Deux-Sèvres : « Dans mes terres séchantes, j’ai implanté de la luzerne porte-graine pour gérer une problématique de ray-grass résistant »

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C’est sur les réseaux sociaux que Thomas Charruault, multiplicateur de luzerne porte-graine dans les Deux-Sèvre, a pris connaissance des besoins du semencier Cérience pour multiplier des semences fourragères. Crédits : © V. Charpenet

J’ai un assolement très diversifié pour étaler le travail sur toute l’année et éviter les pics d’activité. Sur certaines parcelles de l’exploitation, dans des terres très séchantes où on ne peut mettre que des céréales, je rencontrais des problèmes de ray-grass résistants. N’ayant pas accès à l’irrigation, j’ai dû trouver une nouvelle culture adaptée à ma situation.

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Des charges à l’hectare limitées en production de luzerne porte-graine

C’est sur les réseaux sociaux que j’ai pris connaissance des besoins du semencier Cérience pour multiplier des semences fourragères. Je me suis orienté sur la luzerne porte-graine (PG) pour lutter contre les ray-grass. L’implantation de la culture s’est faite en août 2023 sur huit hectares. Cette année, je compte semer 2 hectares supplémentaires.

 

 
<em class="placeholder">Champ de luzerne porte graine dans les Deux-Sèvres au mois de mai 2026</em>
La parcelle de luzerne porte-graine de Thomas Charruault au printemps 2026. Dans quelques semaines, la précoupe précédera la floraison et la troisième récolte de graines fin août. © V. Charpenet

La luzerne porte-graine peu gourmande en intrants

La culture va rester en place pour trois ans, voire quatre. Les charges sont limitées car la luzerne PG nécessite assez peu d’interventions. Il faut compter un premier désherbage à l’automne après le semis (40 à 50 €/ha). Ensuite chaque année, à l’entrée de l’hiver, j’interviens avec du Kerb Flo et un broyage pour gérer l’enherbement. Il n’y a pas d’azote à apporter. Une précoupe vendue à un négociant en fourrages est effectuée au printemps. 20 jours après, il faut prévoir un insecticide.

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La récolte des graines s’effectue en août en andain avec une préfauche 5 à 10 jours avant en fonction de la météo. C’est une des étapes les plus délicates, qui nécessite un bon réglage de la moissonneuse pour ne pas perdre trop de graines.

Opter pour de petites surfaces de luzerne porte-graine pour limiter les risques

Il est préférable de rester sur de petites surfaces pour limiter les risques car les rendements sont aléatoires. En 2024, j’ai obtenu un rendement de 420 kg de graines par hectare (kg/ha), en 2025, 200 kg/ha. La culture est sensible aux fortes températures au moment de la floraison.

Je vais encore effectuer des récoltes en 2026 et 2027. Derrière je compte implanter un blé tendre qui va pouvoir bénéficier de l’azote capté par la luzerne et du nettoyage des parcelles côté adventices. Je prévois de faire des reliquats azotés à ce moment-là pour ajuster ma fertilisation.

Concernant la rémunération, je reçois le paiement d’un acompte à l’automne et un complément de prix après un test de germination effectué par Cerience.

Exploitation individuelle, 170 ha de SAU dont 50 de blé tendre, 17 de colza, 10 d’orge d’hiver, 17 de tournesol, 10 de lin oléagineux, 8 de pois de printemps et d’hiver, 8 de luzerne porte-graine, 6 ha de trèfle violet et 40 ha de prairies (vente fourrages). Sols argilo-calcaires. Sans irrigation.
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