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Betterave : les planteurs s’inquiètent de leur avenir malgré une bonne récolte 2025

La confédération générale des planteurs de betteraves a fait part de ses fortes inquiétudes pour l’avenir de la production française et européenne. La récolte 2025 est bonne mais pour le syndicat de nombreuses menaces planent sur la production.

<em class="placeholder">Vidage d&#039;une remorque sur le silo de betteraves sucrières lors de la récolte en octobre 2025 en Seine-et-Marne</em>
Malgré des rendements moyens très satisfaisants en betterave sucrière à 91 t/ha à 16°, certains secteurs de Champagne et de Seine-et-Marne enregistrent de moins bons résultats, autour de 80 t/ha, à cause de la jaunisse.
© V. Charpenet

La bonne récolte de la campagne 2025-2026 ne suffit pas à calmer les inquiétudes de la filière betterave-sucre. « Le climat est morose », rapporte Franck Sander, président de la confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) le 3 décembre lors d’une conférence de presse. Pourtant, c’est la première fois depuis 7 ans que les rendements repartent à la hausse. La récolte n’est pas terminée mais au 3 décembre, ils atteignent 91 t/ha à 16° (80 t/ha en 2024-2025) pour une production de 36 millions de tonnes de betteraves (396 000 ha, soit -3,4 % par rapport à l’an dernier). « Le potentiel est bon malgré de très fortes hétérogénéités dans certains secteurs touchés par la jaunisse comme la Champagne et la Seine-et-Marne », indique Franck Sander.

Cette bonne nouvelle du côté de la récolte semble un maigre motif de réjouissance pour les producteurs au vu des nombreuses menaces qui pèsent sur la filière betterave-sucre française et européenne.

Des coûts de production en hausse de 32 % en 5 ans et une rémunération en baisse

À l’image des céréaliers, les betteraviers (également cultivateurs de céréales) sont confrontés à une hausse des charges de 32 % en cinq ans (2 900 €/ha pour la campagne 2025-2026) et à une baisse des prix. Selon les industriels, la rémunération de la betterave est annoncée entre 30 et 35 €/t, contre 39,5 €/t en 2024 et 50 €/t en 2023. En cause : la chute des prix du sucre (- 30 % en un an) liée à une offre abondante mais aussi aux marchés mondiaux spéculatifs auxquels sont confrontés les betteraviers depuis la fin de quotas. « Avec des cours du sucre qui peuvent varier entre 300 et 1200 €/t, la situation n’est pas tenable », considère Franck Sander. Dans ce contexte de volatilité, il déplore la fermeture de six usines en six ans en Europe, dont deux en France (fermeture de l’usine de Souppes-sur-Loing en 2025). La CGB a aussi rappelé la volonté de Saint Louis Sucre d’abaisser ses assolements en France de 25 % en 2026.

La concurrence ukrainienne déstabilise le marché

Pour la CGB, le marché européen est aussi déstabilisé depuis trois ans par l’importation de sucre ukrainien (100 000 tonnes en 2025), qui pèse sur les prix. Le syndicat rappelle que la production ukrainienne a des coûts de production deux fois moins élevés qu’en Europe avec des structures d’exploitations sans commune mesure avec les exploitations familiales françaises.

Les betteraviers s’opposent toujours à l’accord UE-Mercosur

Autre motif d’inquiétude d’ordre commercial : l’accord UE-Mercosur. Sur ce point, le syndicat reste fidèle à sa ligne : il s’oppose fermement à l’accord qui prévoit un quota d’importation sans droits de douane de 190 000 tonnes de sucre, soit l’équivalent de la production française de bioéthanol et d’alcool de betterave. Pour le syndicat, les clauses de sauvegarde envisagées pour protéger le marché européen sont « inopérantes » car elles ne seraient que rarement, voire jamais, déclenchées à cause de seuils inadaptés. Sur les mesures miroirs concernant l’utilisation des produits phytos, la CGB affiche également son scepticisme : « L’absence de résidus dans le sucre et l’éthanol ne veut pas dire absence de dumping environnemental », considère Franck Sander.

Rétablir un prix d’intervention à 585 euros la tonne

Face à ces menaces, la CGB demande la mise en place de mesures de gestion de marché efficaces au niveau européen. Elle demande notamment le rehaussement du prix d’intervention de 404 €/t (seuil fixé en 2006) à 585 €/t (corrigé de l’inflation) pour déclencher les mesures de gestion en cas de crise sur les marchés. La CGB demande également à ce que soient améliorés les outils existants pour gérer les marchés (réserve de crise européenne, stockage privé, gestion du surplus en transférant du sucre vers l’éthanol…). Pour la CGB, il serait également nécessaire « d’oser suspendre les exportations si elles instaurent un niveau de prix mettant à risque les opérateurs européens ».

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