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Hérault : la guerre aux marchés clandestins de fruits et légumes est déclarée

Primeurs, élus locaux et préfecture de l’Hérault en appellent à l’Etat pour lutter contre un marché illégal de fruits et légumes dans le quartier de la Paillade à Montpellier. 

Capture d'écran du compte X de Préfet de l'Hérault qui montrent trois images du marché ckandestin de la Paillade à Montpellier avec des cajeots de fruits et légumes à même le sol.
Les interventions de police se sont intensifiées ces derniers mois sur un marché clandestin de fruits et légumes dans le quartier populaire de la Paillade à Montpellier où le ras-le-bol des commerçants et des élus locaux ont donné lieu à des scènes de violence.
© Capture d'écran du compte X de Préfet de l'Hérault

A Montpellier (Hérault), la lutte contre un marché clandestin de fruits et légumes dans le quartier populaire de la Mosson (qui englobe le quartier plus connu de la Paillade) s’intensifie. 

Lire aussi : Vente à la sauvette de fruits et légumes à Paris : de la prison ferme pour les fournisseurs

Le 4 janvier, plus de 4 tonnes de fruits et légumes vendus de manière illégale, ont été une nouvelle fois saisis sur ce marché clandestin, situé non loin de deux marchés officiels : l’un couvert (les Halles des 4 saisons), l’autre de plein vent. Installé sur un parking qui sert en outre aux clients du marché officiel, ce marché illicite réunit plus de 70 vendeurs clandestins qui se retrouvent 4 fois par semaine pour proposer des fruits et légumes vendus à même le sol, sans aucun contrôle sanitaire, sortis de camions dont beaucoup sont immatriculés en Espagne.

 

Saisie de camions immatriculés en Espagne

Une opération du même type avait eu lieu une semaine auparavant, le 28 décembre, au même endroit. Pour la première fois ce jour-là les camions ont également été saisis. Une confiscation réitérée lors de l’opération du 4 janvier qui montre une volonté d’aller plus loin et de taper directement au porte-monnaie des donneurs d’ordre de ces trafics juteux. 

Durant les 3 derniers mois de 2024, la police est intervenue tous les 3 jours sur ce marché illicite sans pouvoir mettre un terme définitif à cette installation. 

 

« Un marché illégal organisé qui brasse beaucoup d’argent »

La colère ne cesse de monter chez les (vrais) professionnels de la vente de fruits et légumes, les élus locaux, voire chez certains habitants. Le ras-le-bol a donné lieu à des scènes de violence : le 21 décembre dernier, une dizaine d’individus dissimulés sous des cagoules et équipés d’armes blanches ont attaqué ce marché illégal. Des tirs de mortier ont aussi été filmés. Des scènes qui n’ont heureusement fait aucune victime mais qui a eu pour effet d’alerter un peu plus sur ce phénomène qui dure depuis 4 ans. 

 

Professionnels et politiques locaux en appellent à l’Etat pour démanteler ces filières 

Tout dernièrement médias locaux et nationaux ont relaté les dernières interventions de la police en donnant la parole aux primeurs excédés et aux élus locaux qui, devant l’impossibilité de gérer seuls la situation, en appellent à l’Etat. 

Dans un reportage d’un journal de 20 heures de TF1 de fin décembre, Sébastien Cote, adjoint au maire de Montpellier, en charge des populations et de la tranquillité publique dénonce par exemple « un marché organisé qui a des donneurs d’ordre, qui brasse beaucoup d’argent ». Les primeurs des marchés officiels voisins se plaignent pour leur part d’une véritable baisse de la fréquentation de leurs étals et de leur chiffre d’affaires face à cette concurrence illégale. Dans le reportage de TF1, un primeur désabusé se plaint par exemple d’une baisse de 40 % de son chiffre d’affaires. Les vendeurs illégaux, mais surtout ceux qui les exploitent, ne paient en effet aucune charge, ni aucune taxe, contrairement aux primeurs professionnels installés tout près. 

 

Le marché clandestin coûte 1 million d’euros par an à la mairie de Montpellier

La mairie de Montpellier affirme dépenser chaque année un million d’euros pour tenter d’endiguer ce phénomène qui dure depuis 4 ans : aux 200 000 € affectés aux interventions des policiers, s’ajoutent en effet 800 000 € par an pour le nettoyage des lieux une fois le déballage et la vente finis ! 

« Nous avons besoin d’opérations de police judiciaire qui puissent enquêter afin de retrouver les donneurs d’ordre », insiste Sébastien Cote dans plusieurs médias. Un avis partagé par la préfecture de l’Hérault : « Il faut des enquêtes judiciaires pour identifier les filières et démanteler ce trafic » et ce sous l’autorité du procureur de la République témoigne aussi dans la presse le directeur de cabinet du préfet de l’Hérault, Thibaut Félix, d’autant que ces commerces illégaux existent dans d’autres villes de France. Sur le compte X du préfet de l’Hérault, la préfecture se dit en tout cas déterminée à mettre fin à ce commerce illicite et annonce que les interventions seront réitérées autant de fois que nécessaire. 

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