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Artichaut : pourquoi l’ouverture prochaine d’une usine de transformation par Prince de Bretagne est une bonne nouvelle pour les producteurs bretons ?

Prince de Bretagne va ouvrir son usine de transformation de l’artichaut breton, à Calmez dans les Côtes d’Armor. A ce jour, il n’existe plus d’outil de transformation de l’artichaut sur le territoire français, pourtant indispensable pour réguler le marché du frais et valoriser les petits calibres.

« Cette année, la qualité de l’artichaut breton est belle, mais les calibres seront sûrement plus petits. La pluviométrie a été intense l’hiver dernier et les tempêtes de l’automne ont couché certaines plantes. Oui, les volumes d’artichauts bretons seront aussi un peu moindre que d’habitude », confie Marc Rousseau, producteur de légumes bretons Prince de Bretagne avec notamment de l’artichaut charnu sur 30 hectares à Carantec (Finistère).

Lire aussi : « On perd 10 000 tonnes de production d’artichaut tous les 10 ans » : comment les producteurs bretons entendent sauver cette culture emblématique

Lire aussi : Consommation : peut-on remettre l’artichaut dans nos assiettes ?

 

La transformation indispensable pour valoriser les petits calibres 

Ces petits calibres ne trouveront sûrement pas de débouchés. Jusqu’à il y a peu, les petits calibres que le marché du frais ignorait étaient valorisés en surgélation ou appertisation par l’usine d’aucy d’Eureden (anciennement Ravalec), à Saint-Martin-des-Champs près de Morlaix, dans le Finistère. Mais celle-ci a fermé ses portes en mars 2022 par manque de compétitivité. C’était la seule usine française de transformation de l’artichaut et elle traitait environ 4 000 tonnes d’artichauts bretons.

« Ce débouché permettait de valoriser 20 % de nos volumes. Ils acceptaient aussi l’artichaut Petit violet, ce qui permettait de réguler le marché », regrette Christian Bernard, producteur d’artichauts charnus à Taulé (Finistère) et président de la section artichaut à Prince de Bretagne.

La seule usine française de transformation de l’artichaut permettait, jusqu’à sa fermeture en mars 2022, de valoriser jusqu’à 20 % des volumes des producteurs bretons.

Aujourd’hui, les producteurs bretons travaillent avec un transformateur espagnol. « Mais nos petits calibres sont encore trop gros pour eux. On laisse donc les trop petits calibres au champ mais moralement et financièrement, c’est compliqué », précise-t-il encore.

Les petits calibres d’artichauts de Prince de Bretagne peuvent trouver preneurs sur les marchés du frais en Espagne et en Italie, mais seulement en automne, quand les saisons nationales espagnole et italienne sont finies.

Lire aussi : Artichaut : pourquoi les producteurs bretons ont jeté une grosse partie de leur production en 2023 ?

 

L’usine Prince de Bretagne du coco de Paimpol adaptée à l’artichaut

Pour faire face, Prince de Bretagne a donc pris la décision d’ouvrir sa propre usine de transformation d’artichaut, à Calmez (Côtes d’Armor), sur le même site qui transforme le coco de Paimpol

Ce nouvel outil Prince de Bretagne, qui devrait être opérationnel « dès cet été », permettra de produire des fonds d’artichaut surgelés. Une partie de l’installation du site sera donc commune au coco et à l’artichaut  (surgélation), une autre dédiée au tri, parage et lavage de l’artichaut.

Pierre Gélébart, chef Produits (dont artichaut) Prince de Bretagne, espère que « 30 à 40 % des volumes des petits calibres » pourraient ainsi être valorisés. « Ces fonds d’artichaut surgelés origine Bretagne pourront être vendu à marque distributeur mais aussi sous marque Prince de Bretagne », explique-t-il, évoquant des contacts commerciaux en cours entre l’association d’organisations de producteurs Cerafel et divers clients, Picard notamment.

Lire aussi : Bretagne : en endive, quelles sont les ambitions de Prince de Bretagne avec sa nouvelle endiverie ? 

 

Miser sur l’origine France et la praticité du produit transformé pour booster la consommation d’artichaut

Aujourd’hui sur le marché français, le marché de l’artichaut surgelé est trusté par l’origine Egypte. Les Bretons ont bien conscience de ne pouvoir rivaliser en termes de compétitivité prix. « Mais nous, nous serons origine France ! », revendiquent-ils.

« Le frais reste notre cœur de métier, avertit Christian Bernard. Mais nous sommes persuadés que les artichauts transformés offrent aux consommateurs par leur praticité et gain de temps peuvent aider à développer la consommation ».

La Bretagne est la première région productrice d’artichauts en France et « les deux tiers voire un petit quart » de la production nationale sont récoltés par les maraîchers Prince de Bretagne, selon la marque collective des producteurs bretons.

 

Parcelle d'artichauts Camus de 3e année, sur l'exploitation de Marc Rousseau, producteur Prince de Bretagne à Carantec (Finistère). Cette saison, les Bretons s'attendent à davantage de petits calibres, en raison de l’excès d’eau observé cet hiver. © Julia Commandeur

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