Quels sont les priorités du nouveau président des Jeunes Agriculteurs Auvergne Rhône-Alpes ?
Guillaume Léger, éleveur laitier de Haute-Savoie, a été élu, vendredi 10 avril, président des Jeunes Agriculteurs Auvergne Rhône-Alpes. Il succède à Jocelyn Dubost, qui tire sa révérence après quatre ans à la tête de la structure.
Premier objectif : la prochaine programmation de la Politique Agricole Commune
Le nouveau président est déjà à pied d'œuvre, avec, en ligne de mire, la prochaine programmation de la PAC. « Nous avons un interlocuteur de qualité avec le conseil régional, prêt à nous accompagner et qui partage notre vision de l’agriculture », affirme-t-il.
Pour cette prochaine programmation, l’enjeu est clair : rester à la hauteur des besoins, avec l’objectif de maintenir une enveloppe globale au moins équivalente, malgré la perspective d’une baisse des financements européens.
Le potentiel est énorme avec une région aussi diversifiée, il faut que l’on sache la valoriser et trouver des terrains d’entente. Il est essentiel que l’enveloppe soit à la hauteur des besoins.
Guillaume Léger ajoute :« Il faudra aussi faire valoir l’intérêt régional, notamment pour préserver l’ICHN et conforter les zones de montagne, tout en portant une vision plus exigeante sur les subventions, afin de limiter certains effets d’aubaine et d’améliorer le ciblage des aides . »
La production, un indispensable pour la souveraineté alimentaire
Pour le président de la Région Auvergne Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, la production doit être au cœur de la réflexion autour de la prochaine DJA :
On ne peut pas parler de souveraineté alimentaire, s’il n’y a pas de production. Il faut donc clarifier, dans la prochaine DJA, ce qui relève de cette logique de production, afin d’accompagner en priorité les projets qui s’inscrivent dans cette dynamique.
Loup, gestion de l’eau, prix du lait, renouvellement des générations… Ce sont autant de sujets évoqués par les présidents et vice-présidents des douze départements de la région qui ont, tour à tour, pris la parole sur les difficultés rencontrées par le monde agricole. Si le nouveau président s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur, il entend néanmoins « faire bouger les lignes ».
Il déplore un décalage entre les annonces du Gouvernement et leur traduction concrète via les décrets, provoquant un étiolement de l’engagement au sein du réseau.
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Je viens d’un département où nous avons traversé la crise de la DNC. Pour moi, l’essentiel est de préserver notre réseau d’adhérents et de fédérer les jeunes afin qu’ils portent ensemble les revendications et les actions.
Il appelle ainsi à un travail collectif renforcé entre tous les acteurs et partenaires, pour endiguer la tendance au repli et au désengagement syndical et éviter le piège de « l’entre-soi », tout en concédant que « les solutions doivent venir de nous-mêmes, en restant force de proposition, avec la passion qui nous anime, auprès des décideurs politiques à tous les niveaux ».
Le président de la Région Auvergne Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, a salué le travail au long cours du syndicat des Jeunes Agriculteurs, « indispensable et porteur d’espoir face aux grands défis liés à la place de l’alimentation dans la société et aux conditions de production ».
Il a rappelé que le budget régionaldédié à l’agriculture a été multiplié par quatre, atteignant désormais 130 millions d’euros.
L'élu a également souligné le dynamisme de la Région en matière d’installation, avec une DJA parmi les plus élevées de France :
Nous sommes à 41 000 euros en moyenne, pour 750 à 800 dossiers par an.
Autre axe mis en avant, le plan bâtiment, dans une logique de co-construction avec la profession. Il est aussi revenu sur la délibération adoptée début avril pour contrer les effets du Mercosur en activant le levier de la restauration collective régionale, via la centrale d’achat, et en introduisant des critères de proximité entre production et consommation.
En fin d’assemblée générale, Jocelyn Dubost a été longuement applaudi. Le regard dans le rétroviseur, il a déroulé le fil de ces quatre années, évoquant les travaux engagés ayant conduit à la mise en place de la nouvelle DJA au 1er janvier, l’accompagnement de dossiers individuels, ainsi que l’organisation d’événements destinés à mieux faire connaître le métier. Il est également revenu sur les crises sanitaires traversées, en particulier la FCO et la DNC. S’il tourne la page pour l’instant des responsabilités de premier plan, il restera membre du bureau, pour continuer à accompagner la structure.