Colza : quels critères variétaux choisir pour limiter les dégâts climatiques ?
Face à la recrudescence des aléas climatiques, certains critères variétaux du colza permettent de sécuriser la culture en limitant les risques aux stades clés, de l’automne à la fin de cycle.
Face à la recrudescence des aléas climatiques, certains critères variétaux du colza permettent de sécuriser la culture en limitant les risques aux stades clés, de l’automne à la fin de cycle.
Si les épisodes de froid sont plus rares, ils peuvent encore survenir et parfois de façon plus intense. Le colza est globalement une espèce assez rustique (résiste jusqu’à -17 °C), mais certains caractères peuvent contribuer à sécuriser la culture. Un développement automnal équilibré, associé à un port en rosette bien plaqué au sol, permet de maintenir le bourgeon apical proche du sol, ce qui limite les risques en cas de gel. À l’inverse, lorsque la tige s’allonge trop à l’automne, celui-ci devient plus exposé.
François Jansseune, chef produit colza chez LG France, rappelle aussi que certains dégâts peuvent être accentués lorsque les plantes sont fragilisées, « notamment en présence de galeries de larves d’altises ». Il ajoute qu'« un colza poussant et précoce en reprise de végétation sera plus sensible au froid et à un gel tardif, mais aussi plus résistant aux altises. Il faut trouver un juste compromis. Le graal est de produire de la biomasse sans être trop précoce en reprise sortie hiver ».
La floraison, période critique
Au printemps, s’il faut éviter les variétés trop précoces à floraison dans les secteurs gélifs, dans les régions méridionales un épisode de chaleur pendant la floraison peut perturber la fécondation en réduisant la viabilité du pollen et la formation des siliques. « Les variétés capables de produire une biomasse importante et de nombreuses ramifications disposent d’une meilleure capacité de compensation si une partie des fleurs avorte », indique Arnaud Van Boxsom de Terres Inovia. La précocité et la durée de floraison peuvent aussi jouer un rôle en permettant d’éviter ou de mieux répartir les effets d’un pic de chaleur. « Le meilleur compromis est de varier les précocités à floraison sur l’exploitation, mais il faut avoir de la surface et cela complexifie le passage des fongicides », énonce François Jeansseune.
Enfin, il faudra éviter des variétés tardives à maturité dans les sols à faible réserve en eau en raison des risques de mauvais remplissage des graines. Mais face à des fins de cycle sèches et chaudes, Arnaud Nogues, chef marché colza chez KWS Maïs France, évoque « l’instinct de survie » du colza. « En cas de stress hydrique, la plante va se vidanger jusqu’au bout pour assurer le développement de ses graines et sa reproduction. Même des variétés à gros PMG ne sont pas impactées, contrairement à ce qu’on pourrait penser. »