Désherbage en carotte et poireau : l’ARA d’Ecorobotix à l’épreuve
Pour répondre à la raréfaction des herbicides homologués en poireau et carotte, l’application d’herbicides non sélectifs au plus près des cultures est testée avec l’ARA d’Ecorobotix dans le cadre du projet Parsada Solad-FL. Les premiers résultats sont concluants.
Le désherbage en ultra-localisé semble être une solution face aux retraits d’homologation d’herbicides sélectifs en oignon, mais également en poireau et carotte. Mais l’acquisition de données d’efficacité et de sélectivité en conditions de production est nécessaire pour convaincre les producteurs. Cumuler des résultats est l’un des objectifs du projet de recherche Parsada Solad-FL. Dans ce contexte, le pulvérisateur ARA d’Ecorobotix, testé pour la première fois en 2025, est prometteur. Expérimenté dans des parcelles de producteurs du Pas-de-Calais, le traitement ultra-localisé a fonctionné avec un traitement en plein en début de culture.
Des herbicides efficaces et sélectifs en ultra-localisé
La substance active aclonifen étant candidate à la substitution, la filière carotte cherche des alternatives. Avec l’ultra-localisé, l’application de produits non sélectifs devient possible. L’essai mené avec l’Ecorobotix permet d’expérimenter des herbicides non homologués : le Lentagran en carotte, sélectif à partir de deux feuilles (l’objectif est de le tester sur des stades plus précoces avec l’ARA), et le Beloukha, herbicide de biocontrôle non sélectif. Testés au troisième traitement en comparaison avec la modalité de référence Challenge (aclonifen), les deux produits affichent une efficacité similaire, avec environ dix adventices au mètre carré neuf jours après traitement. Testé également en poireau au deuxième traitement, en comparaison avec le Lentagran, le Beloukha confirme son potentiel avec moins de cinq adventices au mètre carré en fin de culture, soit un niveau comparable à la stratégie de référence.
La sélectivité aussi est satisfaisante. À l’image de la stratégie de référence, aucun symptôme de sélectivité n’a été observé en poireau. En carotte, quelques symptômes, jugés très faibles, ont été vus mais sont de même intensité que ceux vus dans la stratégie de référence.
La quantité de produit appliquée étant drastiquement réduite en ultra-localisé, le Beloukha devient une alternative économiquement envisageable. En effet, cet herbicide reste très coûteux et sa dose homologuée de 16 litres par hectare décourage les producteurs pour une utilisation en plein.
Un traitement en plein positionné en début de culture
Que ce soit en carotte en post-semis prélevée ou en poireau en post-plantation, les résultats des essais sont formels : en carotte, l’application d’un traitement en plein permet d’atteindre la même efficacité que la stratégie de référence, avec environ dix adventices au mètre carré après le dernier traitement. Sans ce traitement, ce nombre double. C’est encore plus flagrant en poireau, où le traitement en plein post-plantation permet d’éliminer la quasi-totalité des adventices en fin de culture, comme avec la référence. Le nombre d’adventices augmente à dix du mètre carré sans ce traitement.
Certaines adventices ont résisté aux traitements
Deux adventices ont toutefois résisté aux traitements, aussi bien en poireau qu’en carotte : la morelle et l’Ammi majus. Leur persistance dans les parcelles ne semble toutefois pas liée à un défaut du robot de traitement, puisque la stratégie de référence en plein est également concernée. Néanmoins, les expérimentateurs s’interrogent sur la capacité de l’Ecorobotix, capable de reconnaître les adventices grâce à l’intelligence artificielle, à différencier certaines espèces. L’Ammi majus appartient à la famille des Apiaceae, comme la carotte. Au stade plantule, les deux espèces présentent une morphologie très proche, ce qui peut compliquer leur distinction.
Encadré : Projet Solad FL
Solad FL est l’acronyme de SOLutions pour une meilleure gestion des ADventices dans les cultures de Fruits et Légumes
Durée 5 ans (2024-2029)
Financement Parsada