Le scalpeur Treffler TG 580 utilise quatre double roues de jauge à l'avant. Crédits : © M. Portier
Chaque roue de jauge est réglable manuellement. Crédits : © M. Portier
Les socs lisses renforcés au carbure offrent le meilleur compromis dans les terres caillouteuses. Crédits : © M. Portier
Le scalpeur semi-portée Treffler TG 580 offre une largeur de travail de 5,80 mètres. Crédits : © M. Portier
Le scalpeur Treffler intègre un système de report de charge, améliorant la traction du tracteur. Crédits : © M. Portier
Les dents espacées de 17,7 cm reçoivent des socs à patte d'oie de 26 cm pour un bon chevauchement. Crédits : © M. Portier
Pascal Bourillon, éleveur à Izé en Mayenne. "Le scalpeur assure un travail homogène sur toute la largeur " Crédits : © M. Portier
Les socs striés subissent les chocs des cailloux, faisant sauter les plaquettes carbure. Crédits : © M. Portier
Le scalpeur semi-portée Treffler TG 580 combine quatre rangées de dents, un double rouleau et trois rangées de peignes. Crédits : © M. Portier
Les dents rigides sont montés sur suspensions à lames et protées par un boulon de sécurité. Crédits : © M. Portier

« En 2019, après plus de 20 ans en non-labour, le passage en bio de l’exploitation nous a conduits à trouver un outil de travail du sol superficiel capable de détruire les prairies sans glyphosate », retrace Pascal Bourillon, éleveur en Gaec avec son frère Denis et sa belle-sœur Anne-Flore sur 340 hectares à Izé en Mayenne. À l’époque, les associés se sont tournés vers l’un des rares scalpeurs à avoir déjà fait ses preuves, un appareil semi-porté Treffler TG 580 de 5,80 mètres. Doté de 33 dents réparties sur quatre rangées et respectant un interligne de 17,7 cm, ce scalpeur reçoit de larges socs à patte d’oie de 26 cm de large. « Le chevauchement de 4 centimètres de chaque côté de la dent garantit un scalpage homogène sur toute la largeur de l’outil, apprécie Pascal Bourillon. Les dents sont très rigides et leurs suspensions à lames ne génèrent que très peu de mouvement, ce qui participe à la stabilité de cet engin qui pèse 6 tonnes. Il n’a d’ailleurs aucun mal à pénétrer le sol, y compris en conditions très sèches. »

Un réglage précis de la profondeur

La profondeur de travail est réglée à l’aide de quatre doubles roues de jauge à l’avant de l’outil et du double rouleau arrière. « Tout se fait manuellement, ce qui impose de tourner quatre manivelles à l’avant et quatre à l’arrière, toutes associées à un repère gradué. On arrive à être très précis, mais c’est assez fastidieux à chaque changement de profondeur, d’autant plus qu’il est nécessaire de régler un peu plus profond sur les deux extensions repliables, qui ont tendance à se relever au travail, les vérins étant fixés sur des trous oblongs. »

Le Treffler s’avère ainsi très efficace pour scalper une prairie en deux passages. « Le premier s’effectue à 3-4 centimètres et le deuxième à 5-6 centimètres. La principale exigence pour que la destruction soit efficace est d’intervenir par temps sec. Il faut aussi que le sol soit bien nivelé. Restent toutefois les zones très vallonnées où la longueur de l’outil (77 cm entre chaque rangée) montre ses limites pour conserver une profondeur de travail homogène sur toutes les dents », détaille l’éleveur.

