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Des organismes qui veulent du bien au sol

Bactéries, champignons, nématodes et vers de terre ont été retenus comme des indicateurs pertinents de la vie du sol. Pour de bonnes raisons.

Les lombrics brassent la matière organique dans le sol. © C. Gloria
Les lombrics brassent la matière organique dans le sol.
© C. Gloria

Non, les bactéries, champignons et autres nématodes du sol ne sont pas tous des organismes pathogènes ou ravageurs des plantes. Loin s’en faut : les « nuisibles » ne représentent qu’une petite minorité de ces organismes. Les bactéries et champignons sont les principaux contributeurs à la minéralisation de la matière organique pour libérer les éléments nutritifs pour les plantes : azote, phosphore, potassium, soufre… Ils agissent aussi en dégradant des polluants comme les pesticides.

Les microorganismes participent à la structuration du sol via l’action physique des filaments mycéliens ou en produisant des molécules organiques contribuant à la cohésion du sol. Par leur quantité, ils entrent en compétition avec des pathogènes des plantes pour en limiter la prolifération. « Quand on perd de la biomasse microbienne, la minéralisation de la matière organique diminue, il y a une perte de stabilité structurale et une augmentation du temps de survie des pathogènes dans le sol », affirme Chloé Dusacre, de l’Observatoire français des sols vivants.

L’impact du labour sur l’équilibre bactéries/champignons

Certaines bactéries sont fixatrices d’azote atmosphérique tandis que des champignons permettent à des plantes de mieux assimiler le phosphore au travers de symbioses avec les racines (mycorhizes).

Les champignons sont pratiquement les seuls êtres vivants capables de dégrader la lignine, un des principaux composés des résidus de culture. Il est important d’avoir un bon équilibre entre bactéries et champignons. Un labour a tendance à réduire la part des champignons en détruisant leur habitat mais augmente la diversité des bactéries. Un non-travail du sol associé à une couverture végétale augmente la quantité de ces microorganismes.

Les nématodes sont des petits vers, le plus souvent invisibles à l’œil nu. Leur présence est insoupçonnée dans le sol. Elle est pourtant importante avec de l’ordre d’un million par mètre carré (pour un milliard/m2 pour les bactéries et champignons). Ils jouent un rôle clé dans la chaîne trophique avec des espèces phytophages, bactérivores, fongivores, carnivores et omnivores. La présence de telle ou telle espèce renseigne bien sur le fonctionnement global du sol. Une quantité massive de nématodes phytophages indique un déséquilibre dans le sol qui peut provenir d’une pratique culturale. Une abondance et une diversité de toutes les sortes de nématodes assureront une autorégulation et un état d’équilibre dans le sol.

Les vers de terre (lombrics) sont très connus. « Ils sont facilement observables : c’est un avantage de cet indicateur de qualité du sol, relève Chloé Dusacre. On les appelle souvent les ingénieurs des écosystèmes. » Ils fragmentent et incorporent la matière organique, la brassent pour former des agrégats stables. La porosité créée par leurs galeries aère la terre et améliore l’infiltration de l’eau. Ils stimulent l’activité des microorganismes car c’est dans les galeries de vers de terre que l’on trouve le plus de biomasse microbienne. On distingue trois grands groupes selon leurs déplacements et installations dans les différentes couches du sol : les anéciques, les épigés et les endogés. Le travail du sol perturbe leur action. L’observatoire participatif des vers de terre (OPVT) apporte de multiples informations sur ces lombrics.

D’autres organismes existent dans le sol mais la prise en compte des bactéries, champignons, nématodes et lombrics donne une bonne image de la qualité biologique d’un sol, d’autant que des protocoles éprouvés mesurent de façon fiable leur présence.

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