Pomme : l'ANPP demande d'augmenter les prix payés aux producteurs de 0,35 euro par kilo
Alors que les producteurs de pommes sont confrontés à des difficultés croissantes, l’Association nationale pommes poires a demandé d’augmenter les prix payés aux producteurs de 0,35 euro par kilo dès cette année, à l’occasion du lancement de campagne le 27 août.
Alors que les producteurs de pommes sont confrontés à des difficultés croissantes, l’Association nationale pommes poires a demandé d’augmenter les prix payés aux producteurs de 0,35 euro par kilo dès cette année, à l’occasion du lancement de campagne le 27 août.
Augmenter les prix payés aux producteurs de pommes de 0,35 euro par kilo dès 2026 et durablement : c’est la demande formulée par l’Association nationale pommes poires (ANPP) lors du lancement de campagne, le 27 août à Paris, alors que la récolte française s’annonce en baisse de 24 % sur un an à cause notamment des canicules de cet été et des attaques de pucerons de 2025, sur fond de baisse structurelle des rendements.
« Êtes-vous prêts à vous engager pour que nous retrouvions le chemin de la croissance ? », a ainsi demandé le président de l’ANPP Thierry Moisy aux nombreux représentants de l’aval réunis ce jour-là. « Les enseignes que vous représentez façonnent notre filière, a-t-il affirmé, mais en privilégiant toujours le moins cher, nous nous fragilisons. 2026 est l’année où beaucoup de limites ont été dépassées. » Au rang des signaux inquiétants, Pierre Venteau, directeur de l’ANPP, a lui souligné que « sur les OP ou structures d’expédition, on est à une procédure collective par mois depuis septembre ».
Compenser la hausse des coûts et investir
Pourquoi + 0,35 euro ? Pour arriver à ce chiffre, l’ANPP a calculé qu’une progression d’environ 0,25 euro est indispensable pour compenser la hausse des coûts de production (GNR, intrants, Smic…) et qu’une augmentation de 0,09 euro est également requise pour investir et renouveler le verger.
Sachant qu’en 2025-2026, le prix nu départ toutes ventes en frais (toutes variétés) recensé par l’ANPP est descendu à 0,92 euro, contre 0,94 euro les deux campagnes antérieures. Voir le tableau en fin d’article pour l’historique depuis 2013.
Un verger de pommiers en décroissance
L’ANPP a souligné la baisse structurelle des rendements sur le verger de pommiers. En 2026, le rendement est de 37,8 t/ha contre 44,4 t/ha en 2025, 39,1 t/ha en 2024 et, si on remonte plus loin, 43,5 t/ha en 2014 et 50,1 t/ha en 2015. Le taux de renouvellement est jugé insuffisant. « Le taux nécessaire, c’est 5 % et on est plutôt sous 2,5 % », a contextualisé Xavier Le Clanche, responsable technique des Vergers écoresponsables. De plus, fin 2025, l’association a observé chez ses adhérents un déficit de près de 250 hectares par rapport à 2024 et, connaissant les plantations, elle en déduit 900 ha d’arrachage sur l’année.
Si les tendances perdurent, l’ANPP projette pour 2030 une perte de plus de 2 060 ha de pommiers chez ses adhérents (-8 % de surface) et, en extrapolant, une perte de 2 800 ha et 110 000 t à l’échelle nationale. Avec des dynamiques différentes selon les variétés : -42 000 t en Golden et -39 000 t en Gala, mais + 6 000 t en Pink Lady et + 4 000 t en Granny.
| Campagne | Prix nu départ en euro - toutes ventes en frais - toutes variétés de pommes (source ANPP) |
| 2013/2014 | 0,66 |
| 2014/2015 | 0,65 |
| 2015/2016 | 0,69 |
| 2016/2017 | 0,72 |
| 2017/2018 | 0,81 |
| 2018/2019 | 0,75 |
| 2019/2020 | 0,72 |
| 2020/2021 | 0,84 |
| 2021/2022 | 0,79 |
| 2022/2023 | 0,84 |
| 2023/2024 | 0,94 |
| 2024/2025 | 0,94 |
| 2025/2026 | 0,92 |