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Pruneau dans le Lot-et-Garonne : « Les effets de la canicule sont stupéfiants » 

Christophe de Hautefeuille, pruniculteur bio installé sur 43 ha à Sembas, dans le Lot-et-Garonne, également président du Bureau national interprofessionnel du pruneau (BIP), témoigne des impacts des fortes chaleurs sur son verger.

<em class="placeholder">Christophe De Hautefeuille, pruniculteur, et président du BIP, posant pour une photo dans son verger de pruniers dans le Lot-et-Garonne. </em>
« Sur deux ou trois parcelles, j’ai arrêté d’irriguer pour sauver le reste du verger de la canicule », témoigne le producteur de prunes Christophe De Hautefeuille, également président du Bureau national interprofessionnel du pruneau (BIP).
© BIP

« Le bon potentiel qui se profilait chez moi en mai et juin a fondu comme neige au soleil, regrette Christophe de Hautefeuille, pruniculteur bio à Sembas, dans le Lot-et-Garonne, et président du BIP. Il a fait plus de 50 degrés pendant une dizaine de jours, fin juin, après un excès d’eau en février-mars sur mon verger, en coteaux argilo-calcaires filtrants et en plaine. ​​​Avec les canicules, le vent desséchant a eu un effet sèche-cheveux. L’hygrométrie ne remontait pas la nuit. D’habitude, je suis à quatre ou cinq millimètres d’évapotranspiration par jour, là j’étais plutôt à huit ou dix millimètres - c’est excessif, on n’a jamais vu ça. Les arbres ne pouvaient pas pomper l’eau et se réguler, le flux de sève n’était pas assez important. Les prunes ont bruni. Des branches entières ont grillé. Les prunes sont tombées, entraînant environ 30 % de pertes au sol chez moi qui irrigue et 80 % chez mon voisin qui n’arrose pas. C’était assez stupéfiant de voir tout ça. Sur deux ou trois parcelles, j’ai arrêté d’irriguer pour sauver le reste, j’ai essayé de raccourcir mes tours d’eau qui sont d’habitude de huit ou neuf jours, et à un moment, j’ai arrosé jour et nuit non-stop. Ce n’était pas simple à gérer, sachant qu’il faut apporter juste ce qu’il faut d’eau, notamment car on sort l’eau ensuite au séchage. Ma récolte a commencé la semaine du 10 août avec les précoces, suivies la semaine du 17 août de la prune d’Ente 707 [variété majoritaire en France]. Les fruits sont sucrés mais ils tombent, la canicule ayant entraîné une dégringolade de l’acidité. Autre élément marquant : les fruits ont grossi or, en bio, les grosses prunes ne se vendent pas bien. Quant à la récolte de l’an prochain, le potentiel est peut-être déjà affecté (voir encadré). »

30 à 50 % de pertes attendues par la filière pruneau d’Agen

À l’échelle de la filière pruneau d’Agen, le Bureau national interprofessionnel du pruneau (BIP) s’attend à une perte de récolte de 30 à 50 %, avec « des conséquences à moyen terme sur le potentiel de production du verger français », le matériel végétal ayant été très affecté. « Nous serons possiblement dans la fourchette inférieure, précise fin août à Réussir Fruits et Légumes Gaëtan Vergnes, secrétaire générale du BIP, mais cela dépendra des conditions de séchage des fruits et du rendement vert-sec (la quantité de prunes fraîches pour obtenir 1 kg de prunes séchées). » Le BIP s’attend à une récolte « nettement inférieure aux 27 510 tonnes de l’année 2025, année déjà médiocre et qui succédait à des piètres millésimes depuis 2020 ». Les professionnels tablent cependant sur une bonne qualité organoleptique.

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