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Guerre de l’échalote : quelles perspectives après le retrait de deux variétés de semis radiées du catalogue officiel ?

Deux variétés d’allium de semis ont été retirées du catalogue officiel de l’échalote. Une première bataille de gagnée pour les producteurs d’échalotes traditionnelles français mais il reste du chemin à parcourir.

La production d’échalotes traditionnelles françaises est assurée principalement par la Bretagne et le Val de Loire.
© Collectif échalote traditionnelle de Bretagne

Les variétés d’allium Innovator et Davidor ont été officiellement radiées du catalogue européen des espèces potagères. « Cela faisait vingt ans que les producteurs d’échalotes traditionnelles alertaient les pouvoirs publics et politiques, français et européens, sur le fait que certaines variétés de semis n’étaient pas des échalotes, mais des oignons, réagit Marc Kerangueven, président du Cerafel. Vingt années pendant lesquelles l’échalote traditionnelle a perdu la moitié de ses marchés en France et à l’export ».

Relire : Les producteurs d’échalotes traditionnelles veulent faire respecter la réglementation

Mécanisables du semis à la récolte, ces variétés bénéficiaient en effet de coûts de production très inférieurs à ceux de l’échalote traditionnelle, tout en profitant de la valorisation de l’échalote ! « Or la fiche de notations de la variété Innovator, selon le protocole de l’Office communautaire des variétés végétales (OCVV) pour la protection des obtentions végétales dans l'UE, montrait clairement que ce produit n’est pas une échalote, souligne Marc Kerangueven. « La suppression officielle des variétés Innovator et Davidor du catalogue est une reconnaissance de la concurrence déloyale dont l’échalote traditionnelle faisait l’objet », rappelle-t-il.

Lire aussi : L’échalote de Bretagne veut une IGP pour contrer l’échalote de semis

Mais il reste encore du chemin à parcourir : une demande de réinscription au catalogue a été demandée par le semencier hollandais aux Pays-Bas. Néanmoins la demande provisoire de vente qui aurait pu être accordée dans ce cadre n’a finalement pas été autorisée.

« Si ces variétés sont réinscrites aux Pays-Bas, elles seront automatiquement réinscrites au catalogue européen », rappelle cependant Camille Le Monnier, chef de projet sur l'IGP Échalote et Bretagne, qui dans le cadre de ses fonctions travaille sur les variétés de « fausses échalotes » avec le Collectif de l’échalote traditionnelle de Bretagne.

 

« Nous souhaitons que les tests soient aussi effectués par les Français »

Quand une variété est en cours d'inscription au catalogue échalote, elle subit des tests qui permettent de savoir si c'est un oignon ou si c'est une échalote. Le semencier étant hollandais, « ces tests-là sont effectués par les Hollandais », poursuit Camille Le Monnier. Ce que les producteurs français souhaitent « c'est que les tests soient aussi effectués par les Français sur ces mêmes variétés pour qu'on puisse comparer les résultats et s'assurer que ces variétés aient été inscrites dans la bonne catégorie (NDLR : oignon et non échalote) », poursuit la jeune femme. 

 

Des questions demeurent : quid de la production en cours et des autres oignons vendus comme échalotes ? 

Une autre question est de savoir, dans cette situation inédite, sous quelle appellation va être commercialisée la culture en cours de ces variétés, celle qui va arriver sur le marché en septembre. 

Enfin, si ces deux variétés ont été reconnues comme oignon et non échalote, il y a encore au catalogue échalote, d’autres variétés qui sont aussi en fait des oignons. 

Avec le retrait de ces deux premières variétés du catalogue, le dossier avance néanmoins. « La production d’échalotes traditionnelles pourrait se relancer, sans doute pas en 2025, car les plants sont déjà en production, mais dès 2026, espère Marc Kerangueven. Mais pour cela, il faut un signal clair du marché ».

Claire Tillier (avec Véronique Bargain) 

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