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Chronofresh: les f&l frais un jour, peut-être...

La nouvelle offre de Chronopost ne concerne pas l'essentiel des légumes frais : question de températures et… de valeur ajoutée.

L'annonce faite début novembre par Chronopost de sa nouvelle offre de livraison de produits frais Chronofresh (cf. fld hebdo du 18 novembre) a fait son effet. En proposant une formule se fondant sur ce qui a fait son succès en messagerie, la filiale du groupe La Poste entre de plain-pied dans le domaine de la distribution urbaine des produits frais. Chronofresh a l'intention de livrer les consommateurs, cœur de cible historique, mais il a aussi l'objectif de toucher les professionnels, détaillants, e-commerçants, restaurateurs pour leur approvisionnement en flux tendu.

Comment ça marche ?

La force du concept est de se reposer sur les agences Chronopost existantes, ce qui n'oblige pas à développer un réseau parallèle dédié au frais. Et d'utiliser une technologie éprouvée : des caisses isothermes aux normes ATP (accord international relatif au transport de denrées périssables et aux engins utilisés pour cela), équipées de plaques eutectiques pour générer le froid, où sont placés les cartons de denrées collectés chez le client. Un effort important est porté sur la sécurisation de la chaîne du froid : des puces RFID sont apposées sur chaque contenant pour un enregistrement en temps réel de la température et les informations sont transmises à chaque étape (collecte, tri, acheminent, livraison).

Chronopost prévoit d'investir 20 millions d'euros à 2020 pour déployer dans son réseau une infrastructure dédiée. D'ici à la fin de l'été 2016, chaque agence (quatre-vingts en France) sera équipée de deux chambres froides modulaires (froid positif et négatif) et de surgélateurs pour les plaques eutectiques. Un hub de massification est déjà opérationnel à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) avec 740 m2 en froid positif et 174 m2 en froid négatif. Tous ces aménagements permettront en février 2016 des livraisons sur rendez-vous dès le soir même en Ile-de-France et dans huit métropoles régionales (Lille, Lyon, Rennes, Montpellier, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Strasbourg) et, à partir de septembre, une livraison le lendemain avant 13 heures sur toute la France (hors Corse).

Et les fruits et légumes frais ?

La formule présente néanmoins un inconvénient : elle n'inclut pas les températures entre 4 et 6 °C, requises pour les fruits et légumes frais.

« Les plages de température, 0-4 °C et - 18 °C, nous permettent de traiter la gamme de produits alimentaires la plus large, explique Christophe Desgens, président de Chronofresh. Nous sommes dans la phase de démarrage et nous devons être attentifs au prix au kilo transporté. Dans un premier temps, je pense que certains fruits et légumes à forte valeur ajoutée seraient éligibles. ».

S'il ne peut s'agir de fruits exotiques, des produits un peu plus flexibles côté température, pommes de terre primeurs par exemple, pourraient être concernés. Et plus tard ? « A terme, tout dépendra du taux de remplissage, précise Christophe Desgens. C'est un paramètre important pour évaluer le succès. Il nous faut un peu de recul. Mais, n'oublions pas que Chronofresh est une solution modulable. La technique que nous employons demanderait néanmoins un nouveau protocole pour une plage de températures comprises entre 4 et 6 °C, avec ce que cela entraîne en formation des personnels. J'attire aussi l'attention sur l'emballage particulier des fruits et légumes frais type barquette. Il y aurait certainement un travail ici à effectuer avec les chargeurs pour développer des contenants adaptés. »

La porte n'est donc pas fermée. Mais, le prix de la prestation constituera de toute façon un frein pour la filière : entre 15 à 20 € pour 4 kg transportés, même si en termes de coût lissé ceci demeure inférieur aux solutions existantes selon Chronofresh, c'est tout de même une somme…

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