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Drôme : après la liquidation de la station expérimentale en fruits, la Sefra, quelles suites pour l’expérimentation ?

La station expérimentale fruits Rhône-Alpes (Sefra) a stoppé son activité début juillet. Une nouvelle structure est en gestation pour répondre aux besoins d’expérimentation de la filière fruits à noyau. 

<em class="placeholder">Verger agrivoltaïque expérimental en pêches et abricots de la Sefra.</em>
Depuis 2022, en partenariat avec Sun’Agri, la Sefra a assuré le suivi des données agronomiques du verger agrivoltaïque expérimental en pêches et abricots. Ce suivi sera maintenu.
© S. Sabot

Le tribunal de Valence a prononcé, le 2 juillet, la liquidation judiciaire de la Sefra, station expérimentale arboricole située à Étoile-sur-Rhône (Drôme), créée en 1990 à l’initiative des chambres d’agriculture de Rhône-Alpes. Pourquoi cette décision ? La Sefra était confrontée depuis plusieurs années à un déficit structurel de plus de 100 000 euros par an, selon son président Bruno Darnaud, arboriculteur à La Roche-de-Glun (Drôme). « Le modèle économique de la Sefra était construit essentiellement sur des financements publics qui ont baissé d’année en année. Nous avons aussi subi d’importants retards de versement des aides de l’État sur des programmes pourtant achevés », confie-t-il.

Relire : Drôme : 3 hectares de vergers couverts de persiennes solaires mobiles

Reprise temporaire par la chambre d’agriculture

La liquidation était inévitable, selon lui. Mais pas question de perdre le capital expérimental autour des fruits à noyaux que représente le site d’Étoile-sur-Rhône. « La chambre d’agriculture de la Drôme a repris temporairement, depuis le 1er août, une partie des expérimentations jugées prioritaires par la filière », explique Régis Aubenas, arboriculteur à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme) et élu à la chambre d’agriculture.

Ont ainsi été maintenus : les collections variétales en abricots et pêches, les essais sur les porte-greffes, le verger « comportement bio-agresseurs » et le verger conduit en agriculture biologique. Sans oublier le suivi du verger agrivoltaïque (pêchers et abricotiers), implanté depuis 2022 en partenariat avec la société Sun’Agri.

Trois salariés de l’ancienne Sefra ont été transférés temporairement à la chambre d’agriculture pour poursuivre ces expérimentations.

Vers un nouveau modèle de station d’expérimentation

Désormais, il s’agit de bâtir un nouveau modèle de station expérimentale. « Nous avons déjà réuni les principaux metteurs en marché de la zone Rhône-Alpes. Ils sont prêts à mettre de l’argent pour poursuivre des expérimentations à Étoile-sur-Rhône. Nous souhaitons aller vers une expérimentation de proximité, qui réponde aux priorités déterminées par le terrain. Il faut fournir aux producteurs des données qui leur permettront de se projeter à quinze ans, pour assurer le renouvellement du verger. L’avenir du territoire passe par un verger moderne, bien structuré, résilient vis-à-vis des aléas », décrit Régis Aubenas.

Vers une nouvelle structure en 2026 ?

Les discussions vont se poursuivre durant l’automne pour inventer ce modèle qui devrait reposer essentiellement sur des financements professionnels. Une nouvelle structure pourrait être créée début 2026. « On s’achemine vers un système d’expérimentation avec une voilure réduite, mais plus réactif », indique Régis Aubenas.

D’ici là, les producteurs ont rendez-vous sur l’ancien site de la Sefra en octobre prochain. Une journée technique y sera organisée pour présenter les résultats des essais les plus récents et le comportement des collections variétales.

Rédaction Réussir

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