Aller au contenu principal
Font Size

Coronavirus : la filière pommes de terre sur le qui-vive

Fini les frites au restaurant : le confinement lié au Covid 19 fait s'effondrer la demande de pommes de terre pour l'industrie, où des lignes de fabrication commencent à fermer. La forte hausse des commandes de la part des grandes surfaces ne compensera pas forcément ces pertes.

Les livraisons de pommes de terre vers la restauration hors domicile sont à l’arrêt depuis le 12 mars mais les ventes vers la grande distribution ont explosé.
© V. Marmuse

Les restrictions liées au Covid-19 bouleversent aussi les marchés de la pommes de terre. Les livraisons de pommes de terre brutes et transformées vers la restauration hors domicile (RHD) sont à l’arrêt depuis le 12 mars mais les ventes vers la grande distribution ont explosé, en particulier le 16 mars, jour de l’annonce du confinement. « Nos ventes ont été multiplié par huit entre lundi et mardi alors qu’elles étaient déjà très fortes » témoigne un producteur normand, assailli d’appels. « Les consommateurs ont fait des stocks, d’autant plus que maintenant, ils ne mangent plus à la cantine mais bien à la maison. » Malgré ces comportements, la consommation globale devrait baisser. « Les Français mangent plus de frites au restaurant qu’à la maison », indique Bertrand Ouillon, de l’UNPT. Si la peur de manquer et le souci de faire du stock avant le confinement ont dopé les ventes, le phénomène devrait s’estomper « d’ici à trois jours » : quand rester chez soi sera (presque) devenu la routine.

Face à la situation, les industriels devraient très rapidement faire évoluer des lignes de production dédiées à la RHD pour massifier l’offre à destination des grandes et moyennes surfaces. Avec la baisse du flux logistique, d’autres problèmes se précisent : en Belgique comme en France, les hangars en froid négatif sont bientôt pleins et pourraient rapidement fermer. « On signale les premières fermetures de lignes de fabrication en Belgique et en France », indique Bertrand Ouillon. Dès à présent, les enlèvements de lots en fermes sont stoppés. Reste à voir comment évoluera la qualité de ces lots dans les semaines à venir, alors que le conservateur CIPC est désormais interdit.

Retarder la plantation des variétés hâtives

Pour la prochaine campagne, le CNIPT recommande aux producteurs de retarder la plantation des variétés hâtives. « Lorsque les usines de transformation redémarreront, elles transformeront en priorité les pommes de terre en stock », explique Florence Rossillion, du CNIPT. En décalant les plantations de variétés hâtives de 15 jours, la filière espère limiter les pertes et les perturbations. Depuis dix jours, les prix sur le marché libre enregistrent une forte baisse. En France, 20% des volumes ne sont pas contractualisés. 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

Récolte dans le nord de l'Eure-et-Loir. Le rendement national moyen de blé tendre est estimé à 6,83 t/ha par le cabinet Agritel, en baisse de près de 8 % par rapport à la moyenne olympique. © G. Omnès
Moisson 2020 : une récolte de blé française sous les 30 millions de tonnes
Les spécialistes du marché des céréales continuent de réviser leurs chiffres de récolte de blé tendre à la baisse. La production…
La collecte chute de 20 % en blé tendre et en orge d'hiver par rapport à la moyenne décennale à la coopérative Ile-de-France Sud. © Gutner archives
Moisson 2020 : le grand écart du rendement en Ile-de-France comme ailleurs
La récolte des orges d’hiver, colza et blé tendre a rendu son verdict en Ile-de-France : des résultats très hétérogènes avec…
Pour la CGB, la propagation du virus de la jaunisse ampute la production française de sucre de 600 000 à 800 000 tonnes. © CGB
Crise de la betterave: les élus régionaux montent au créneau
L’impact de l’épidémie de jaunisse sur betterave s’amplifie devant l’absence de solution technique autorisée. Les Régions…
Nouveau silo de Biocer dans l'Eure. Avec une collecte qui double tous les cinq ans, les organismes économiques doivent adapter leur infrastructure de stockage et de tri. © Biocer
Agriculture biologique : les céréales bio face au défi de la massification
La dynamique de croissance forte et régulière enclenchée depuis trois ans pour les céréales bio confronte la filière à de…
Moisson de blé en Eure-et-Loir
Moisson 2020 : des rendements dans le rouge pour une année noire en grandes cultures
Très mauvaise donne cette année pour les grandes cultures en France, avec une baisse généralisée des productions. Les céréales d’…
Aymeric et Margot Ferté, Gilles Lancelin, Romaric Paucellier : trois expériences du bio en grandes cultures. © DR/C. Baudart
Bio en grandes cultures : la nouvelle génération de convertis bouge les lignes
Une exploitation de grandes cultures qui passe en bio ? C’est désormais banal. Partout, des conversions s’engagent, souvent par…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
Moins de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures