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Pêche et nectarine 2024 : la France au plein potentiel de sa production ?

L’Espagne, l’Italie et la Grèce présentent elles aussi des prévisions de récolte optimistes pour la récolte 2024 en pêche et nectarine. Sécheresse, gel, dynamisme des vergers et inquiétude sur le conditionnement plastique : les Mardis de Medfel ont fait le point ce 21 mai.

Avec 3,4 millions de tonnes prévues, le potentiel européen en pêche et nectarine devrait s’exprimer pleinement cette année, avec une absence d’accident climatique majeur signalé. « Normalité devrait être le maître mot de cette campagne 2024. Après, ce sont les consommateurs qui vont faire la saison », a résumé Eric Hostalnou, de la Chambre d'Agriculture des Pyrénées-Orientales lors de la conférence en ligne des prévisions de récolte européennes de pêche et nectarine le 21 mai dernier en marge de Medfel

Lire aussi : Gel, alternance, coulure : à quoi s’attendre pour la récolte française d’abricot en 2024 ?

Europe : prévisions par pays : 

France : 233 400 tonnes (contre 222 600 tonnes en 2023).

Italie : 967 300 tonnes (contre 877 300 tonnes en 2023).

Espagne : 1 501 700 tonnes (contre 1 492 000 tonnes en 2023).

Grèce : 714 300 tonnes (contre 693 700 tonnes en 2023).

 

A quoi s’attendre en France ?

Contrairement à l’abricot et ses problèmes de nouaison, aucun incident en production n’a été signalé pour la pêche et nectarine française. Bruno Darnaud, président de l’AOP Pêches et Abricots de France, précise aussi que les températures fraîches en mai ont fait reculer la précocité initialement attendue. « La campagne se présente bien, les chantiers d’éclaircissage sont en cours. A voir comment évoluera la météo qui est encore fraîche en production et en consommation. »

Rhône-Alpes et PACA sont en légère hausse par rapport à la moyenne quinquennale (fort gel en 2021 et 2022). Dans le Languedoc-Roussillon, la crainte de la sécheresse s’éloigne. Les pluies de ces derniers jours ont rempli certains barrages même si elles ne sont pas suffisantes pour remplir les nappes phréatiques. La récolte française devrait ainsi être en hausse de +5 % par rapport à 2023 et de +22 % par rapport à la moyenne 2028-2022. « On sera au plein potentiel. »

France : récolte 2023 et prévisions 2024 par région

Rhône-Alpes : 35 600 tonnes en 2023 => 37 600 tonnes prévues en 2024

PACA : 76 500 tonnes en 2023 => 77 600 tonnes prévues en 2024

Languedoc-Roussillon : 95 700 tonnes en 2023  => 102 600 tonnes prévues en 2024

Sud-Ouest : 14 800 tonnes en 2023 => 15 600 tonnes prévues en 2024

 

En 2024, l’inquiétude porte sur le conditionnement 

En France, depuis le 1er janvier 2024, il est interdit de commercialiser sous plastique des fruits en légumes en lot de moins de 1,5 kg (décret d’application de la loi Agec). 

Bruno Darnaud témoigne : « Les distributeurs pour le moment appliquent la loi. Mais le Conseil d’Etat pourrait annuler le décret, après l’échéance politique des élections européennes du 9 juin. Dans leur discours, les distributeurs font clairement comprendre qu’ils n’hésiteraient alors pas à revenir au plastique, moins cher pour les barquettes, qui sont un enjeu dans la bataille du 1er prix. C’est compliqué à vivre, on est tous dans l’attente. D’autant plus que le texte européen lui ne s’appliquera pas avant 2030. »

Et Manel Simon (association catalane Afrucat) de rappeler que l’Espagne a déjà interdit depuis plus d’un an le plastique autour de ses fruits et légumes et sans exception de poids de lot. « Il faut que tous les Etats membres soient en accord, on ne peut pas avoir un marché européen à deux vitesses, avec et sans plastique. »

Les barquettes sont un enjeu dans la bataille du 1er prix et le plastique est moins cher pour les barquette.

