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Ces cancers que l’on retrouve plus fréquemment chez les agriculteurs

Les agriculteurs développent des lymphomes et des mélanomes, mais pas uniquement. Les derniers résultats de la cohorte Agrican identifient 6 types de cancers retrouvés plus fréquemment chez les adhérents MSA et mettent en évidence des liens avec l’utilisation de certaines matières actives.

Les données Agrican mettent en évidence un risque très accru de myélomes multiples chez les producteurs de pommes de terre. © S. Leitenberger
Les données Agrican mettent en évidence un risque très accru de myélomes multiples chez les producteurs de pommes de terre.
© S. Leitenberger

Les agriculteurs développent six cancers plus fréquemment que la population générale. C’est le constat dressé par les chercheurs de l’équipe Agrican et développé dans le troisième bulletin de la cohorte Agrican. Les chercheurs s’appuient sur les cancers diagnostiqués chez des adhérents à la MSA entre 2005 et 2015. La cohorte Agrican est la plus grande étude au monde conduite sur les cancers en milieu professionnel agricole, réalisée par des chercheurs du Centre François Baclesse à Caen et de l’Université de Bordeaux.

Des cancers spécifiques à certaines cultures

Parmi les 43 cancers étudiés, le plus fréquent est le cancer de la prostate (+3 % chez les hommes par rapport à la population générale). C’est aussi le plus fréquent dans l’ensemble de la population. Les lymphomes non-hodgkiniens constituent chez les hommes les seconds types de cancers les plus fréquents de la cohorte (+9 %), suivi par les lymphomes plasmocytaires (+49 % chez les hommes et +58 % chez les femmes) et les mélanomes cutanés (+29 % chez les femmes). Le cancer des lèvres est peu fréquent mais semble spécifique au monde agricole (+55 % chez les hommes).

Plus inquiétant, les dernières données collectées mettent en évidence un lien entre certains cancers et certaines productions. Les producteurs de pommes de terre présenteraient ainsi un risque accru de 70 % face aux myélomes multiples, comparé à la population générale. Les maïsiculteurs seraient eux plus exposés aux leucémies lymphoïdes.

Les analyses montrent par ailleurs une association entre les tumeurs du système nerveux central et les cultures de tournesol, de betteraves et de pommes de terre. Les carbamates, et en particulier le chlorprophame (CIPC), sont clairement suspects.

Les auteurs de l’étude mettent également en évidence que les utilisateurs de pesticides avaient - en moyenne - deux fois plus de risque de développer une tumeur du système nerveux central que les autres participants de la cohorte. Des éléments qui confirment la nécessité d’utiliser toutes les protections disponibles lors de la manipulation et l’emploi des produits phytosanitaires, y compris durant la pulvérisation.

Lien avéré entre pesticides et Parkinson

Les résultats d’Agrican confirment également le lien entre maladies de Parkinson et 16 matières actives. « Les scientifiques s’accordent sur une augmentation du risque de maladie de Parkinson chez les personnes exposées aux pesticides entre 50 % et 100 % », rappellent les auteurs. Les matières actives incriminées - dithiocarbamates, roténone, paraquat et diquat - sont aujourd’hui interdites. Des données troublantes : la roténone était homologuée en AB.

Plus réconfortant, l’étude montre également que 14 cancers sont retrouvés moins fréquemment chez les agriculteurs et agricultrices. Il s’agit en particulier des cancers du poumon, du pharynx, et de l’anus.Cette bonne nouvelle est liée à de meilleures habitudes de vie. Par exemple, les agriculteurs mangent en général moins de produits transformés et fument moins. Une hygiène de vie qui peut également expliquer une mortalité, toutes causes confondues, inférieure de 25 % à celle de la population générale.

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