Un outil simple de conception ne veut pas forcément dire qu’il sera limité dans sa polyvalence et son efficacité. Vincent Chabroud l’a bien compris lorsqu’il a réfléchi à la création d’une herse à paille. Cette dernière trouve toujours sa place sur la ferme malgré douze ans d’évolution technique de l’agriculteur.
Tout proche de la deuxième ville de France, Vincent Chabroud cultive 170 ha dans la plaine de Lyon à 45 min de la ville. Les terres cultivées peuvent y être atypiques avec notamment un tiers de la surface en « gravier ». « C’est le nom donné au sol avec environ 65 % de sable et beaucoup de galets », précise Vincent. Le reste du sol se répartit entre des limons sableux et des limons profonds plus connus. La production de la ferme est principalement orientée vers le blé et le soja, le premier est d’ailleurs semé en associé avec de la féverole et du trèfle violet. Un mélange triticale pois et un peu d’orge de brasserie viennent compléter l’assolement de cette année. L’objectif est de garder une alternance entre hiver et printemps.
Une conception élémentaire
Après le démarrage de l’ACS en 2009, la question de la gestion des résidus en surface s’est forcément posée. C’est l’objectif de base de la herse à paille, répartir et défibrer les résidus pour améliorer leur décomposition. Dans cette optique, Vincent a assemblé deux châssis de vibroculteur de 3 m. Sur ces deux vibroculteurs, il a également ajouté deux rangées supplémentaires pour resserrer les dents sans que ce soit un problème pour les résidus. Le coût d’utilisation de la machine est relativement faible grâce à la conception de la dent et à une consommation de carburant d’environ 2 l/ha. Pour autant, le débit de chantier n’est pas compromis avec environ 4 ha/h. La machine a été fabriquée en 2014 alors que notre agriculteur poursuivait son développement de l’agriculture de conservation sur la ferme.
Un couteau suisse étonnant
De premier abord, ce n’est pas la polyvalence qui peut transparaître de cet outil et pourtant, notre agriculteur l’utilise dans plusieurs situations. En effet, la ferme a continué d’évoluer et après une petite dizaine d’années en ACS, Vincent convertit la ferme en agriculture biologique. Cette bascule est d’ailleurs courante chez les ACSistes, et comme nombre d’entre eux, Vincent conserve l’idée d’un travail du sol le plus léger possible. Dans ce cadre, son outil peut intervenir comme vibroculteur pour la reprise de travail du sol. Le sol est nivelé et affiné, idéal dans la préparation des semis. L’autre application avec la herse est la réalisation de faux semis. « Ce n’est pas quelque chose que je pratique beaucoup ; en revanche, c’est un outil parfaitement adapté pour réaliser les faux semis », nous explique Vincent. Cette polyvalence est notamment obtenue par le choix de la dent qui est la même que celle utilisée sur les machines du constructeur Techmagri.
Un outil agronomique puissant
En plus de ses utilisations principales permettant d’homogénéiser les résidus sur la parcelle ou de faire des faux semis, nous avons vu au travers de Vincent que l’utilisation en reprise de travail du sol est également une application possible. D’autres usages, que nous n’avons pas évoqués dans cet article, concernent le travail de la herse vis-à-vis des ravageurs et notamment des limaces. Ce travail superficiel va les perturber que ce soit au niveau des pontes superficielles ou les impacter directement par le passage de la herse en fonction des conditions d’application. Dans une moindre mesure, les campagnols peuvent être également gênés en rebouchant partiellement leurs terriers. Enfin, la répartition homogène des résidus va supprimer les zones de paquets de résidus qui sont propices au sanglier pour vermiller ; ils seront de ce fait, moins attirés dans les parcelles. Par ailleurs, la qualité du travail superficiel de cette machine en fait un très bon semoir à petite graine lorsque les conditions pédoclimatiques sont propices. Pour cela, une tête de répartition et/ou un semoir petite graine peuvent lui être associés. Cette dernière application renforce ainsi le nombre de solutions de semis. Sa polyvalence, associée à un coût d’entretien et de fabrication faibles, en fait un allier simple et efficace des systèmes en ACS ou en ABC.
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Côté Eco
Le budget pour une herse à paille de ce type s’élève à environ 4 500 € soit pour une machine de 6 m, 750 € du mètre.
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Dents : 2 000 €
Châssis + modification : 500 €
Roue de jauge : 1 500 €
Système de repliage : 500 €
Sur la herse de Vincent, le prix est encore plus bas car il possédait les châssis et les roues de jauge sur la ferme. Les prix de ces deux éléments sont donc une estimation d’achat qui peut être très variable.