Aller au contenu principal

Néonicotinoïdes : pas de dérogation possible à l’interdiction européenne confirme le Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat a tranché : à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 19 janvier dernier, les dérogations pour l’utilisation de néonicotinoïdes pour la culture de betteraves sucrières qui avaient été temporairement accordées en 2021 et 2022 sont illégales. Aucune dérogation n’est en effet possible si la Commission européenne a formellement interdit un pesticide.

culture de betterave à sucre
La culture des betteraves sucrières bénéficiait jusqu’alors de dérogations provisoires pour l’utilisation de deux pesticides.
© Christian Gloria

Alors que les néonicotinoïdes sont interdits en France et en Europe depuis 2018, le gouvernement français avait accordé des dérogations provisoires, sur le fondement d’une loi du 14 décembre 2020, pour l’utilisation de deux d’entre eux – l’imidaclopride et le thiaméthoxame – en 2021 puis en 2022 pour les cultures de betteraves sucrières. Ces dérogations qui autorisaient donc les semences traitées par ces pesticides visaient à protéger les cultures (de betterave sucrière) d’infestations massives de pucerons porteurs de maladies. Plusieurs associations d’agriculteurs, d’apiculteurs et de défense de l’environnement ont demandé au Conseil d’État d’annuler ces autorisations dérogatoires (dont L'association Agir pour l'environnement, la Confédération paysanne et la fédération Nature et progrès).

Arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne

Et le Conseil d’Etat vient de trancher. « Le droit européen permet à un État membre d’accorder une dérogation temporaire permettant d’utiliser un pesticide non homologué en Europe, s’il existe un risque grave pour l’agriculture et en l’absence d’autre solution. Toutefois, le 19 janvier dernier, statuant sur une question préjudicielle posée par le Conseil d’Etat belge, la Cour de justice de l’Union européenne a précisé, pour la première fois, que lorsque la Commission européenne a expressément interdit, par un règlement d’exécution, l’utilisation de semences traitées avec un produit phytosanitaire donné, un État membre ne peut pas accorder de dérogation temporaire autorisant la mise sur le marché de ce produit en vue du traitement des semences ou l’utilisation de semences traitées à l’aide de ce produit », écrit le Conseil d'Etat dans sa décision.

« Dérogations illégales »

Il conclut donc : « Une telle interdiction avait précisément été décidée pour l’imidaclopride et le thiaméthoxame en mai 2018. Il résulte directement de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne que les dérogations permettant leur utilisation pour les cultures de betteraves sucrières accordées en 2021 et 2022 étaient, compte tenu de cette interdiction, illégales. Le Conseil d’Etat en prononce donc l’annulation ».

A noter  que le Conseil d’Etat condamne aussi l’Etat à verser 14 000 euros à plusieurs associations (1).

(1) L’Etat est condamné à verser la somme globale de 5 000 euros à l’association Agir pour l’environnement, à la Confédération paysanne, à la fédération Nature et progrès et à la Fédération française des apiculteurs professionnels, la somme globale de 3 000 euros à l’association CRIIGEN, à l’association Terre d’abeille et au Syndicat national d’apiculture, la somme globale de 3 000 euros à l'association Générations futures, à l'association France nature environnement, à l'association Justice pesticides, à l’association Pollinis, à l’association Terre d’abeille, à l’association Alerte des médecins sur les pesticides et au Syndicat national d’apiculture et la somme de 3 000 euros à l’Union nationale de l’apiculture française

Lire l'intégralité de la décision

Les plus lus

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : un nouveau foyer détecté en Sardaigne

Un foyer supplémentaire de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été détecté le 8 juillet en Sardaigne, dans le…

Carte de la situation des eaux superficielles en France au 10 août 2026. 
Sécheresse 2026 : 67 départements en situation de crise, quelles conséquences sur les activités agricoles ?

Après le manque de précipitations en avril, les épisodes caniculaires fin mai, en juin et en juillet, les arrêtés de…

Aurélien Masson, agriyoutubeur dans la Meuse dans un champ
Aurélien Masson, YouTubeur et agriculteur dans la Meuse : « Je veux montrer qu’il y a encore des fermes à taille humaine »

Cet été, Réussir.fr vous propose des échanges avec celles et ceux qui communiquent sur le monde agricole et leur métier.…

Carte de France des départements soumis à un arrêté de restriction des travaux agricoles comme la moisson pendant la période forte sécheresse.
Moisson 2026 et risque d’incendie : quelles interdictions de récolter l’après-midi durant la canicule ?

Avec la troisième vague de chaleur, de nouvelles restrictions des plages horaires pour effectuer les travaux agricoles ont été…

FDSEA du Jura  Vaches montbéliardes pâturant sur une prairie grillée par la sécheresse
Plan sécheresse : le ministère de l’Agriculture envisage un volet « fourrage » pour les éleveurs

Alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs obligés d’entamer les stocks de fourrage d’hiver, le ministère de l’…

deux tracteurs dans un champ en pente
Nouvelle-Aquitaine : la chambre d’agriculture estime que l'agriculture régionale est au bord de la faillite et réclame un plan d’urgence immédiat

La chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine s’alarme, dans un communiqué du 9 juillet, des différentes calamités que…

Publicité