De plus en plus inquiets, qu’attendent les agriculteurs des politiques publiques ?
Les agriculteurs estiment que leur situation financière s’est dégradée, qu’ils habitent dans un territoire en difficulté et expriment un sentiment d’insécurité croissant, selon le 2e baromètre Vox-Agri du moral des agriculteurs. Insatisfaits des politiques publiques françaises et européennes, ils déclarent qu'ellles devraient en priorité soutenir les agriculteurs et assurer le renouvellement des actifs agricoles.
Les agriculteurs estiment que leur situation financière s’est dégradée, qu’ils habitent dans un territoire en difficulté et expriment un sentiment d’insécurité croissant, selon le 2e baromètre Vox-Agri du moral des agriculteurs. Insatisfaits des politiques publiques françaises et européennes, ils déclarent qu'ellles devraient en priorité soutenir les agriculteurs et assurer le renouvellement des actifs agricoles.
56 % des agriculteurs estiment que la situation financière de leur foyer s’est dégradée au cours de douze dernier mois (contre 56,5 % en 2025) selon la deuxième vague du baromètre Vox Agri sur le moral des agriculteurs réalisé par SciencePo, INP Agro-Toulouse et Germea en partenariat avec le groupe Réussir, conduite de fin janvier à mi-mars 2026 et dont les résultats ont été présentés ce 16 juin à l’occasion des Controverses de l’agriculture et de l’alimentation 2026. Les agriculteurs portent un jugement encore plus négatif sur le niveau de vie global en France, 75 % estimant qu’il s’est dégradé (contre 64 % lors de la première vague).
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Une perception sombre de l’environnement économique et sécuritaire
La confiance des agriculteurs interrogés en l’avenir reste assez faible. 48 % des agriculteurs pensent que la situation de leur foyer ne va pas s’améliorer dans les douze prochains mois (contre 43 % en 2025). Plus globalement ils sont 52 % à estimer habiter dans un territoire en difficulté (contre 45 % en 2025) et 60 % jugent que la violence augmente beaucoup dans la société française (et 42 % qu’elle augmente là où ils habitent). Un sentiment d’insécurité renforcé par les violences subies par les agriculteurs dans le cadre de l’exercice de leur métier. Ainsi 57 % déclarent avoir déjà été victimes d’incivilités, 30 % disent avoir subi des vols de matériels agricoles, 28 % des injures ou insultes et destructions ou dégradations volontaires de l’outil de production.
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Manque de soutien de la part des politiques publiques
En parallèle de ces inquiétudes, la deuxième vague du baromètre Vox Agri montre que les agriculteurs se sentent très peu soutenus en matière de politiques publiques françaises (92 % se déclarent non satisfaits, un taux stable par rapport à 2025) et de politiques publiques européennes (88 % se disent non satisfaits, taux stable). Seuls 38 % des agriculteurs déclarent que c’est une bonne chose que la France fasse partie de l’Union européenne, 25,5 % estiment que « c’est une mauvaise chose » et 32 % que ce n’est « une chose ni bonne ni mauvaise ».
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Les trois priorités d’une politique agricole selon les agriculteurs
Et à l’heure où la future politique agricole commune (PAC 2028-2034) est en discussion, 84,5 % des agriculteurs estiment qu’une politique agricole devrait d’abord « soutenir les agriculteurs et assurer le renouvellement des actifs agricoles », 76 % « garantir la souveraineté alimentaire nationale », 50 % « renforcer le secteur agricole et en faire un moteur de la croissance économique ». Loin derrière, « protéger l’environnement et participer à réduire le réchauffement climatique » est cité par 29 % des agriculteurs interrogés devant « soutenir le développement durable des territoires ruraux » cité par 24 %. « Contribuer à la sécurité alimentaire mondiale » n’est mis en avant que par 2,8 % des agriculteurs comme objectif principal d’une politique agricole et produire de l’énergie verte pour contribuer à l’indépendance énergétique n’est cité que par 6,4 % des agriculteurs interrogés.
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