Aller au contenu principal

Sécheresse : le ministre de l’Agriculture annonce des mesures de soutien aux agriculteurs en difficulté

Le 14 août, à l’occasion d’un déplacement dans le Sud-Ouest, Julien Denormandie a présenté plusieurs mesures d’aides financières et agronomiques aux exploitations agricoles touchées par la sécheresse. Il plaide aussi pour une simplification des procédures pour la création de réserves d'eau.

Denormandie en Haute-Garonne
Ministre de l'agriculture, Julien Denormandie a rencontré des responsables agricoles en haute-Garonne le 14 août.
© Ministère de l'Agriculture

Même si des pluies d’orage se sont abattues dans diverses régions depuis le 10 août, la sécheresse a une nouvelle fois sévèrement endommagé les productions agricoles en France. Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a annoncé une série de mesures de soutien à l’occasion d’un déplacement sur des exploitations agricoles en Haute-Garonne.

« Dans un premier temps, la priorité est de prendre des mesures agronomiques et financières afin d’accompagner les agriculteurs qui connaissent des difficultés liées à l’épisode de sécheresse », reprend un communiqué du ministère.

Dégrèvement de taxe sur le foncier non bâti

Dans les mesures financières figurent des reports ou allègements des cotisations sociales pour les agriculteurs les plus en difficulté. « Ces exploitants peuvent dès maintenant solliciter un échéancier auprès de leur caisse de mutualité sociale agricole », précise le communiqué. Par ailleurs, des dégrèvements individuels ou collectifs de taxe sur le foncier non bâti pourront être mis en œuvre pour les exploitants sinistrés.

Le régime des calamités agricoles sera également activé pour indemniser des producteurs au-delà d’un certain seuil de déclenchement. Enfin, les agriculteurs pourront bénéficier d’une avance de paiement des aides PAC majorée à la mi-octobre avec des taux portés à 70 % pour les aides découplées et à 85 % pour l’ICHN.

Dérogations sur les jachères et cultures dérobées

Les mesures agronomiques portent sur les jachères et les cultures dérobées, avec des dérogations concernant l'exploitation des premières et les dates d'implantation pour les secondes pour les comptabiliser comme structures d'intérêt écologique. L’utilisation possible des jachères par les éleveurs concerne dorénavant 60 départements. Des reports de dates d’implantations des cultures dérobées au titre des SIE avaient déjà été décidés le 7 août. L’autorisation de décaler leur date limite de semis s’étend désormais à 54 départements.

Julien Denormandie a aussi évoqué la question de l’adaptation des exploitations au changement climatique sur le long terme. Une part significative du volet agricole du plan de relance y sera consacrée avec une meilleure utilisation de la ressource en eau (soutien à la recherche et aide à investissement pour du matériel optimisant l’usage de l’eau), sur l’optimisation de la protection des cultures et sur une meilleure résilience des cultures avec par exemple un choix adéquat de variétés. Ce plan de relance comportant un volet climatique sera présenté aux ministres le 25 août.

Sur Europe 1, le 31 juillet, le ministre a plaidé pour une simplification des procédures pour la création de retenues d'eau. « Il y a un non-sens, car l'hiver on reçoit beaucoup d'eau, et l'été on en manque, a affirmé Julien Denormandie. Comment arrive-t-on à capter de l'eau pendant l'hiver pour l'utiliser pendant l'été ? »

Outre des aides financières, le ministre veut favoriser l'installation de « retenues en eau massives ». « Dans notre pays, faire des retenues d'eau prend huit à dix ans parce que l'on a une palanquée de recours. Face à ça, il faut simplifier les procédures, et le faire dans le dialogue, car c'est le dialogue qui permet de balayer les inquiétudes des uns et des autres », a expliqué le ministre. Des termes proches de ceux employés avant lui par certains de ses prédécesseurs.

Les plus lus

<em class="placeholder">Adolescent au volant d&#039;un tracteur </em>
Les enfants d’agriculteurs peuvent-ils donner un coup de main sur l’exploitation familiale en toute légalité ?

À partir de 16 ans, voire dans certains cas dès 14 ans, les enfants d’agriculteurs peuvent contribuer aux travaux de l’…

<em class="placeholder">Julien Bricquet devant son bâtiment d&#039;exploitation initialement construit sur un terrain appartenant à son père</em>
Bâtiment agricole : « On a construit sur sol d’autrui, sans être alertés et sans connaître les risques »

Comme beaucoup de sociétés agricoles familiales, le SCEA Bricquet et Fils, à Saint-Amand-sur-Fion (Marne) a construit un…

<em class="placeholder">Damien Beaujouan, agriculteur à Roches (Loir-et-Cher), &quot;Je laboure mes terres tous les trois ans en veillant à ne pas faire un travail trop profond, moins de 20 ...</em>
Maïs : « Le faux semis est le levier le plus efficace pour réduire la densité de ray-grass dans mes champs »

Agriculteur à Roches (Loir-et-Cher), Damien Beaujouan combine désherbage chimique et techniques agronomiques pour…

<em class="placeholder">Stockage des produits phytosanitaires.</em>
Produits phytosanitaires interdits : quelles sanctions en cas de présence sur l’exploitation ?

L’actualité récente, avec la perquisition d’une dizaine d’exploitations de Charente-Maritime pour recherche de produits…

<em class="placeholder">Marc Pottier, agriculteur bio à Remaucourt (Ardennes) et conseiller à la coopérative Probiolor,  &quot;La culture du soja peut avoir sa place sur des terres de craie. C’est ...</em>
Soja : « Une production sur des terres de craie très blanche des Ardennes a donné un rendement de 20 q/ha en sec »
Agriculteur bio à Remaucourt (Ardennes) et conseiller à la coopérative Probiolor, Marc Pottier cultive du soja régulièrement sur…
<em class="placeholder">Patrice Gourinchas, président de l’ASA du Bandiat et son fils Yann.</em>
Stockage de l’eau : « Une irrigation de 2000 m³/ha sur maïs coûte 620 € avec notre réserve de substitution en Dordogne »
Les deux réserves de substitution de l’ASA du Bandiat, entre Charente et Dordogne, ont permis le maintien d’ateliers…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures