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Des dirigeants agricoles en moins bonne santé mentale que la moyenne des dirigeants de TPE-PME

Le baromètre 2026 sur la santé physique et mentale des dirigeants de TPE-PME commandé à l’Ifop par la fondation MMA des entrepreneurs du futur montre des exploitants agricoles en moins bonne forme psychologique que la moyenne. 

Agriculteur marchant seul sur une route dans la campagne entre les champs
Une grande proportion des chefs d’exploitation sondés déclare l’incertitude économique, la charge administrative et réglementaire, la surcharge de travail et le climat anxiogène comme des difficultés rencontrées au quotidien.
© Christian Gloria

Avec Agra Presse

Un dirigeant agricole sur trois s’estime en mauvaise santé psychologique contre un sur quatre tout secteur confondu. C’est ce que montre le 11e baromètre de la santé physique et mentale des dirigeants de TPE-PME (1 à 249 salariés) réalisé par l’Ifop pour la fondation MMA des entrepreneurs du futur

L’étude dévoilée le 4 mai 2026 a été menée par téléphone auprès de 1 000 dirigeants, dont 5 % d’agriculteurs et agricultrices. Le baromètre se concentre cette année sur les causes et impacts des troubles psychologiques.

Lire aussi : La proposition de loi sur la santé mentale des agriculteurs adoptée par la Commission des Affaires sociales

57 % des patrons agricoles sondés ressentent des troubles anxieux

En agriculture, 82 % des dirigeants interrogés se disent en bonne santé (contre 88 % tout secteur confondu). Sur l’ensemble des secteurs, le taux de bonne santé est en augmentation  : +10 points en 10 ans. « Une réalité toutefois plus nuancée puisque 85 % des sondés ressentent au moins un trouble de santé, un chiffre en très nette augmentation [+26 points par rapport à 2021] », précise l’Ifop.

Concernant la santé mentale, les agriculteurs se situent neuf points en dessous de la moyenne : 67 % se considèrent en bon état psychologique contre 76 % pour l’échantillon total. Néanmoins, 86 % des agriculteurs disent ressentir au moins un trouble de santé (chiffre comparable au 85 % de l’ensemble des interrogés). Avec en particulier, des troubles anxieux (57 % des agriculteurs sondés disent en éprouver, +14 points par rapport à la moyenne), des tensions musculaires (61 % contre 50 % en moyenne), des troubles du sommeil (55 %, +6 points par rapport à la moyenne) et des tensions relationnelles (45 % contre 37 % tout secteur confondu). 

Relire : Mal-être agricole : en 2025, les signalements ont progressé de 40 %, selon la MSA

La santé de l’exploitation, une source d’inquiétude

Dans l’étude, deux facteurs de bonne santé mentale chutent chez les dirigeants agricoles. La santé de leur entreprise et l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle sont en particulier pointés du doigt par respectivement 53 % et 59 % des agriculteurs sondés (soit 20 et 14 points sous la moyenne). 

Lire aussi : « Nous sommes là pour nourrir les gens et souvent on nous traite d’empoisonneurs, c’est difficile à vivre, il faut être costaud psychologiquement ! »

Quelles difficultés quotidiennes touchent l’état psychologique des agriculteurs ? 

Au quotidien, une grande proportion des chefs d’exploitation sondés déclare l’incertitude économique (86 %), la charge administrative et réglementaire (82 %), la surcharge de travail (75 %) et le climat anxiogène (63 %) comme des difficultés rencontrées. 

Dans le dernier volet, l’étude évoque les souhaits d’accompagnement, sans données spécifiques à la sphère agricole. Si, comme le rappelle l’Ifop, « les difficultés psychologiques touchent des dirigeants de tout âge, tout secteur confondu, et quelle que soit la taille de l’entreprise », peu de dirigeants émettent le souhait d’être aidés. Seulement 28 % des interrogés sont accompagnés ou souhaiteraient l’être. « Cela montre qu’une majorité continue de faire face seule, même en situation de fragilité », conclut l’Ifop. Et de s’interroger sur « lapersistance d’un risque de stigmatisation autour de la santé mentale des dirigeants ». 

Lire aussi : Aide au répit administratif de la MSA : « ça m’a permis de rattraper mon retard et de m’organiser »

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