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Adventice : le sorgho d’Alep, une graminée vivace du sud de la France

Graminée estivale, le sorgho d’Alep est bien présent dans la moitié sud de la France. Ses levées annuelles et son caractère vivace compliquent son contrôle.

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La nervure centrale est bien visible et la ligule ciliée chez le sorgho d'Alep
© G. Fried/Anses

Reconnaître le sorgho d'Alep en début de développement

Le sorgho d’Alep est une graminée vivace qui développe des jeunes pousses de son rhizome, mais aussi de ses graines. Au stade 2-3 feuilles, les plantules issues des graines montrent des feuilles longues et étroites qui font penser à une graminée d’hiver de type vulpin. Observable à la loupe, le sorgho d’Alep présente une ligule membraneuse, blanchâtre, sans oreillette et faiblement denticulée, atteignant 1 mm dès la troisième feuille. Au-delà de ce stade, des cils apparaissent au sommet de la ligule. La gaine, arrondie, est souvent colorée de rouge vineux. Limbes et gaines sont glabres.

En terre, des rhizomes apparaissent sous forme de crocs dès la quatrième ou cinquième feuille. Développés, les rhizomes de sorgho d'Alep montrent un diamètre voisin d'un centimètre et sont enchevêtrés. Les pousses provenant de ces rhizomes sont regroupées en touffes épaisses. Les feuilles montrent un bord coupant et sont parcourues par une large nervure blanchâtre et poilue dans la zone ligulaire. Adulte, la plante dépasse 2 mètres avec une tige robuste. Avec une floraison de juillet à septembre, l’inflorescence est une panicule étalée de forme pyramidale.

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© Acta

Comment combattre le sorgho d'Alep ?

Agronomie : La rotation culturale intégrant des cultures d’hiver et particulièrement des brassicacées comme le colza est efficace pour stopper le développement du sorgho d’Alep.

Prophylaxie : En présence de pieds isolés, l’arrachage reste encore le moyen le plus efficace de limiter la propagation de l’espèce (qui prend un caractère invasif à certains endroits).

Destruction mécanique : Contre les vivaces développant des rhizomes, des outils de type déchaumeurs à dents peuvent permettre, lors de l’interculture, de remonter des rhizomes en surface et de les détruire. La condition est de réaliser les passages par temps sec et chaud et de manière répétée pour épuiser les réserves de ces tiges souterraines. Un travail du sol qui sectionne les rhizomes en plusieurs morceaux est à éviter, car ils peuvent produire ensuite autant de pieds que de morceaux et propager l’espèce.

Désherbage chimique : En maïs, Arvalis conseille d’intervenir avec des herbicides sur les repousses d’une quinzaine de centimètres « pour favoriser l’absorption foliaire et laisser la plante puiser dans ses réserves ». Les produits à base de rimsulfuron ou de nicosulfuron en traitements fractionnés montrent des efficacités correctes. La tembotrione a également une action contre cette graminée. Le produit Stratos Ultra est efficace, mais réservé aux variétés de maïs Duo System résistante au cycloxydime.

En tournesol, des antigraminées foliaires (Étamine, Fusilade Max, Stratos Ultra, Targa Max…) montrent des spectres d’efficacité intégrant le sorgho d’Alep. Contre ce type de graminées vivaces, il faut en augmenter la dose dans les limites autorisées. En culture de sorgho malheureusement, il n’existe pas de solution de lutte chimique. Cette culture est donc à éviter dans les parcelles fortement infestées en sorgho d’Alep.

En interculture, l’utilisation de glyphosate permet de limiter l’extension de cette espèce à caractère invasif.

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Les touffes de tiges de sorgho d'Alep sont denses comme ici dans un maïs. © Arvalis
Sources : Arvalis, Acta, Inrae, Terres Inovia, Agroscope

Six points clés sur le sorgho d’Alep

Le sorgho se retrouve en vallée du Rhône, en Bourgogne ou en Alsace en plus de ses bastions méditerranéens et du Sud-Ouest. Le réchauffement climatique cause la progression de cette adventice vers le nord.

Avec des besoins élevés en chaleur et humidité, cette graminée peut abonder sur des sols (plutôt argileux) naturellement humides ou irrigués, dans des cultures annuelles comme le maïs, le sorgho, le tournesol, mais aussi dans les vignes, vergers et cultures maraîchères. La plante affectionne également les bords de route et les friches.

Le travail du sol a tendance à favoriser l’expansion du sorgho d’Alep, en fragmentant le rhizome de la plante produisant autant de pousses potentielles.

Un pied de sorgho d’Alep peut produire plus de 20 000 graines. Les germinations engendrent des levées échelonnées de juin à septembre.

Plusieurs cas de résistance au glyphosate ont été signalés chez cette espèce, mais sur le continent américain. En Europe, des populations résistent aux herbicides inhibiteurs de l’ACCase et de l’ALS (groupes HRAC 1 et 2).

Le sorgho d’Alep ressemble beaucoup au sorgho cultivé avec lequel il peut s’hybrider. Mais chez ce dernier, la panicule est regroupée (lâche chez le sorgho d’Alep).

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Les panicules sont étalées et de forme pyramidale. © G. Fried/Anses

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