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Tomate cerise origine France : première saison pour la barquette souveraine

Face à l’omniprésence des tomates cerises étrangères, des producteurs français ont lancé cette année une contre-offensive avec la barquette de 250 grammes « Oui à la souveraineté alimentaire française » positionnée en entrée de gamme. Retour sur cette première saison.

<em class="placeholder">Barquettes de tomates cerise &quot;Oui ! A la souveraineté alimentaire française&quot;.</em>
Plusieurs organisations de producteurs ont mutualisé leurs forces au sein de l'AOPn Tomates et concombres de France pour lancer une barquette de tomates cerises à 1,29 euro mettant en avant l'origine France.
© C. Gerbod

Pour sauver la filière tomate cerise, occuper l’entrée de gamme n’est plus une option : c’est ce qui ressort de la stratégie de l’AOPn Tomates et concombres de France, association d’organisations de producteurs nationale. Un segment de marché jusque-là laissé aux importations marocaines et sahraouies, en particulier la célèbre barquette de 250 grammes avec sa pastille « 0,99 euro », un prix fixe toute l’année désormais ancré dans l’esprit des consommateurs. Pour regagner des parts de marché, les producteurs tricolores ont mis en place, depuis cette année, la « barquette souveraine », elle aussi de 250 grammes, qui affiche sur son emballage un grand « Oui à la souveraineté alimentaire française » et une bordure tricolore. La barquette contient des tomates cerises rouges, essentiellement rondes bien que les différents acteurs ne s’interdisent pas d’y mettre de l’allongée, en cas de pics de demande par exemple.

 Un prix conseillé à 1,29 euro les 250 grammes

« Nous conseillons aux distributeurs de vendre la barquette souveraine à 1,29 euro, explique Yann Le Cunff, responsable de projet à l’AOPn, donc seulement 0,30 euro plus cher que la barquette marocaine à 0,99 euro. Le problème, c’est que des distributeurs l’ont vendue bien plus chère. » Une photo prise dans un Intermarché, publiée par le journaliste Olivier Dauvers sur LinkedIn fin septembre, résume la problématique. On y voit, côte à côte, des barquettes étiquetées marocaines à 0,99 euro et des barquettes souveraines à 1,95 euro. Le journaliste a dénoncé ici une « surbine » (prix de vente majoré à cause de la marge du vendeur). Avant de mettre en lumière – il faut le mentionner – le soutien d’un magasin de la même enseigne à la barquette souveraine, à travers une offre à 1,90 euro le lot de deux barquettes de 250 grammes et « une mise en avant XXL », quelques jours plus tard, photo à l’appui.

« Faire des marges importantes sur le produit français, ce n’est pas équitable, critique Yann Le Cunff. Or, si la barquette souveraine est vendue au prix conseillé, la marge laissée au distributeur nous semble acceptable. » Heureusement, des GMS ont bien mis la barquette en rayon à 1,29 euro. « Ceux qui ont joué le jeu ont été plus performants, ils en ont vendu davantage », assure le responsable de projet de l’AOPn Tomates et concombres de France.

2 500 à 3 000 tonnes de barquettes souveraines

L’association estime qu’entre 2 500 et 3 000 tonnes de tomates cerises seront vendues via la barquette souveraine d’ici la fin de la saison 2025. Lidl, Auchan et Intermarché l’ont référencée. E.Leclerc et Coopérative U aussi, mais sur de très faibles volumes. L’objectif des promoteurs de la barquette est donc de convaincre les autres enseignes, et de booster les volumes chez celles qui sont déjà partenaires.

Alors que des producteurs français s’interrogent sur les risques à s’entêter sur la voie de la tomate cerise, face à une telle concurrence étrangère, la barquette souveraine se présente comme une raison d’espérer. « Pour les producteurs, elle permet aussi un prix contractualisé sur l’année, argumente Yann Le Cunff. C’est un gage de stabilité, alors qu’en tomate les prix sont hypervolatils. »

Réduire les surfaces n’est pas envisagé comme une solution, à l’échelle de la filière, d’autant que cela pourrait déstabiliser le marché, si les producteurs de tomates cerises se reportent sur d’autres segments. « Il faut continuer à se battre », assène ainsi Pierre-Yves Jestin, président de la coopérative Savéol et qui s’inscrit dans la démarche aux côtés de Rougeline, Solarenn, Océane, Ydeal ou encore Kultive.

Une barquette française à 0,99 euro

Prince de Bretagne a de son côté lancé une barquette de 200 grammes à 0,99 euro. « Nous avons travaillé avec l’expéditeur sur une tomate cerise ronde pour avoir une offre française sur un produit de qualité et adapté à un besoin », expose Yannick Rannou, directeur commercial de Prince de Bretagne. Il se dit satisfait tout en soulignant que la saison n’est pas encore finie. « Je vois que ça a permis de relancer un segment qui était complexe », esquisse-t-il. Pour Flora Boulinguez, directrice marketing & communication, « la distribution a joué le jeu ».

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