Glyphosate : « Pour des questions environnementales avant tout, je remplace l’herbicide par des passages de vibroculteur avant semis sur mon exploitation dans la Meuse »
Agriculteur à Couvertpuis (Meuse), Sébastien Legrand utilise le glyphosate comme une solution de secours quand les conditions ne permettent pas une destruction mécanique des adventices à l'interculture.
Agriculteur à Couvertpuis (Meuse), Sébastien Legrand utilise le glyphosate comme une solution de secours quand les conditions ne permettent pas une destruction mécanique des adventices à l'interculture.
« J’essaie de ne pas utiliser de glyphosate dans la mesure du possible pour des questions environnementales. Avant le semis d’automne, il est très rare d’y avoir recours : je remplace cet herbicide par un déchaumage avec un ou deux passages de vibroculteur travaillant le sol à 6-7 cm de profondeur. Cela permet de supprimer les repousses de culture et les levées d’adventices. Mais il faut une période de sec sans pluie quelques jours après cette destruction mécanique pour éviter le repiquage des plantes. À l’automne, il est courant d’avoir ces conditions. En septembre, quelques jours à 25 °C suffisent à réunir ces conditions. Mais s’il y a des pluies et qu’un déchaumage ne suffit pas à supprimer les mauvaises herbes, je traite au glyphosate (1,3 L/ha d’un produit à 360 g/L), le semis de blé s’effectuant entre le 25 septembre et le 15 octobre.
Au printemps, si les adventices ne sont pas trop développées et que les conditions sont bonnes, je fais un passage de vibroculteur une semaine avant le semis d’une culture, entre le 25 février et le 15 mars. Le vibroculteur (Kockerling) n’est pas un outil trop « tirant » et je travaille 5 à 6 hectares à l’heure avec une largeur de travail de 7 m. Avant cela à l’interculture, des déchaumages avant et après la destruction du couvert limitent le développement des adventices. Mes couverts d’interculture sont détruits mécaniquement fin octobre à début novembre avec un broyeur puis un passage d’outil à dents (Kockerling Trio) ou à disque (Horsch Joker) si le terrain est gras.
En effectuant plus de passages que des agriculteurs utilisant du glyphosate régulièrement, il n’est pas forcément rentable de remplacer le glyphosate par du déchaumage. Mon choix n’est pas économique mais environnemental. J’ai intégré le groupe Ecophyto de fermes Dephy suivi par la chambre d’agriculture de la Meuse il y a une dizaine d’années pour m’aider à réduire l’usage de produits phyto. L’IFT hors herbicide a bien baissé mais pas celui herbicide (hormis pour le glyphosate). En culture, j’évite de prendre trop de risque sur le contrôle des adventices. »