Agriculture urbaine : arrive-t-on à la fin de l’essor des projets agricoles en ville ?
L’association française de l’agriculture a publié les premiers résultats de son observatoire fin décembre 2025. Les données collectées mettent en avant une diminution du nombre d’installations, en zone urbaine ou périurbaine rythmé par les politiques publiques et la difficulté d’accès au foncier.
L’association française de l’agriculture a publié les premiers résultats de son observatoire fin décembre 2025. Les données collectées mettent en avant une diminution du nombre d’installations, en zone urbaine ou périurbaine rythmé par les politiques publiques et la difficulté d’accès au foncier.
Avec AgraPresse
L’Observatoire de l’agriculture urbaine, projet monté par l’Association française de l’agriculture urbaine et périurbaine (Afaup), a publié ses premiers résultats fin 2025. Ils mettent en avant un ralentissement des nouvelles installations. Après un pic de 74 nouveaux lieux créés en 2022, la cadence a ralenti avec seulement 13 projets montés en 2025.
« Ce comptage n’est pas exhaustif. En revanche, on est certainement arrivé à un plateau en termes de nouvelles installations », précise la coordinatrice de projet à l’Afaup Marie Fiers interrogée par nos confrères d’AgraPresse. Les résultats présentés sont toutefois à prendre avec prudence : sur l’ensemble des lieux, 11 % ont des données complètes.
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20 % de fermes commerciales parmi les projets d’agriculture urbaine
Au total, l’Afaup a recensé 4 547 projets installés. Parmi eux, 81 % sont des jardins et potagers collectifs (3 690 sites) qui se situent hors des circuits commerciaux.
L’association dénombre également 857 fermes commerciales (18 % du total) divisées en deux groupes. Une première moitié de « fermes urbaines spécialisées » (436 projets) et l’autre moitié de « fermes urbaines participatives » (421) dans lesquelles moins de 50 % des revenus sont tirés des ventes.
L’activité maraichère plébiscitée parmi les activités agricoles
Selon l’Observatoire, la production agricole reste la première activité des sites urbains recensés (86,6 %), suivi par les activités d’animation (sensibiliser aux enjeux écologiques et alimentaires, tisser des liens entre les urbains) pratiquées dans 71,2 % des 700 sites répondants.
Sans surprise, parmi les activités agricoles, les légumes sont plébiscités (76%) suivis par les fruits (68 %), les herbes aromatiques (57 %) et les fleurs (42 %). Ces cultures sont pratiquées sur des espaces restreints de moins d’un hectare en moyenne. Les productions animales sont très peu représentées.
Des projets d’agriculture urbaine inégalement répartis sur le territoire
La région Ile-de-France compte le plus de sites (956). D’après nos confrères d’AgraPresse, cela s’explique d’abord par le marché conséquent que représente la région mais aussi par la politique régionale et la démarche « Pariculteurs » de la ville de Paris lancée il y a 10 ans.
L’Occitanie prend la seconde place du classement (573 sites) avec les politiques des métropoles de Toulouse et de Montpellier. La région Paca arrive en troisième position avec 304 sites.
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Les pertes de subventions publiques sont un facteur du ralentissement des installations en zone urbaine
Les politiques et subventions publiques jouent un rôle important dans l’installation et la pérennité de ces projets en zone urbaine, en plus de l’accès au foncier. L’Afaup en a conscience. C’est pourquoi elle a lancé le manifeste « Un quartier, une ferme » à destination des candidats aux élections municipales 2026. L’association propose dix mesures pour favoriser le développement et la pérennisation des projets agricoles en ville.
Parmi elles, le manifeste propose notamment de « nommer un.e élue et un.e chargé.e de mission "agriculture urbaine, alimentation durable et nature en ville" », de « donner la possibilité à chaque habitant.e d’avoir accès à un espace nourricier à moins de 15 minutes de son domicile » ou encore de « proposer des contrats sécurisants et mettre en place des ZAP pour protéger les terres agricoles ».
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