Aller au contenu principal

[Auxiliaire] Les chrysopes, prédateurs redoutables des pucerons

Une larve de chrysope consomme des centaines de pucerons durant son existence. Les chrysopes sont des alliées très utiles aux cultures, à partir de la fin du printemps.

Les adultes de chrysope sont de couleur vert pomme mais peuvent prendre une teinte brunâtre à l'automne.
Les adultes de chrysope sont de couleur vert pomme mais peuvent prendre une teinte brunâtre à l'automne.
© Arvalis

Reconnaître les larves prédatrices et les adultes de chrysopes

Au début de l’automne, de délicats insectes de couleur vert pomme pénètrent dans les habitations pour y passer l’hiver. Ils font 2 centimètres de long, ont les yeux dorés et les ailes finement nervurées comme de la dentelle. Ce sont les adultes de chrysopes (genre Chrysoperla). Les larves de ces insectes névroptères sont des prédateurs de pucerons particulièrement voraces. On les surnomme « lions des pucerons ».

Ces larves sont munies de trois paires de pattes et présentent un corps allongé (1 cm de long au dernier stade) avec des tubercules et soies sur les côtés de chaque segment du thorax et de l’abdomen. Ces larves arborent une paire de mandibules en forme de longs crochets leur servant à saisir les pucerons, les transpercer et ingurgiter le contenu grâce à une salive qui liquéfie les tissus intérieurs de leurs proies ! Les œufs de chrysopes sont facilement reconnaissables également : on les trouve sous les feuilles, reliés par un long pédoncule.

 
La larve de chrysope (ayant capturé une chenille ici) a l'apparence d'un crocodile en miniature.
La larve de chrysope (ayant capturé une chenille ici) a l'apparence d'un crocodile en miniature. © R. Rouzes/Entomo Remedium

 

Des moyens de préserver les chrysopes

Parcellaire : les haies et les bandes enherbées (fleuries) constituent le gîte et le couvert pour les adultes de chrysopes. On privilégiera les essences dans les haies et les espèces dans les bandes enherbées fleurissant précocement au printemps pour fournir nectar et pollen aux adultes avant les pontes en avril et l’éclosion des larves en mai. Les adultes sont actifs surtout en fin de journée, voire la nuit. En conséquence, les fleurs ouvertes le soir comme celles de bleuet ou de carotte leur sont favorables.

Pratiques culturales : les traitements insecticides ont un impact sur les populations d’insectes auxiliaires dont les chrysopes. Certains produits peuvent se montrer sélectifs de ces chrysopes. Malgré tout, il faudra veiller à limiter voire abandonner les traitements lors de la forte activité des larves, entre mai et septembre. Certaines huiles utilisées lors de traitements sont également connues pour avoir un effet néfaste sur les œufs.

Lutte biologique : des larves de chrysopes sont vendues dans le commerce (jardineries). Leur utilisation peut être efficace dans un espace limité (jardins, serres) mais elle n’est guère transposable en situation de parcelles de grandes cultures. Mieux vaut agir sur l’environnement de celles-ci pour favoriser les auxiliaires.

 
Les mandibules ont la forme de longs crochets chez la larve.
Les mandibules ont la forme de longs crochets chez la larve. © R. Rouzes/Entomo Remedium

 

Cinq points clés sur les chrysopes

Une cinquantaine d’espèces de chrysopes existent en France dont cinq à dix rencontrées sur les cultures. Les deux principales sont Chrysoperla carnea, au nord de la Loire, et Chrysoperla lucasina, au sud.

Jusqu’à 30 pucerons par jour et 500 durant son développement : les larves de chrysope sont des prédatrices hors pair, ingurgitant d’autres espèces comme des acariens. On les rencontre à partir du mois de mai. Leur activité est intense entre juin et septembre.

Une femelle pond jusqu’à 40 œufs par jour quand elle est bien alimentée et 800 durant sa vie. Les adultes se nourrissent de nectar et de pollen, d’où l’importance des plantes fleuries à proximité des parcelles.

Betteraves, pommes de terre, maïs, légumineuses… les chrysopes montrent leur efficacité surtout dans les cultures d’été, moins sur les colza et céréales d’hiver.

Deux à cinq générations d’individus se succèdent sur une année. Les chrysopes hivernent à l’état adulte dans les sous-bois, les habitations…

Sources : Acta, Arvalis, Agroscope.
 
Les œufs de chrysope pendent au bout de longs pédicelles.
Les œufs de chrysope pendent au bout de longs pédicelles. © Arvalis

 

Les plus lus

<em class="placeholder">épi de blé</em>
Cadmium : les teneurs mesurées en céréales et pommes de terre sont dans les normes et stables depuis 15 ans

La présence du cadmium dans l’alimentation fait l’objet d’une surveillance rapprochée par les filières céréales et pommes de…

<em class="placeholder">Vue aérienne d&#039;une ferme ayant plusieurs bâtiments agricoles non contigus</em>
Pas de permis de construire sans régularisation des anciens bâtiments agricoles

L’obtention d’un permis de construire peut être bloquée en présence d’une construction irrégulière dans le même ensemble…

<em class="placeholder">Thomas Charruault, multiplicateur de luzerne porte-graine dans les Deux-Sèvres (Airvault)</em>
Deux-Sèvres : « Dans mes terres séchantes, j’ai implanté de la luzerne porte-graine pour gérer une problématique de ray-grass résistant »

Depuis 2023, Thomas Charruault s’est lancé dans la multiplication de luzerne porte-graine à Airvault, dans les Deux-…

<em class="placeholder">Le nettoyage de la barre de coupe est un préalable pour éliminer tout résidus de récolte : menues pailles avec les graines d&#039;adventices et de céréales.</em>
Moisson 2026 : comment bien nettoyer sa moissonneuse-batteuse entre deux chantiers de récolte pour ne pas propager les graines d’adventices ?

Cela prend une demi-heure : le nettoyage de la moissonneuse-batteuse entre deux récoltes fait partie des leviers de lutte…

<em class="placeholder">Pieds de maïs touché par la Geomyze.</em>
Géomyze sur maïs : que faire en cas d’attaques dans l’Ouest ?

La période de froid qui a stoppé la croissance des maïs a créé les conditions idéales pour la géomyze, une mouche qui s’…

<em class="placeholder">Alexis Bouchard, agriculteur à Digny (Eure-et-Loir),&quot;je privilégie l’utilisation d’engrais simples de type P38. Les apports sont quasi systématiques sur betterave, ...</em>
Phosphore : « Je privilégie l’utilisation d’engrais simples pour répondre au juste besoin de mes cultures en Eure-et-Loir »

Exploitant 200 hectares à Digny (Eure-et-Loir), Alexis Bouchard raisonne ses apports de phosphore sur ses cultures avec l'aide…

Publicité
Titre
VENTE FLASH
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[VENTE FLASH] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures