Marché bio : les prix des céréales et des oléoprotéagineux ne cessent de renchérir

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En France, on s’attend à une baisse de la production de tournesol et de soja de l’ordre de 40 % d’une année sur l’autre. Crédits : © M.-C. Bidault

Entre faibles disponibilités et/ou importations coûteuses, les prix des matières premières agricoles bio suivent une tendance haussière sur le marché physique français.

Les prix des céréales bio et oléagineux bio ont globalement suivi une tendance haussière sur les quinze derniers jours. Seuls les tourteaux de colza bio et de tournesol bio ont enregistré une baisse tarifaire, qui s’explique par le changement de récolte : on est passé des stocks résiduels de la campagne passée aux nouveaux tonnages fabriqués à partir des graines oléagineuses de l’année.

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Le blé meunier bio français de bonne qualité tire son épingle du jeu

Le prix moyen du blé meunier bio sur le marché physique français a continué de renchérir sur les deux dernières semaines.

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D’un côté, la récolte française 2026, bien que légèrement inférieure en volume à celle de l’an dernier, présente de bonnes teneurs en protéine, avec un potentiel disponible exportable. De l’autre, l'Allemagne est à la recherche de blé meunier bio avec des taux de protéines entre 11 % et 11,5 %, qu’ils ne trouvent pas sur leur territoire, voire à l’étranger. Certains lots de blés importés d’Europe de l’Est, échaudés et/ou piqués par des insectes, présentent de fait une faible force boulangère* (inférieure à 90), insuffisante pour la panification. Dans ce contexte, les meuniers allemands sont prêts à monter les offres tarifaires pour obtenir de bons blés panifiables bio, de 350-365 €/t précédemment à 380-390 €/t.

Le blé fourrager bio est très demandé

Le blé meunier bio suit également le raffermissement du blé fourrager bio, dont les volumes disponibles sont moindres qu’en blé meunier bio sur le marché français et dont les cours sont portés par la forte demande scandinave qui achète à prix forts.

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Dans le contexte de pénurie de maïs bio à l’échelle nationale, les fabricants d’aliments pour animaux importent du blé fourrager bio, en provenance en majeure partie des pays d’Europe de l’Est (Roumanie, Pologne et Ukraine) mais également d’Italie.

On notera que du blé high pro à 13 % de protéines en provenance du Kazakhstan arrive par coasters sur les ports néerlandais via les pays Baltes.

Les importations de maïs bio se poursuivent

Le prix moyen du maïs bio en nouvelle récolte a également gagné du terrain depuis le 23 septembre sur le marché physique français, la récolte se confirmant globalement catastrophique. Le maïs en ancienne récolte n’est plus coté, faute de disponibilité à la vente.

En ce moment, c’est le maïs bio italien qui est le moins cher, à des prix de l’ordre de 370 €/t sur le marché domestique, contre 420-430 €/t en Allemagne voire 420-450 €/t en France (voire 400 €/t en dégagement).

Pour compléter les faibles disponibilités en blé fourrager et maïs tricolores, les fabricants d’aliments pour animaux du nord et de l’est de la France achètent du maïs ukrainien, roumain et polonais, qui transitent par camions via les pays Baltes.

Il faut dire qu’en Pologne, la première partie de la moisson est meilleure qu’attendue, contrairement aux premiers résultats de récolte en France et dans le sud de l’Allemagne qui sont médiocres.

Les prix de l’orge fourragère bio ne devrait guère augmenter

Le prix moyen de l’orge fourragère bio s’est stabilisé sur le marché physique français durant les quinze derniers jours. La récolte hexagonale — bien que légèrement inférieure à celle de l'an dernier — est satisfaisante et plus offert que le blé fourrager bio et le triticale bio. Les cours ne devraient guère baisser ou tout au moins peu progresser en raison de déclassement de lots d’orge brassicole bio en qualité fourragère du fait de l’absence de demande des malteurs, victimes d’un marché de la bière en berne.

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Le prix moyen du triticale bio n'a pas évolué sur le marché physique français. Il vient en complément du blé fourrager bio dans les formulations d'aliments pour animaux. Et ce, contrairement à l'avoine bio qui entre peu en alimentation animale.

Si la récolte est bonne en grand épeautre bio cette année, la collecte en petit épeautre bio est mauvaise. Ses prix sont très fermes et s'envolent au gré du vent.

Les productions de tournesol bio et de soja bio sont en chute libre

Le prix moyen de la graine de colza bio et, dans une moindre mesure, de la graine de tournesol bio a grimpé sur le marché physique français sur les deux dernières semaines. Celui de la graine de soja bio a stagné. Le tout, dans un contexte de pénurie en graines oléagineuses.

En France, on s’attend à une baisse de la production de tournesol bio et de soja bio de l’ordre de 40 % d’une année sur l’autre. Les agriculteurs et les organismes stockeurs attendent de bien cerner les volumes et qualités disponibles avant de s’engager sur un marché attentiste. Les acheteurs sont plus ou moins demandeur selon leur degré de couverture.

On rapporte des importations de graine de soja en provenance d’Europe de l’Est et d’Italie. Cette dernière a engrangé une très belle récolte. Dans le sud de la France, seules les cultures irriguées ont pu tirer leur épingle du jeu, les champs cultivés en sec ont été dévastés.

Les prix des tourteaux de colza et de tournesol bio en retrait d’une campagne sur l’autre

Les premiers prix en tourteau de colza bio et en tourteau de tournesol bio, issus de la nouvelle récolte, sont inférieurs aux cotations résiduelles relatives à l’ancienne récolte, en baisse de 10 €/t à 20 €/t en tourteau de tournesol bio, voire de 45 €/t à 50 €/t en tourteau de colza bio, davantage disponible.

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Le cours moyen du tourteau de soja bio, issus de l’ancienne récolte, n’a pas évolué. Concernant la nouvelle récolte, les prix se cherchent, sur un marché peu acheteur et peu vendeur.

Seule la féverole fourragère bio entre en nutrition animale

Le prix moyen de la féverole fourragère bio sur le marché physique français a progressé sur les quinze derniers jours, tandis que celui du pois fourrager bio n’a pas évolué.

Les cours de la féverole fourragère bio sont supérieurs à ceux enregistrés sur l’ancienne campagne de commercialisation, en raison d’un volume collecté plus faible d’un an sur l’autre. Les fabricants d’aliments pour animaux n’ont pas d’énormes besoins sur la période octobre-décembre.

En pois fourrager bio, les disponibilités sont moindres qu’en féverole fourragère bio, ce qui explique qu’il n’entre pas dans les formulations des industriels.

En luzerne bio, on enregistre un contexte de pénurie, avec des importations hors de prix.

Karine Floquet

* La force boulangère, ou W, d'une farine donne à la pâte ses propriétés de déformation et de résistance aux gaz durant la fermentation. Une farine avec un W inférieur à 150 aura une force insuffisante pour la panification. On s'en servira plutôt pour la pâtisserie.

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