Un double rouleau suivi de peignes

Si les socs à patte d’oie font l’essentiel du travail, le double rouleau de 600 mm de diamètre, constitué d’un modèle à tubes carrés de 45 x 45 mm placés sur champ à l’avant se chevauchant avec un modèle à disques de 12 mm de large à l’arrière, assure la finition. « Ce double rouleau est essentiel pour casser les mottes et touffes d’herbe. Et comme il est suivi par trois rangées de peignes, la végétation reste en surface pour un bon dessèchement. »

Les deux passages de l’outil en fin d’été suffisent à détruire la prairie. « On ne repasse ensuite qu’à l’automne, à nouveau à deux reprises avec le même appareil, mais cette fois-ci pour préparer le passage de notre semoir à dents. On pourrait s’en passer si l’on utilisait un combiné avec une herse rotative », précise Pascal Bourillon.

Si le scalpeur Treffler n’intervient que superficiellement, ses larges socs déplacent beaucoup de terre. « Les 200 chevaux de notre Fendt 720 Vario ne sont pas de trop, notamment dans les parcelles vallonnées, pour pouvoir rouler à 10 km/h. Le système de report de charge sur les bras de relevage est d’ailleurs bien utile pour récupérer de la traction dans les zones difficiles. En moyenne, cet outil semi-porté très maniable permet un débit de chantier autour des 4 hectares par heure sur prairie, avec une consommation de 7 litres par hectare. »

Des dents mises à rude épreuve dans les cailloux

Les terres à cailloux du Gaec Halcul ne rendent pas la vie facile à cet appareil à dents forcément sensible à l’usure. « Il faut oublier les socs standards qui fondent à vue d’œil. Les modèles renforcés au carbure avec une finition striée sont trop sensibles aux chocs sur les grosses roches. On a fini par opter pour les modèles lisses, deux jeux de socs nous assurant toute la saison, sachant que l’on fait trois déchaumages sur les céréales, en plus des 100 hectares de prairies en rotation. » Les associés regrettent aussi l’indisponibilité de sécurités non-stop au moment de l’achat. « Les lames associées aux dents offrent très peu de dégagement, et à chaque grosse pierre rencontrée, c’est la sécurité à boulon qui saute, regrette Pascal Bourillon. S’il fallait renouveler cet outil acheté 66 800 euros hors taxes en 2019, je pense qu’on opterait cette fois-ci pour un modèle porté avec sécurités non-stop, car le semi-porté est maintenant hors d’atteinte depuis l’inflation de ces dernières années. »

Les pattes d’oie limitent la polyvalence

 

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Le scalpeur Treffler est équipé d'une tête de distribution alimentant des descentes derrière chaque dent.
Le scalpeur Treffler est équipé d'une tête de distribution alimentant des descentes derrière chaque dent. © M. Portier

Les associés du Gaec Halcul espéraient faire de leur déchaumeur-scalpeur le seul outil de travail du sol et de semis de l’exploitation. Ils l’ont ainsi équipé d’une tête de distribution et de descentes de semis derrière chaque dent, le tout alimenté par une trémie frontale. « Mais avec les pattes d’oie, la qualité d’implantation n’était pas suffisante et ça ne passait plus dès que les conditions étaient trop humides à l’automne. Il faudrait passer avec des socs plus fins, ce qui nous a paru trop contraignant. On a préféré investir dans un semoir à dents. » Le Treffler montre aussi ses limites pour la destruction de la luzerne. « On a trop de repousses au printemps, il faudrait travailler plus profond. » Malgré son grand dégagement sous châssis et entre les rangées de dents, le Treffler équipé de ses larges socs est sensible au bourrage lorsqu’il y a beaucoup de végétation au déchaumage. « On utilise un rouleau Faca pour les couverts et on fait aussi appel à un déchaumeur à disques indépendants en Cuma, quand c’est nécessaire. » Les trois associés viennent même de décider d’investir dans une charrue agronomique pour venir à bout du salissement de certaines parcelles, lorsque le travail superficiel est contrarié par un automne humide.

Chiffres clés

100 Prim’Holstein

35 Salers allaitantes

340 ha de SAU

200 ha de prairies et pâtures

20-25 ha de maïs

115-120 ha de céréales (méteil grain, féverole, seigle, avoine, colza, blé triticale)

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