Côté marché, comment s’était déroulée la campagne 2023 en France ? Alors que les inquiétudes étaient fortes en avril 2023 en raison de la sécheresse, la campagne en production s’est finalement bien déroulée, sans gel non plus à signaler. « Mais si la météo était favorable en zones de production, elle ne l’a pas été en zones de consommationregrette Bruno Darnaud. Résultat : des prix qui étaient globalement à la hausse ces dernières années ont eu un coup d’arrêt en 2023. Mais la campagne 2023 reste plutôt positive pour les producteurs, avec une bonne mise en place, malgré la guerre des prix dans la grande distribution. Globalement les prix se sont tenus dès que la météo a été là. »

 

Quelles prévisions pour les campagnes pêche et nectarine en Espagne, en Italie et en Grèce ?

 

  • Espagne : plein potentiel pour l’Espagne, la Catalogne en baisse après la sécheresse de 2023

Il semble que l’Espagne sera à son plein potentiel, avec plus de 1,5 million de tonnes de pêches et nectarines attendues (hausse en pavie, stabilité en pêche et nectarine, légère baisse en fruits plats). La campagne espagnole a déjà commencé avec une forte précocité du Sud, avec les productions d’Andalousie et de Murcia et depuis cette semaine d’Extremadura. Le Sud observe une hausse de sa production.

En revanche, les températures fraîches dans le Nord (Catalogne et Aragon) ont décalé la précocité qui sera normale à légèrement en retard (donc pas de superposition de production Sud/Nord). Le Nord observe en outre une légère baisse de ses volumes (-1 % en Aragon, -4 % en Catalogne) en raison des conséquences du stress hydrique (sécheresse l’année dernière) et de l’alternance.

« On est moyennement optimistes en Catalogne pour cette campagne, confirme Manel Simon d’Afrucat. Les fruits ont une bonne saveur, et les calibres -contrairement à l’année dernière- sont bons. Nous avons de l’eau, il n’y a pas eu de phénomène climatique à déplorer à part quelques événements localisés de grêle et de gel. »

 

  • Italie : récupération du potentiel après une saison 2023 marquée par le gel

Pas d’incidents climatiques majeures pour cette campagne  italienne ! Quelques orages et grêles ont été observés ces derniers jours et dont les conséquences restent à estimer, bien qu’ils aient touché des vergers protégés par des filets et épargné les zones traditionnelles de production de pêche et nectarine, selon Elisa Macchi, directrice de CSO Italy. « La production devrait être plus équilibrée que l’année dernière et précoce. »

Le Sud de l’Italie devrait être stable, le Centre revient à la normale et le Nord récupère après le gel et les aléas climatique de l’année dernière, en particulier l’Emilie-Romagne qui revient sur des niveaux normaux. Avec une production semblable à  2022, c’est ainsi une campagne italienne à +11 % vs 2023 et stable comparé à la moyenne 2028-2022 à laquelle il faut s’attendre.

L’Italie fait face à une baisse structurelle de ses surfaces en pêche et nectarine, qui concernait jusqu’ici le Nord et qui semble se généraliser au Sud. « L’Italie a perdu 4 % de ces surfaces cette année comparé à la saison 2023 qui était elle aussi en baisse de 4 % sur un an. Mais on voit cette année un ralentissement de la baisse des surfaces de nectarine en Emilie-Romagne (qui représente la moitié des surfaces), avec même une stabilisation des hectares. Il y a aussi un transfert de culture, les producteurs se diversifient [kiwi jaune] », explique Elisa Macchi

 

  • Grèce : un verger tiré par les nectarines

En Grèce, la campagne a commencé, toutes les zones de production ont débuté en même temps en raison de la météo. Là-bas non plus, il n’y a pas eu d’événement climatique majeur. L’hiver a été doux et sec. La Grèce s’attend donc à une hausse de sa production de  +8 %, tirée par les nectarines (hausse sensible de la production de +20 %). Les volumes de pêches devraient être stables, ceux de pavies (destinés à l’industrie) devraient être stables à légèrement en baisse en raison d’une maladie sur les arbres.

« Le verger grec de pêche est en recul en raison de rendements médiocres ces dernières années, au bénéfice des nectariniers, confie Georges Kantzios (coopérative ASEPOP). Il faudra donc s’attendre à encore des hausses en nectarines et des baisses en pêches les prochaines campagnes. Les producteurs se tournent aussi vers le kiwi et la cerise. »

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