Astuce de vigneron en Gironde : « J’ai confectionné une remorque antigel pour protéger mes vignes »

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Frédéric Lahaye, viticulteur à Val de Virvée, en Gironde, a bricolé une remorque antigel. Crédits : © C. de Nadaillac

 

1 Avant de se lancer, Frédéric Lahaye, vigneron bio au Château Haut-Bicou, en Gironde, s’est beaucoup documenté. Il est tombé sur le principe de la lutte contre le gel via de la fumée en arboriculture. Il a décidé d’appliquer ce concept à la vigne et s’est mis en quête d’une chaudière à bois. Ce faisant, il a repéré un séchoir à tabac dans le Lot-et-Garonne et l’a acquis pour 700 euros.

2 Il a supprimé la turbine électrique qui était installée dessus et a acheté divers éléments au rayon occasion de S21. « J’ai trouvé un châssis, une turbine de pulvérisateur pneumatique en métal, un attelage, un timon et des roues », détaille-t-il.

3 Il a réalisé une platine en métal, qui se situe entre la turbine et le séchoir. Cette plaque est légèrement conique pour s’emboîter dans le séchoir et dispose d’un orifice grillagé en son centre pour aspirer l’air chaud. L’assemblage des trois éléments, turbine, platine et séchoir, a nécessité l’emploi d’un chariot élévateur.

 
<em class="placeholder">Platine qui relie la turbine à la chaudière.</em>
Le viticulteur a réalisé une platine en métal, qui se situe entre la turbine et le séchoir. Cette plaque est légèrement conique pour s’emboîter dans le séchoir et dispose d’un orifice grillagé en son centre pour aspirer l’air chaud. © C. de Nadaillac

4 Le vigneron a ensuite soudé les différents éléments : le bloc turbine-platine-séchoir, sur le châssis. Le timon et les roues dessous. « J’ai bien réfléchi à l’emplacement des roues, précise Frédéric Lahaye, car je ne voulais pas que les pneus soient trop près de la chaudière. »

 
<em class="placeholder">Espace roue-fumoir.</em>
Frédéric Lahaye a veillé à ce que les roues ne soient trop près de la chaudière. © C. de Nadaillac

5 Il a ensuite créé un double déflecteur avec du métal de récupération, qui permet de guider l’air de sortie vers les vignes. À chacun des deux orifices, il a mis des barreaux pour éviter que des animaux y pénètrent. Il a soudé le déflecteur sur l’appareil.

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<em class="placeholder">Déflecteur sur remorque antigel.</em>
Frédéric Lahaye a créé un double déflecteur avec du métal de récupération, qui permet de guider l’air de sortie vers les vignes. © C. de Nadaillac

Frédéric Lahaye protège environ 4 hectares avec cet appareil, à raison d’un passage tous les 25 mètres et d’un tour toutes les 15 minutes. Il évolue à 4,5-5 km/h, à un régime moteur de 1 800 tours par minute. Il se sert d’un mélange de ceps de vigne et de vieux piquets en acacias comme combustibles, son objectif étant de produire de la chaleur plutôt que de la fumée, son domaine étant proche de la départementale. L’air est à 50-60 °C en sortie de déflecteur.

 
<em class="placeholder">Intérieur de la chaudière d&#039;une remorque antigel.</em>
Le vigneron se sert d’un mélange de ceps de vigne et de vieux piquets en acacias comme combustibles. © C. de Nadaillac

Le vigneron recharge l’appareil toutes les demi-heures. « Cela fonctionne bien pour des températures autour de 0 °C à -2 °C. Plus bas, ça ne marche pas », témoigne-t-il. Autre bémol, l’appareil est assez bruyant.

 
<em class="placeholder">Attelage remorque antigel.</em>
Attelage et prise de force animant la remorque antigel. © C. de Nadaillac
 

Coût : environ 3 000 euros

Difficulté : difficile

Temps : environ une semaine

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