Aller au contenu principal

Aléas climatiques : 60 % des surfaces de semences à risque fort ou extrême d’ici 2050

Semae a confié une étude à Axa climate pour anticiper les effets du réchauffement climatique sur la production de semences agricoles et maraîchères française d’ici à 2030 et 2050.

mai 2022. Culture d'orge de printemps pénalisée par un temps sec dans le sud Seine-et-Marne
© G. Omnès

Dans quelle mesure le réchauffement climatique menace la production de semences françaises ? C’est pour répondre à cette question cruciale pour le premier pays européen exportateur de semences que Semae, l’interprofession des semences et plants, a fait appel à Axa climate pour réaliser une étude. « Pour orienter la sélection variétale, les semenciers vont devoir intégrer les évolutions climatiques », avance Franck Prunus, directeur des services à la filière chez Semae.

La filiale du groupe d’assurance Axa consacrée à l’adaptation au changement climatique s’est appuyée sur son nouvel outil de prospective climatique Altitude pour réaliser ce travail.

Une augmentation moyenne du risque d’aléas climatiques de 13 % d’ici 2030

Que montrent les calculs d’Axa climate ? Sans grande surprise, la grande majorité des cultures verra ses conditions de production détériorées dans toutes les zones de production. « Le sud de la France sera particulièrement touché du fait de la hausse des températures et du risque de sécheresse en printemps et en été », précisent les deux organismes dans un communiqué commun.

Il ressort de l’étude que le niveau moyen de risque, tous risques confondus en lien avec un manque d’eau, des températures élevées ou du gel) pour les productions de semences, va augmenter de 13 % en France d’ici 2030 et de 19 % d’ici 2050.

En outre, 60 % des 380 000 hectares actuellement dédiés à la production de semences seraient soumis à un risque fort ou extrême de survenue d’aléas climatiques d’ici 2050, contre 27 % aujourd’hui, si rien ne change.

10 % des surfaces de semences présenteraient un tel niveau de risque qu’elles ne pourraient plus être cultivées avec les mêmes espèces qu’actuellement en 2050.

Des indicateurs de vulnérabilité aux aléas climatiques pour chaque culture

« L’étude a mobilisé des scientifiques et des experts de la filière semencière », explique Vincent Marchal, responsable de la transition agricole chez Axa climate. Ils se sont basés sur les données du Giec pour élaborer des indicateurs de vulnérabilité, propres à chaque filière et stade de développement des cultures.

Les calculs de risque ne prennent toutefois pas en compte les probables évolutions des pratiques agricoles, des réglementations, des stress biotiques (maladies, ravageurs)… « L’objectif est d’utiliser ces données pour atténuer le risque », avance Franck Prunus.

L’étude montre que « pour toutes les cultures, des stratégies d’adaptation spécifiques devront être prises : choix de variétés plus résilientes, décalage des dates de semis, amélioration de la qualité des sols, optimisation de l’irrigation… »

Les plus lus

Semis direct de maïs précoce après un premier semis qui n a pas levé en raison de mauvaises conditions climatiques et des dégâts d'animaux nuisibles, corbeaux et ...
Semis de printemps : quelles solutions pour remplacer les orges de printemps non semées ?

Après les semis d’automne perturbés par les fortes pluies, la sortie d’hiver et les premiers semis de printemps sont, eux…

L'arrêté abeilles impose de réaliser les traitements de type fongicides sur le colza le soir.
Fongicides sur colza : quelles sont les conditions d'utilisation prévues par l’arrêté abeilles ?

Depuis 2023, l'arrêté abeilles impose le respect d'horaires pour utiliser certains produits phytosanitaires en période de…

Thomas Pointereau, agriculteur à Epieds-en-Beauce (45)  "Contre les volatiles tels que les pigeons, je fais une demande dérogatoire de tirs auprès de la préfecture ou de ...
Dégâts d’oiseau : « Je dépose des tas de grains de pois et de maïs en bordure des champs pour faire diversion »
Agriculteur à Épieds-en-Beauce (Loiret), Thomas Pointereau parvient à contenir les attaques d'oiseaux sur maïs. C'est plus…
Le décalage de semis de maïs ou de tournesol augmente le risque d'attaques importantes de pigeons et corvidés.
Dégâts d’oiseaux : des produits efficaces à venir en traitement de semences
De nouvelles spécialités corvifuges sont en cours de test pour le traitement de semences de maïs et de tournesol, avec parfois…
Fertilisation : Le phosphore fait défaut dans les sols cultivés en France
Fertilisation : Le phosphore fait défaut dans les sols cultivés en France

La situation des sols continue de se dégrader en France sur leur teneur en phosphore. Conséquences : des pertes de…

Marc Moser, agriculteur à Kurtzenhouse (67)"En 2024, j’envisage d’appliquer un anti-dicotylédones à 5-6 feuilles du maïs et/ou une application dirigée de Banvel à ...
Désherbage maïs : « Nous faisons face à l’explosion de datura dans nos parcelles »

Le datura est signalé en Alsace depuis quelques années. Agriculteur à Kurtzenhouse (Bas-Rhin), Marc Moser doit dorénavant…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures