 millions de tonnes (Mt), la production est en recul de 26 % par rapport à 2023. Les rendements s’établissent à 62 q/ha (- 17 % par rapport à 2023). « Entre le recul des surfaces et la baisse des rendements, c’est la production la plus faible depuis 40 ans », signale Éric Thirouin.

L’effet ciseau pour la deuxième année consécutive pour les céréaliers

En 2023, pour de nombreux producteurs, la courbe des prix et celle des coûts de production se sont déjà croisées défavorablement. Rebelote cette année avec un écart qui se creuse un peu plus. D’après les chiffres de l’AGPB, le manque à gagner pourrait s’élever entre 50 000 et 100 000 € par exploitation. Le syndicat table sur un coût de revient du blé tendre à 264 €/t et un prix payé à l’agriculteur à 175 €/t, soit une perte de 550 € par hectare pour une ferme céréalière moyenne de 130-150 ha.

Au total, cela représenterait une perte de 3 milliards d’euros pour la filière. « Une telle situation deux années de suite va mettre la trésorerie de nombreuses exploitations dans le rouge, prévient Éric Thirouin. Ce contexte économique très critique menace la pérennité de la filière, il y a urgence à agir ».

L’AGPB demande un accompagnement des pouvoirs publics

Face aux difficultés de trésorerie rencontrées par certaines exploitations pour amorcer la prochaine campagne, l’AGPB demande la mise en œuvre de prêts garantis par l’État (PGE) à l’image de ceux accordés durant la période covid. Si le dégrèvement de la taxe foncière sur le foncier non bâti (TFNB) a été accordé, les représentants des producteurs réclament aussi une exonération de 50 % lors de la réintégration de la déduction pour épargne de précaution (DEP) ou encore des aménagements concernant les annuités bancaires et les cotisations sociales.

Les surfaces de céréales reculent de 1 million d’hectares en 10 ans

Au-delà de ces mesures conjoncturelles, l’AGPB s’alarme d’une tendance lourde constatée dans la filière grandes cultures. « Depuis 10 ans, on constate une baisse tendancielle des rendements et des surfaces avec un million d’hectares de céréales en moins, avance Éric Thirouin. En cause, la récurrence des aléas climatiques, mais pas seulement. Le responsable dénonce « les contraintes réglementaires et les interdictions qui fragilisent les moyens de production et découragent les producteurs ».

Il en veut pour preuve les résultats de l’enquête menée par l’AGPB auprès des producteurs qui placent à 48 % « les impasses techniques et agronomiques liées aux réglementations » en tête de leurs préoccupations pour la campagne 2024-2025. L’élu regrette le manque de vision pour l’agriculture française et « attend un signal fort de la part des pouvoirs publics pour construire une politique agricole cohérente ».

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