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Salade : comment la résistance s’organise face aux maladies

Face aux maladies de la salade comme le mildiou et la fusariose, l’adaptation des variétés est une nécessité. L’apparition rapide de nouvelles souches virulentes complexifie la course aux résistances.

La sélection variétale en salade s’est complexifiée ces dernières années, avec notamment la lutte contre le mildiou et la fusariose.
La sélection variétale en salade s’est complexifiée ces dernières années, avec notamment la lutte contre le mildiou et la fusariose.
© CA 47

La culture de salade fait face à de nombreuses maladies, contre lesquelles l’utilisation de variétés résistantes est un levier essentiel. « La recherche variétale s’est complexifiée ces dernières années. Comme le mildiou de la salade, Bremia lactucae, mute très vite, les semenciers sont dans une course à l’adaptation aux nouvelles races. À cela s’ajoute la surcouche nécessaire contre la fusariose, qui se développe ces dernières années », expose Xavier Dubreucq, conseiller indépendant dans le Roussillon et le Sud-Est.

De plus, la diminution du nombre de molécules disponibles, combinée à la pression sociétale vis-à-vis des résidus de pesticides, complique davantage la situation pour les producteurs de salade. Un certain niveau de protection chimique est en effet souvent nécessaire, malgré les tolérances disponibles, afin de retarder l’apparition de nouvelles souches de champignons phytopathogènes. « L’application de fongicides, particulièrement au stade jeune des plantes, offre une protection supplémentaire aux cultures de laitue résistantes, ce qui contribue à prévenir le développement de nouvelles races de Bremia », indique ainsi l’IBEB-EU, le bureau international d’évaluation du Bremia en Europe.

Notion de disponibilité des variétés sur le marché

Selon cet organisme, les races de Bremia Bl:38EU, Bl:39EU et Bl:40EU sont fréquemment rencontrées en Europe. Une 41e race, Bl:41EU, a été officialisée en juillet dernier. « Chaque fois qu’une variété de salade devient dépassée face aux nouvelles souches de Bremia, il faut piocher dans les variétés existantes qui possèdent ces résistances, explique Xavier Dubreucq. On est alors confrontés à la notion de disponibilité des variétés sur le marché. Est-ce que les variétés disponibles peuvent remplacer sans perte de qualités agronomiques les variétés démodées ? La plupart du temps, c’est le cas, mais il y a parfois quelques trous dans la raquette. »

Avec cinq à six créneaux de production sous abri et quatre créneaux en plein champ, le travail des semenciers est en effet considérable pour proposer tous les types variétaux avec l’ensemble des résistances nécessaires. « Cette année, en feuille de chêne rouge sous abri, on a fait le choix par défaut de garder des variétés avec de bonnes qualités agronomiques mais qui ne présentaient pas les dernières résistances, en compensant par des traitements contre le mildiou », illustre le spécialiste.

En parallèle de la course avec les races de Bremia, les semenciers doivent en plus répondre aux nouveaux besoins des producteurs face à la fusariose de la laitue, en fort développement depuis cinq à six ans dans le Sud-Est. Des variétés tolérantes sont aujourd’hui proposées face aux principales races de fusariose rencontrées en France, Fol1 et Fol4 (responsable de la majorité des dégâts sous abris).

La fusariose affecte les spécialistes de la salade

« Autour de Perpignan et dans le Sud-Est, la fusariose touche presque exclusivement les spécialistes de la salade qui font deux à quatre tours de salade sous abri en hiver, avec donc des rotations très rapprochées, précise Xavier Dubreucq. Elle n’affecte pas, pour l’instant, les producteurs qui ne font qu’un seul tour de salade. »

Outre l’utilisation de variétés résistantes et la protection chimique, des pratiques basées notamment sur la prophylaxie sont importantes pour lutter contre les maladies cryptogamiques. Dans ses préconisations variétales salade sous abri 2024-2025 pour le Roussillon, la Sica Centrex conseille ainsi d’alterner les génétiques et les semenciers sur un même créneau, d’éviter les excès de fertilisation azotée, de ne pas stocker les plants trop longtemps avant plantation et d’utiliser des plants jeunes. Aussi, il est préférable de ne pas laisser les caisses de plants non utilisés dans les serres et de bien étiqueter les parcelles et variétés afin d’être sûr de la variété attaquée.

« En cas d’apparition du Bremia ou de symptômes qui pourraient s’apparenter à la fusariose, contacter votre technicien pour prélèvements, précise Aude Lusetti dans le document de la Sica Centrex. Penser que tous les isolats ne sont pas nommés et que plus nous ferons remonter les échantillons pour analyse, plus les souches de mildiou et de fusariose présentes en Roussillon pourront être nommées et les variétés testées sur ces souches. »

Une 41e race de Bremia identifiée

Les races de Bremia Bl:38EU, Bl:39EU et Bl:40EU sont les plus fréquemment rencontrées en Europe.
Les races de Bremia Bl:38EU, Bl:39EU et Bl:40EU sont les plus fréquemment rencontrées en Europe. © RFL
Le bureau international d’évaluation du Bremia en Europe (IBEB-EU) a officialisé, début juillet, une nouvelle race de Bremia lactucae : Bl:41EU. Cette nouvelle race a été identifiée en France, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. En 2023, en Europe, « les races officielles Bl:38EU, Bl:39EU et Bl:40EU étaient fréquemment trouvées, tandis que les races officielles Bl:35EU, Bl:36EU et Bl:37EU l’étaient à une fréquence très faible », précise l’IBEB-EU. Le nouveau motif de virulence, désigné comme la race Bl:41EU, a été trouvé respectivement dans 3 % et 10 % des isolats en 2023 et 2024 (jusqu’à mars). Ce motif de virulence est apparu pour la première fois en 2022. « Bl:41EU casse de nombreux gènes de résistance, notamment R53, R55 et R56 », souligne l’IBEB-EU.

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